H-Burns / Burns On The Wire

On dit souvent que les reprises de morceaux originaux ne valent rien, qu’elles sont loin d’arriver à la cheville des créations authentiques.
Renaud Brustlein (alias H-Burns) vient pourtant nous démontrer le contraire. En effet, le folkeux de Romans-sur-Isère a décidé de 
s’attaquer au répertoire de Léonard Cohen.

Pour bien comprendre la genèse de ce projet, il faut remonter cinq ans en arrière. Quelques jours avant le décès du songwriter 
montréalais (le 7 novembre 2016), Renaud se trouvait justement au Canada. Très affecté par cette nouvelle, l’isérois déclare : 
« Un jour, je reprendrai des chansons de Léonard Cohen pour en faire un album. ». En dépit d’un manque avoué d’inspiration de H-Burns, 
il y a eu Midlife en 2019 qui fut un magnifique opus de compos originales mais Cohen, manifestement, demeurait toujours dans un coin 
de la tête de l’ami Renaud. Pierre après pierre, l’édifice a donc progressivement pris forme en un album baptisé Burns On The Wire. 
Titre qui n’est pas un hasard quand on sait que Léonard Cohen a composé la chanson Bird On The Wire, laquelle figure précisément sur 
cet album d’H-Burns.

Burns On The Wire regroupe, pour l’essentiel, des morceaux des quatre premiers albums de Léonard : Songs Of Léonard Cohen, 
Songs From A Room, Songs Of Love And Hate et surtout New Skin For The Old Ceremony (Chelsea Hotel, There Is A War ou encore 
Who By Fire). Passing Through est l’intrus dans le sens où il faisait partie d’un live de Cohen paru en 1972.

Léonard Cohen, à l’instar de Neil Young ou même de Bruce Springsteen, a toujours compté parmi les influences musicales d’H-Burns, 
raison de plus d’être motivé par la réalisation d’un album de reprises du canadien.
Pour Renaud, le choix des chansons de Cohen à enregistrer s’est effectué de façon très minutieuse, mélange de grands standards tels 
que Suzanne et So Long, Marianne ainsi que de compos moins connues (donc plus confidentielles) comme There Is A War sur New Skin 
For Old Ceremony. « Je ne voulais pas priver les fans de Léonard de Suzanne mais je tenais aussi à faire découvrir des chansons que l’on 
avait moins l’habitude d’entendre » déclarait H-Burns en évoquant le choix des morceaux. Un choix apparemment judicieux car les 
mordus de Cohen devraient s’y retrouver sans encombres.

Burns On The Wire n’est pas le projet d’une seule personne, toute une fine équipe s’est jointe à H-Burns pour cette fantastique aventure. 
En premier lieu, on retrouve quatre choristes et instrumentistes prénommées The Stranger Quartet. Elles ont pour noms : 
Louise (projet Lonny), Ysé Sauvage, Mélie Fraisse et Pauline Denize. En plus de participer aux chœurs, toutes les quatre sont cordistes, 
claviéristes, guitaristes ou encore bassistes.

Signalons également la présence, au chant, de personnes ayant un lien avec Cohen, proche ou plus lointain. Pomme, tout d’abord, 
qu’H-Burns a invité sur Suzanne; Lou Doillon, laquelle fait preuve de grand talent vocal en accompagnant H-Burns dans l’interprétation 
de Goodbye et So Long, Marianne. Lou et H-Burns, deux timbres de voix si différents mais qui se complètent à merveille.

Bertrand Belin, très actif en ce moment (on l’entend sur l’album commun de The Liminanas et Laurent Garnier), pousse la chansonnette 
sur Avalanche alors que Kevin Morby, fidèle à lui-même, marque de son empreinte le mythique The Partisan déjà repris de manière 
émouvante par Bertrand Cantat. The Partisan n’est ni plus ni moins que la rencontre de deux folkeux patentés destinés, un jour ou 
l’autre, à faire de la musique ensemble. Comme dit le célèbre adage: « il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas », ce que 
Kevin et H-Burns prouvent une fois de plus.

Avec Suzanne, The Partisan est la compo qui nous comble le plus en émotion et en sentiments réconfortants. Deux véritables hymnes 
folks où amour, fraternité et Amérique profonde cohabitent sans se marcher sur les pieds, chacun jouissant de tout l’espace souhaité.
Signalons aussi, bien que davantage dans l’ombre, le travail fourni par l’arrangeur Antoine Pinet, indéfectible complice d’H-Burns.

Burns On The Wire, autant qu’un vibrant hommage, est le parfait résumé de la carrière de ce dinosaure de la folk, disparu voilà pile 
cinq ans.
Ce roman en 12 chapitres commence au Chelsea Hotel pour se clore sur les tribulations d’un oiseau (Bird On The Wire). Entre les deux 
Suzanne, Marianne dans So Long, Marianne ainsi que de multiples tranches de vie contées par Who By Fire, There Is A War ou encore ce 
somptueux The Partisan du duo H-Burns/Kevin Morby.

Que serait un morceau folk sans de magnifiques accords de guitare? Peu de choses même si les voix sont, on ne le dira jamais assez, 
fertiles en émotion.

Burns On The Wire n’est pas du réchauffé ni une copie de Léonard Cohen mais bien un album accompli où H-Burns a imprimé sa 
personnalité artistique propre. Loin d’avoir été plagié, Cohen n’a pas non plus été trahi par le songwriter de Romans qui, affirmons-le 
sans ambages, a réussi cet examen qui s’annonçait pourtant compliqué au départ.

H-Burns se produira, dans le cadre de sa tournée, le 13 mars 2022 au Petit Trianon de Paris, l’assurance de partager un excellent moment
de folk sur lequel, sans nul doute, planera l’ombre de Léonard Cohen.
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