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Audrey Horne, Devil’s Bell

Le quintet norvégien Audrey Horne effectue son grand come back, quatre ans après l’album Blackout. Ce nouvel effort, septième opus studio, s’intitule Devil’s Bell.

Audrey Horne est donc un quintet basé à Bergen (Norvège) formé en 2002. Leur premier album, No Hay Banda, date de 2005. Le groupe se compose de Torkjell « Toschie » Rod au chant, des guitaristes Thomas Tofthagen et Arve Isdal (ce dernier étant accessoirement le guitariste d’Enslaved), de Kjetil Greve à la batterie et d’Espen Lien à la basse. Hormis No Hay Banda, la formation norvégienne possède à son crédit les albums suivants: Le Fol (2007), Audrey Horne (2010), Youngblood (2013), Pure Heavy (2014) et Blackout (2018). Un album live, Waiting For The Night, était aussi paru en 2020.

Le style Audrey Horne est comparable à celui de Black Sabbath, tant la voix de Torkjell renferme de caractéristiques à la Ozzy Osbourne. Ajoutez à cela les riffs grondants de guitares concoctés par Arve et Thomas, vous obtenez un groupe de bon gros rock hélas trop méconnu dans l’hexagone. Cependant, quelques singles ont jalonné la carrière du quintet de Bergen, à savoir Youngblood en 2013 (titre qui a donné son nom à l’album) et Old Revolution sur Blackout en 2018.

Devil’s Bell, sorti ce 22 avril, a été entièrement élaboré par le groupe lui-même, faute de pouvoir faire appel à des aides extérieures (confinement oblige). Arve Isdal, l’un des guitaristes, a pris en charge la production et Herbrand Larsen, membre d’honneur de la formation, a pour sa part géré le mixage. Un système D qui, comme on va le voir, est loin d’avoir été préjudiciable pour Audrey Horne. Devil’s Bell est paru chez Napalm Records, un septième album studio sur lequel la présence de Frank Hammersland est remarquée (sur le morceau titulaire Devil’s Bell et All Is Lost).

Le démarrage de l’album est piano piano, Ashes To Ashes permet au quintet norvégien de se rôder en douceur, de tâter le terrain. Ashes To Ashes est l’un des morceaux les plus longs de Devil’s Bell (6 minutes 48), eu égard à une intro interminable au cours de laquelle on se demande, par curiosité, quand Torkjell Rod va entrer en scène. Tout vient à point pour qui sait attendre, Torkjell s’exécute et plus vite que prévu. Rythme lent et soutenu, riffs de guitare estampillés Van Halen, Ashes To Ashes est tout cela à la fois, on est aux antipodes de celui de David Bowie: malgré cette intro lente, ce morceau inaugural nous procure 6 minutes 48 d’intense bonheur et a l’insigne mérite de nous faire entrer de plein pieds dans Devil’s Bell.

Audrey Horne s’inspire décidément des années 80 et 70, n’hésitant nullement à chasser sur les terres d’Iron Maiden, de Black Sabbath bien sûr, mais aussi de Motorhead. Animal est précisément conçu sur le même rythme effréné que Sound Of A Gun, morceau figurant sur le dernier album de Phil Campbell And The Bastards Sons. Le ton est donné, les norvégiens sont véritablement entrés dans le vif du sujet. Les scandinaves envoient du lourd et montrent de quel bois ils se chauffent. L’intensité demeure toujours à son comble avec Break Out dont les riffs de guitares sont davantage empruntés à Scorpions ou Foreigner. Quant à Torkjell, celui-ci n’a de cesse de faire valoir son organe vocal, s’imposant comme l’un des grands héritiers de la branche osbournienne. Ozzie, tiens-toi le pour dit, ta descendance est bien assurée!

Les chœurs, chez Audrey Horne, prennent une place de choix et énormément d’importance, on le sent sur Break Out entre autres. Le quintet de Bergen nous gratifie d’un hard rock festif, comme pour nous intimer l’ordre de chanter sur sa musique.

Sur Return To Grave Valley, pas de Torkjell ni de chœurs, ce morceau est tout bonnement un instru, accordant aux voix qui ont déjà bien donné un repos des plus salutaires. Une relâche cependant de courte durée, puisque la voix de Torkjell repart de plus belle et au combat dans Danse Macabre, dernier single en date d’Audrey Horne et, plus que jamais, influencé Black Sabbath. 70’s, quand vous nous tenez!

L’éponyme Devil’s Bell et All Is Lost accueillent donc Frank Hammersland, invité à partager ce pantagruel festin hard rock avec Audrey Horne. À fond les gamelles et les ballons, tout le monde tient à se montrer sous son meilleur jour et casser la baraque comme il se doit. Les membres d’Audrey Horne, à l’instar de nombreux musiciens, ont volontiers reconnu que la frustration due aux événements que l’on sait devait être évacué, Devil’s Bell ayant été le parfait défouloir. « Nous avons pris énormément de plaisir à faire cet album, il a contribué à faire sortir en nous tout ce qu’il demeurait de colère et de dépit, nous espérons que les gens prendront autant de plaisir à l’écouter », tels furent les propos lors d’une récente interview du quintet. Torkjell au chant est formidablement secondé par les guitares d’Arve et de Thomas, ad vitam aeternam en force et in fire! Chez les scandinaves, plus qu’en France encore, on sait pondre du bon gros rock et Audrey Horne, autant que Ghost ou The Hellacopters (des suédois), en est la preuve flagrante.

L’épilogue de Devil’s Bell est aussi le morceau le plus long, en l’occurrence From Darkness d’une durée de 7 minutes 9. Le quintet de Bergen est au sommet de son art et en forme olympique. Audrey Horne prouve que quatre ans d’absence, si long que ce fût, n’ont rien entamé dans leur envie de tout bousculer. Pis, la motivation des norvégiens s’en est trouvée décuplée, évidemment pour notre plus grande joie!

Devil’s Bell, ni meilleur ni moins transcendant que les autres opus d’Audrey Horne, s’avère cependant le plus méritant et symbolique puisque composé avec les moyens du bord, un manque d’aides externes qui n’a en rien freiné l’ardeur de ces vaillants scandinaves. Dans ces contrées froides et glacées du Nord de l’Europe les auteurs de polars ont, on le sait, très bonne presse mais les groupes de métal et de rock en ont autant à faire valoir même si, avouons-le, on ne saurait se refuser la lecture d’un bon bouquin de Jo Nesbo (auteur de polars norvégien) ou de Camilla Läckberg.

Devil’s Bell des norvégiens d’Audrey Horne: du bon rock bien rentre-dedans, brut de décoffrage, qui sans aucun doute réchauffera les cœurs refroidis!

Jean-Christophe Tannieres

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