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COURTNEY BARNETT, Tell Me How You Really Feel

Deuxième album solo pour la jeune rockeuse australienne, qui après un album réjouissant avec Kurt Vile sorti l’année dernière, laisse à nouveau le son rageur de ses débuts pour un rock toujours libre, porté par de belles chansons et des textes autobiographiques : assurément une des belles réussites de ce printemps.

 

La premier titre, Hopefulessness, d’apparence négatif est au contraire une lutte vitaminée contre la désespérance (« No one is born to hate, we leran it somewhere along the way, take your broken heart, turn it into art »), les angoisses existentielles et d’autres questions (crise de la trentaine ?) porté par des guitares So Nineties, fil conducteur de ce disque. City looks pretty est un titre qui parait évident, familier, invitant là encore à ne pas trop s’attarder sur ces petits soucis dans un joyeux cafouillage sonore faussement bordélique (à la manière de The Pavement), la joie étant désormais totalement présente sur Charity (« You must be having so much fun, everything’s amazing »). Tout réussit à Courtney : succès critique, tournée réussie et vie amoureuse accomplie avec la chanteuse Jen Cloher. Cette frénésie, cette attente ou cette pression des derniers mois expliquent peut-être le besoin de calme, de s’écouter davantage pour continuer de créer : « j’ai besoin de me reposer de moi même », chante t-elle sur le magnifique Need a little time, avec des belles guitares mélancoliques, incontestablement un des grands moments du disque.

 

Guitariste, musicienne, mais aussi compositrice toujours inspirée, Courtney donne l’impression de rendre hommage à ces groupes cultes qu’elle a du beaucoup écouté : Nameless, Faceless s’avère digne des Breeders, avant le court I’m Not Your Mother, I’m not your bitch  déclaration féministe post-grunge « nirvanienne » engagée et assumée. Notons au passage un certain talent pour nommer ces compositions, à l’instar de l’improbable Crippling Self Doubt and a general lack of self confidence, particulièrement réussi musicalement.

Walkin’On Eggshells (« Marcher sur des coquilles d’œuf »), avec ces quelques notes de piano, donne l’impression que la voix de Kurt Vile va arriver d’une seconde à l’autre, témoignant des multiples influences de la jeune femme qui sait varier les plaisirs, notamment le notre. Sunday Roast clôt l’album de manière élégante et romantique, comme si Neil Young trouvait en route la pop la plus inspirée et libre qu’il puisse exister.

 

Liberté, inspiration, réussite : Courtney Barnett a tout pour elle et offre un disque aussi intimiste qu’extraverti, apaisée et engagée dans un exercice où l’autocritique et l’autodérision ne sont jamais très loin. A la question posée par le titre de cet (très bon) album, après son écoute, nous ne pouvons répondre que par l’affirmative.

 

Julien Lagalice

Artiste : Courtney Barnett
Album : Tell me how you really feel
Label : Milk
Date de sortie : 18 mai 2018
Genre : rock
Catégorie : album rock

 

 

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