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Fozzy / Boombox

Ils sont très peu connus, voire même confidentiels, pourtant ils roulent leur bosse depuis pas mal d’années, depuis 2000 pour être précis. Ils, c’est le groupe électro rock Fozzy, originaire de San Antonio. Le frontman Chris Jericho et le guitariste Rich Ward en sont les principales têtes de gondole.

Mine de rien, Fozzy compte à son actif pas moins de huit albums dont, entre autres, All That Remains (2005), Chasing The Grail (2010) ou encore Judas (2017).

L’ombre d’Ozzie Osbourne plane sur Fozzy car, chose frappante qui saute immédiatement aux oreilles, Chris Jericho montre dans sa voix quelques similitudes avec celle du leader de Black Sabbath. On a même été jusqu’à établir une ressemblance entre les coupes de cheveux de Jericho et d’Ozzie. Fozzy ne s’est-il pas appelé, fut un temps, Fozzy Osbourne?

La formation de San Antonio vient de sortir son nouvel effort baptisé Boombox. Produit par Johnny Andrews, il est distribué via Mascot Label Group/Mascot Records.

Lors d’une récente interview, Chris Jericho évoquait Judas, le précédent album de Fozzy. Le frontman déclarait que cet opus avait fait passer Fozzy à un niveau supérieur, faisant du groupe texan des acteurs crédibles de la scène rock. Poursuivre avec l’album de leur vie était donc impératif pour la bande à Chris Jericho et cet opus est Boombox.

Sur Boombox, il y a du bon gros rock bien sûr, de la ballade et quelques relents de 80’s, tant par le style que par une célèbre reprise.

C’est Sane qui, en 2021, entamait les hostilités et faisait connaître Fozzy à ceux pour qui ce combo demeurait inconnu. Pourtant, à l’époque, on ne parlait pas encore d’album.

Sane est aussi le morceau d’ouverture de Boombox, donnant un prodigieux élan pour la suite de l’album. Ce morceau, entre rock et électro, fleure bon le souffre. Les riffs puissants de guitare de Rich Ward couplés à la voix tonitruante de Chris Jericho font de Sane l’un des morceaux charnière de ce nouvel album. Si l’on ne connaissait pas Fozzy, on les apprivoise aussitôt. Difficile alors de ne pas faire le comparatif avec Ozzie Osbourne, tant la voix de Chris atteint la puissance générée par le créateur d’Ordinary Man.

On poursuit dans le rock endiablé avec Purifier dont les riffs ne sont pas sans nous rappeler Metallica dans leurs morceaux les plus explosifs. Nowhere To Run est fabriqué dans la même veine, un vrai morceau de bravoure dont Fozzy est le plus fier. Chris Jericho, en parlant de Nowhere To Run qui, soit dit en passant, est l’un des singles dévoilés en préambule: «Ecoutez Nowhere To Run et vous n’entendrez jamais un morceau aussi bon, c’est en grande partie grâce aux riffs et au jeu de guitare de Rich. » Signe d’un groupe qui s’entend à la perfection, les uns attribuant tout le mérite aux autres. Effectivement, Nowhere To Run est l’égal de Sane et de Purifier, c’est-à-dire un morceau d’anthologie qui n’a rien à envier à Black Sabbath.

Une transition toute trouvée pour aborder le chapitre 80’s de Boombox. En premier lieu, I Still Burn recèle des influences estampillées Duran Duran, bien plus proches du disco que du rock. Pour couronner le tout, Chris Jericho endosse le costume vocal de Simon Lebon.

Années 80 encore et toujours avec Relax qui n’est autre, mais oui, que la reprise de Frankie Goes To Hollywood. Et là, force est de reconnaître que Fozzy a réalisé un coup de maître, à l’heure où certaines reprises n’arrivent pas à la cheville de l’originale. Relax va comme un gant à Chris Jericho et ses acolytes, Fozzy se prêtant avec succès à ce périlleux exercice de la cover. Aussi bien que Cat Power sur son dernier album en date, bien que le style soit complètement différent.

Pour en revenir à I Still Burn, Chris Jericho dit à son propos: « I Still Burn évoque les rêves, la passion et le feu qui sommeillent en chacun de nous pour nous permettre d’atteindre nos objectifs, mais aussi de faire de nos rêves une réalité. » Le mot « burn », on l’aura compris aisément, prend alors toute sa place et tout son sens.

Fozzy se veut une formation rock mais il faut ajouter électro, de nombreux morceaux comportant une bonne dose de boucles synthétiques. Preuve en est, par exemple, avec My Great Wall, Omen ou bien The Worst Yet To Come. Allier bonnes guitares et claviers, son rock et son électro s’avère être une formidable prouesse car, cela peut arriver, les claviers ne sont pas toujours nuisibles et redondants comme ils le sont, n’en déplaise à Simon Neil et sa bande, sur certains morceaux de Biffy Clyro. Les guitares restent les maîtres du jeu, sans que les claviers daignent s’imposer par la force. Chez Fozzy, il y a certes de l’électro, mais le rock est toujours roi!

Boombox, ce sont aussi quelques ballades qui refusent d’être considérées comme quantité négligeable et elles ont bien raison : Ugly On The Inside, What Hell Is Like, mais aussi et surtout le très pop Army Of One sur lequel les guitares font relâche. Les meilleurs groupes de rock font les meilleures ballades, cela se vérifie une fois de plus avec Fozzy qui, comme dit l’adage, ne fait pas exception à la règle. Army Of One est l’un des morceaux qui comptent sur Boombox, de ceux que d’aucuns ne manqueraient de citer en établissant une sélection de trois ou quatre titres. Sane, Nowhere To Run ou encore My Great Wall et Purifier accompagneraient Army Of One sans aucun mal.

Chris Jericho parlait de « l’album de leur vie », force est de constater qu’il ne s’est pas tromper en disant que Boombox devait être considéré comme tel. Du slow, du bon rock et un tour dans les 80’s, que demander de plus pour pondre un bon album! Si Fozzy demeurait inconnu au bataillon pour certains, avec Boombox les choses devraient évoluer dans le bon sens pour le groupe de San Antonio. Judas a fait franchir un cap à Fozzy (selon les propres dires de Chris), Boombox va sans nul doute propulser ce génial combo dans une dimension autrement plus élevée!

Boombox : pour Fozzy, un pas supplémentaire vers la consécration!

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