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STONE CAVALLI, Kill Violence (EP)

Au pays des frères Jacques et des calembours, voici la fratrie des Tarricone et leur rock bourrin. Nouveau promu de la scène rock française, Stone Cavalli est une formation grenobloise qui lorgne du côté de l’électropunk. Financé via un site de crowdfunding, ce second EP de belle facture diffuse un son hydride sur 7 titres. En pionnier, SensationRock vous fait découvrir ce mini-album de qualité.

S’écartant de leurs premières influences et délaissant la langue de Molière pour celle de Shakespeare, nos bourrins d’origine italienne sont désormais dotés d’une féroce envie d’en découdre. Exit donc les ambiances pop rock de Comme un mustang (très bon titre au demeurant, extrait du premier EP Bandini), les frangins ont durcit leur son, se déclarant même proches du stoner de Bukowski. À l’évidence et après écoute, la doublette puise son énergie avant tout dans un rock brutal, frénétique et pour tout dire industriel.

Un son sec et abrasif

Au premier abord, le paysage sonore de ce disque est des plus arides qui soient. La profonde réverbération est laissée au placard, ce qui tranche avec les productions actuelles. On nage est pleine esthétique punk. Les sons distordus sont à couper au couteau : la disto crunch omniprésente et sans fioriture côtoie la fuzz sur Chapter nineteen. L’ambiance est nerveuse et fiévreuse ; les beats synthétiques génèrent de la tension (Stone Cavalli – Kill violence, Electric lies). Proposant un jeu souvent épuré (Mirror à titre d’exemple), Benjamin Tarricone n’hésite pas à malmener sa batterie: sur Chapter nineteen, les toms sont largement sollicités. Les cymbales vertement martelées.

Des canassons dopés à l’électro et à l’indus

L’omniprésence des machines offre un univers synthétique à Kill violence. En marge des tremolos aiguisés comme des lames et d’une batterie qui frappe fort, le relai est pris par des homologues électroniques et des claviers semblables à des sirènes hurlantes. D’ailleurs, on peine à croire que tout ce boucan est fait par seulement deux musiciens. Estampillés rock électro (dixit leur page facebook), les frenchies distillent des ambiances dansantes et voisines de celles de Nasser (Angleterre, Come on !). Cependant, les montées en tensions générées par les sons des machines, les frappes tenaces sur un seul pad et l’acharnement sur un accord de synthé (Stone Cavalli – Kill violence), renvoient davantage à la scène rock indus. Les sonorités sont proches de celles de Nine Inch Nails (Mirror, Stone Cavalli – Kill violence). Enfin évoquons Kill violenza, la courte instrumentale déjantée de l’EP. On pense aux balbutiements de la musique concrète et électronique élaborée par le GRM (Groupe de Recherche Musicale officiant durant les 30 Glorieuses, dont Jean-Michel Jarre en est un apôtre). Un désert aride et glacial marqué par des grondements, des résonnances et des déformations se dresse devant nous… bref, le morceau idéal pour introduire un concert.

Un chant remarquable

Mention spéciale à Simon Tarricone. En effet, le guitariste et chanteur de la formation ne ménage pas sa peine sur ce 7-titres. Rage, chaleur et rugosité sont les principales vertus de sa voix. Délivrant un chant nerveux et urgent sur des morceaux comme Come on !, ou Mirror le microphone semble confié à Eddie Vedder ou Chris Cornell. Mais le moment haut en couleur demeure Electric lies. Sur cette chanson fracassante comme un coup de poing, le Grenoblois craque et s’essaie au rap. À cet instant, on est face à une épiphanie : Zach de la Rocha semble de la partie! Que demander de plus ?

Cavalant au rythme d’un rock débridé, punchy et à dominante industrielle, les frangins Tarricone sont en passe de réussir leur entrée dans le rock français. S’appropriant des sons incisifs et percutants qu’ils ont dressés sur un canevas électropunk, les deux Grenoblois ont désormais une identité qui leur est propre.

Charge à eux de concrétiser l’essai en faisant jumper les foules sur leurs rythmes entraînants lors des concerts de 2017, voire de se tailler une place au cœur des festivals cet été. À suivre de près !

 

  • Benoît GILBERT

Artiste : Stone Cavalli

Album : Kill Violence (EP)

Label / Distribution : Sand Music

Date de sortie : 28/11/2016

Genre : electropunk

Catégorie : Album rock

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