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HAWKSLEY WORKMAN, Median age wasteland

Vu aux Eurockéennes en 2002. Il tapait alors sur le plancher de la scène Chapiteau à l’aide de deux longues tiges en rythme. Allure endiablée comme tout droit sorti du film L’associé du diable, le virtuose à la voix aiguë était à cet instant porté par les médias, surtout français.  17 années plus tard, Hawksley est un artiste plus confidentiel. Au point que pour beaucoup, Median age wasteland peut apparaître comme un premier effort discographique. Merci le dossier de presse pour les novices.

 

H. Workman c’est tout de même 18 disques depuis 1998. Et oui monsieur! Un bosseur le Canadien. Certes ceux de 2006 n’ont été disponibles que lors des concerts, soit pour un public de fans, de fidèles. Toutefois l’homme n’a rien lâché, même lors de sa période sombre au mitan des années 2000… Quid alors du cru 2019?

Median age wasteland c’est d’abord 11 titres qui baignent jusqu’au cou dans la mélancolie (exception faite, peut être d’Oksana?). D’emblée, le songwriter dépose une pellicule de douceur folk avec Birds in train stations. On pense un temps à Noël… Une idée loin d’être saugrenue quand on se souvient que l’homme s’est frotté à l’exercice en 2001 avec Almost a full moon. Bref, on est transporté en un rien de temps. Et le voyage se poursuit avec le titre suivant, Lazy. Avec ce premier single impeccable, ciselé pour les fans de la première heure, mais capable aussi d’attirer de nouvelles oreilles enclines à succomber à la voix céleste du Canadien, on est face à une pop éclatante, avec un soupçon de Jeff Buckley.

La grande marmite workmanienne et ses refrains qui flottent dans l’éther avant de laisser l’homme redescendre parmi ses semblables le temps d’un couplet, sont de la partie également sur Battlefords, Italy, Stoners never dream…

Si les rythmes sont globalement calmes, downtempo – excluons Battlefords ou To receive, titre le plus dynamique de l’album et le moins touchant du coup -, Hawksley entretient cette esthétique enivrante, à l’instar de 1983 ou d’Italy. Sur cette dernière, il est épaulé par des choeurs féminins savoureux et de cordes qui garantissent un classicisme pop, notamment dans l’enchaînement des accords. Avec sa voix à fleur de peau, il poursuit avec d’autres love songs, telle Skinny wolf. Le glam cultivé par  d’artiste semble s’être éloigné… Que nenni! Il ne faut pas attendre longtemps pour que cette nature revienne au galop. Song of summer et sa une collection d’effets, de delays délicieux, de tremolos à la Bowie, à la Bolan, … Bref, il y a aussi du mélo-glam dans ces trois quarts d’heure. Et ce n’est pas la solennelle Stoners never dream qui nous fera dire le contraire. Les années 60 et cet orgue si caractéristique enveloppent les choeurs ainsi que les envolées en voix de tête du quadragénaire.

A l’image d’un chiasme, Median age wasteland se referme avec Snowmobile, un titre à la guitare folk. La voix rauque emplit un espace volontairement dépouillé, ce terrain en friches (wasteland) dans lequel Hawksley Worman semble se perdre sciemment, pour le plus grand plaisir de son auditoire.

Du bel ouvrage M. Workman…

-Benoît GILBERT

 

(Hawksley Workman, Lazy)

 

Artiste: HAWKSLEY WORKMAN

Album: Median age wasteland

Label/Distribution : Isadora Records

Date de sortie : 22 février 2019

Genre : Pop/Folk

Catégorie : Album Rock

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