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Everything everything, Re-Animator.

Manchester in fire en cette rentrée, on peut le dire oui ! Le quatuor Everything everything, encore des mancuniens, refait surface et cela trois ans après A fever dream. Le nouvel album du combo emmené par Jonathan Higgs, déjà le cinquième, a pour titre Re-Animator.

Comme à l’accoutumée, Everything everything mélange les genres et expérimente les diverses sonorités. A l’image d’A fever dream, le quatuor britannique navigue entre art-rock et pop, effectuant même une brève incursion dans le hip hop.
Les onze morceaux de Re-Animator expriment donc une incontestable diversité de styles à laquelle on ne trouvera pas à redire.
Habitué depuis leurs débuts à tailler leur propre route et à se forger une identité à part, Everything everything puisent pour la première fois dans un vivier d’influences, surtout Radiohead.

Dès le commencement du LP, on est placés devant le fait accompli du contraste. Le très pop   Lost powers, ballade ponctuée de guitares et de claviers, précède Big climb, entraînant, proposant quant à lui un alliage électro/hip hop. Force est de constater qu’Everything everything, sur ce Big climb, ne surprend pas et fait dans sa pure tradition.
Influences Radiohead dominantes sur de nombreuses compos, comme par exemple It was a monstering  où Tom York aurait très bien pu poser sa voix, tant Jonathan Higgs en prend de criants accents.
Moonlight fait aussi partie des morceaux estampillés Radiohead : rythme planant, ambiance surréaliste ainsi que guitare au son velouté et voix suave de Jonathan. Contraste encore et toujours entre Moonlight et le génial Arch enemy , second single issu de cet opus, sur lequel les guitares ne donnent pas leur part au chien en gratifiant de leurs riffs accrocheurs, sans parler d’un tempo endiablé qui cadre à merveille avec les fantastiques envolées vocales de Jonathan Higgs. Comment ne pas établir une ressemblance avec l’excellent Desire, extrait de l’album A fever dream.Arch enemy nous éloigne sensiblement de Radiohead, les ballades Lord of the trapdoor et Black hyena nous y ramènent d’un saut de puce alors qu’In birdsong, single inaugural et autre magnifique compo onirique, est vierge de toute influence. In birdsong, principalement interprétée aux claviers, sera toujours bien moins pompeuse que Planets où les boucles synthétiques sont utilisées à mauvais escient et en font un morceau ennuyeux, disons même quelque peu redondant.
Haussement de ton et de rythme avec l’électro The actor mais surtout Violent sun bâti sur le  modèle The killers. Violent sun est un morceau pop passe-partout dans la lignée des grands standards new wave 80’s et clôt l’album en véritable apothéose. Cette fin en trombe nous fait dire que Higgs et ses acolytes en avaient encore sous la pédale mais bon on devra se contenter de ces onze morceaux et c’est déjà pas mal !

Le bilan d’ensemble de Re-Animator est positif, le quatuor mancunien n’ayant pas loupé son rendez-vous avec ses fans qui, depuis 2017 et A fever dream, l’attendaient au tournant. Ce nouvel effort d’Everything everything marquera de son empreinte cette rentrée, voire la fin de l’année.
Il est cependant à déplorer un trop plein d’influences Radiohead alors qu’Everything everything nous avait habitués, et ce depuis toujours, à faire sa propre tambouille musicale parallèlement aux autres formations. Malgré ce défaut inhabituel chez les britanniques, Re-Animator reste un disque honnête et respectable, qui s’écoute sans arrière-pensées.
Les mancuniens nous manquaient, maintenant qu’on les a retrouvés profitons-en bien !

Note de 7 sur 10.

Jean-Christophe Tannieres

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