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The blinders, Fantasies of a stay at home psychopath.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore The blinders, une petite session de rattrapage s’avérera bien utile. The blinders, c’est le petit groupe qui monte qui monte !
Ce trio originaire de Doncaster (région de Manchester) a déjà à son actif un album baptisé Columbia paru en septembre 2018. Deux singles en sont extraits, à savoir L’état c’est moi et Brave new world.
Ce combo en devenir est constitué de Thomas Haywood (guitare, chant), Matthew Neale (batterie) et Charlie McGough (basse).
Le style musical de The blinders est résolument rock garage punk, naviguant entre Arctic monkeys et, dans une moindre mesure, Black rebel motorcycle club pour ne citer que ces deux groupes.

Un second opus vient de pointer le bout de son nez, il a pour titre Fantasies of a stay at home psychopath.
Un LP de 11 morceaux divisé en deux parties bien distinctes. En premier lieu, des compos qui fleurent bon le rock urgent, aux riffs de guitare bourdonnants et stridents. Puis les ballades estampillées 70’s qui n’ont rien à envier aux formations en vogue de cette époque.

D’entrée de jeu, le trio britannique fait parler la poudre. Tout s’embrase et prend feu avec Something wicked this way comes, suivi de Forty days & forty nights dans une cadence encore plus trépidante. On se dit alors que Slaves et Arctic monkeys ne sont jamais très loin
tant la voix de Thomas Haywood   ressemble à celle d’Alex Turner.
Pourtant, The blinders ne plagie pas et sait garder sa propre identité. Dans la plus pure tradition du rock british, beats de batterie et magistraux riffs de guitare battent leurs pleins. Lunatic with a loaded gun en est témoin, même si le rythme est déjà plus lent.
Lunatic with a loaded gun est le trait d’union, la transition entre le rock bien énervé et les compos calmes. Justement Circle song et I want gold, deux magnifiques ballades, se profilent et offrent par là même à nos oreilles un repos et une détente salutaires et cela bien que ce rock fracassant ne soit pas pour nous déplaire.
Circle song et I want goldnous ramènent aux sonorités 70’s, nous faisant dire que nos ancêtres auraient très bien pu danser un slow sur des morceaux de la même trempe.
I want gold interpelle par la voix hurlante de Thomas déclarant, à gorge déployée, qu’il veut de l’or et tout de suite, à n’importe quel prix.
Influences The doors sur Black glass, compo longue durée aux rythmes variables. Le morceau débute tranquillement et connaît, au fil de son évolution, divers changements de rythmes. A corps et à cris, Thomas ne se lasse nullement des « black glass » répétés à l’envi. Dès lors, si l’on en doutait encore, on est sûrs que c’est bien le titre car certains ne sont jamais prononcés dans les chansons.
Du rock énergique en veux-tu en voilà avec Mule track, superbe morceau digne d’Arctic monkeys à ses débuts.
L’adrénaline s’estompe de nouveau sur Rage at the dying of the light.
Même si le mot “rage” est dans le titre, c’est bien un nouveau slow 70’s qui nous est proposé alors que l’on aurait pu s’attendre à quelque chose de plus saignant. Ah curiosité de la musique quand tu nous tiens ! Enfin bref, ne cherchons pas de midi à quatorze heures, les albums sont ainsi faits.
Ballade encore et toujours avec In this decade qui clôt l’opus tout en légèreté.
Signalons encore la présence d’un morceau jazzy, sans guitare et où Thomas Haywood se contente de parler tout bas. Interlude, c’est le titre, se révèle très court et l’on en vient, à tort ou à raison, à se demander ce qu’il fait au milieu de toutes ces géniales compos.
Bizarre, vous avez dit bizarre !

Par cet album, les britanniques de The blinders nous font savoir qu’il faudra compter avec eux dans les années à venir et l’on a déjà hâte, reconnaissons-le, de voir débarquer leur troisième galette.
Le rock british est en pleine bourre en ce moment, on le voit avec des combos tels que Fontaines D.C, Life ou encore Slaves. A cette liste déjà bien exhaustive, ajoutons-y The blinders qui, sans être trop brutaux musicalement, ne font pas tout de même pas dans la dentelle et ne sont pas non plus là pour ne faire que du sentiment !
Si le futur opus est à la hauteur de ce somptueux Fantasies of a stay at home psychopath, eh bien ça promet !
Note de 9 sur 10.

Jean-Christophe Tannieres

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