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PEARL JAM, Lightning Bolt

Monkeywrench Records/Universal/2013

Le temps ne semble pas avoir d’emprise sur Pearl Jam. Le groupe de Seattle entâme sa troisième décennie sur la scène rock alternative mondiale et semble toujours animé par le même enthousiasme qu’à ses débuts, en témoignent les vignettes florissant sur le web, teasers parfaits pour Lightning Bolt.
Lightning Bolt
donc, voici le nom du dixième album studio du combo, une production dans la droite lignée de Backspacer.En certains points, de par sa dualité entre titres immédiats et pistes qui demandent plus de temps, les deux efforts semblent assez proches. Pour le reste, Pearl Jam continue de tracer son chemin sans se soucier de ce que d’aucuns penseront. A l’instar de Neil Young, à qui l’album est d’ailleurs dédié.
Cest certainement cette capacité à prendre leurs distances et les divers projets parallèles de chaque membre qui contribuent à la longévité du groupe et évitent à celui-ci de tourner en rond. Lightning Bolt en est la parfaite illustration. Il est imparfait, certes (il a un peu la ballade facile), mais il allie fougue et sagesse, décharges électriques et plages d’accalmie.

La fougue ressort dès l’ouverture en trois actes, l’une des meilleures entrées en matière, lancée par la jouissive et entraînante Getaway rapidement soutenue par le brûlot punk à la Dead Kennedys Mind Your Manners avant que la basse vrombissante de Jeff Ament ne lance My Father’s Son. Qui dit fougue dit jeunesse, et on croirait revenir au début des 90’s quand résonne Swallowed Pride, à la croisée d’Evan Dando et de R.E.M.. Les plages plus calmes apparaissent : Sirens, une ballade qui laisse dubidatif à la première écoute mais qui montre ensuite que Vedder est toujours l’un des meilleurs chanteurs actuels. Une parenté avec le Boss se fait ressentir, comme en clôture avec Future Days et ses accents celtiques (et à quelques degrés moindres sur le final du morceau éponyme).Les ambiances aussi sont travaillées, avec le titre aérien et crépusculaire Pendulum, qui reprend là où Indifference s’était arrêtée. C’est sombre, c’est envoûtant,l’opposé de Sleeping By Myself, échappée de Ukulele Songs d’Eddie Vedder est nappée de ses plus belles guitares folk et donne dans la légèreté.Une légéreté également de mise dans le rythme entêtant de Let The Records Play (signée Stone Gossard),de son âme hard rock de la fin des années 80.Pearl Jam n’est certes plus la même attraction qu’à ses débuts – et tant mieux – mais ils régalent encore, même après 20 ans passés ensemble. Et ceux qui prendront le train en route ne seront pas forcément convaincu, mais pour les autres, Lightning Bolt n’a pas fini de tourner. Still spinning the black circle !

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