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MÅNESKIN, Teatro d’Ira Vol. 1

Découverts par une partie du monde lors de l’Eurovision 2021, les italiens de Måneskin amènent aujourd’hui une nouvelle fraîcheur dans le monde du rock, avec la parution il y a quelques semaines de leur deuxième album, Teatro d’Ira Vol. I. Après l’EP Chosen en 2017 et l’album Il ballo della vita en 2018, Måneskin dévoile la première partie d’un album conceptuel sur lequel ils ont travaillé pendant de nombreux mois à Londres, recréant une ambiance qu’ils ont voulu similaire à ce qu’ils ressentent lorsqu’ils sont sur scène.

 

Teatro d’Ira s’ouvre sur Zitti e buoni, le titre avec lequel Måneskin a offert la victoire à l’Italie lors de l’Eurovision 2021. A l’origine, il s’agissait d’une balade qui a été retravaillée au fil des années pour en faire une chanson plus rock, dont les thématiques abordées sont la rédemption et le fait d’assumer qui l’on est, une ode à l’estime de soi en quelque sorte. Thomas Raggi, à la guitare, démontre d’entrée de jeu qu’il a du talent, beaucoup de talent. A ses côtés, Victoria De Angelis et Ethan Torchio, respectivement à la basse et à la batterie, s’allient pour apporter du groove à la session rythmique.

Les influences du groupe sont multiples, on retrouve dans les titres de cet album autant de Led Zeppelin que de Franz Ferdinand, en passant par Fleetwood Mac et David Bowie. De plus, il est très surprenant d’avoir des albums où la langue interprétée est alternée, on découvre au fil de l’écoute que l’italien et l’anglais se côtoient, sans pour autant que ce ne soit au détriment de l’un ou de l’autre. Les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas en tous points, même si on reconnaît des procédés similaires.

Le point commun à la majorité des titres est le côté très théâtral de l’interprétation vocale, mais également des harmonies instrumentales. On retrouve ce côté théâtral dans Lividi sui gomiti, où le chant presque doux que l’on pourra retrouver plus tard dans les ballades Coraline et Vent’Anni évolue en un chant parlé, presque rapé. On distingue une intensité très présente, qui se retrouve également dans d’autres extraits (La Paura del Buio, In nome del Padre), notamment dans la construction de ces morceaux, mais aussi dans la mise en avant de la voix rauque et rugissante de Damiano David. Cette voix si particulière, dont l’interprétation n’a rien à envier à un certain David Bowie par moment. I Wanna Be Your Slave est le premier morceau interprété en anglais sur Teatro d’Ira. Ici, on retrouve une basse très présente et ce n’est pas déplaisant, bien au contraire. I Wanna Be Your Slave est un morceau entraînant, dansant et au groove si particulier qui fait la marque de fabrique des italiens.

Les deux ballades de cet opus, Coraline et Vent’Anni, sont également très empreintes de l’aspect théâtral qui fait le succès de Måneskin. Coraline, en ce qui la concerne, a une structure composée de plusieurs parties qui montent crescendo : au début, la guitare sèche se lie à la voix claire, puis les autres instruments se mêlent à eux, la guitare devient électrique et le morceau augmente en intensité de manière progressive. Vent’Anni apporte un côté plus modéré, histoire de conclure l’écoute de l’album en douceur. On pourrait même presque la comparer à une power ballade mélodique, comme l’ont fait avant eux Aerosmith avec Dream On ou même Led Zeppelin sur Stairway to Heaven. Les paroles de ce titre racontent une approche plus mature du chanteur, comme si son alter-ego plus âgé venait lui donner des conseils sur la façon d’être, sa façon d’agir, en lui rappelant de ne pas oublier d’être lui-même. C’est une ode à la jeunesse, qui rappelle que l’on peut faire des erreurs, l’essentiel est “qu’on ne peut être soi-même qu’en étant différent des autres.”

De manière générale, Måneskin développe et cultive tout au long de cet album un côté théâtral, alternant entre paroles en italien et en anglais, avec une basse très présente et des riffs dignes des plus grands guitaristes du rock. Les contretemps amenés à la batterie et sublimés par la basse amène une fraîcheur dans les morceaux, on est à la limite entre le rock et les dérivés du reggae, mais tout en restant dans une atmosphère électrique et inspirée par les plus grands groupes et artistes des générations passées.

 

  • Marion ARNAL

Artiste : Måneskin
Album : Teatro d’Ira Vol. I
Label / Distribution : Sony Music / RCA
Date de sortie : 19 mars 2021
Genre : rock alternatif
Catégorie : album rock

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