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THE SMASHING PUMPKINS, Oceania

Martha’s Music/EMI/2012

En pleine entreprise de son concept de Teargarden By Kaleidoscope, à savoir sortir 44 chansons d’abord téléchargeables gratuitement sur internet une par une pour ensuitre être réunies sur 11 EP, Billy Corgan fait une pause (et peut être s’est rendu compte de la “trop” grandeur de son projet), pour sortir un vrai album. Album pour lequel il laisse un peu de place (mais pas de trop quand même) à ses musiciens. Corgan restera toujours le maître à bord, à se demander l’utilité du nom Smashing Pumpkins, qui depuis la fin des historiques Iha, D’Arcy et Chamberlain, ne signifie plus grand chose.

Et pourtant, le Chauve n’a pas hésité à annoncer Oceania comme l’album le plus réussi depuis Mellon Collie. Rien que ça. Alors oui, on se dit qu’après Zeitgeist, on pouvait faire mieux. Mais il faut l’avouer, c’est toujours avec beaucoup d’espoir, de curiosité et d’impatience qu’on guette à chaque fois une nouvelle production des Pumpkins. Notre nostalgie avait déjà été titillée lors des rééditions de Gish et de Siamese Dream. Et, toute proportion gardée, Oceania nous renvoie à cette époque. A l’exception du morceau-titre, un fleuve noisy de 9 minutes, Corgan laisse tomber ses expérimentations sonores pour revenir à des basiques. Constante dans les albums des Smashing, les ouvertures se font très heavy. Ici, Quasar ne déroge pas à la règle, comme à l’époque dorée de Cherub Rock ou moins dorée mais toute aussi efficace de The Everlasting Gaze. Une ligne directrice suivie également par Panopticon. Mais malheureusement, on se retrouve ensuite dans un melting pot de ballades peu inspirées, où Corgan semble vouloir masquer ce manque d’inspiration en ajoutant des cordes (The Celestials) ou de synthés (Violet Rays, Pinwheels). On est bien loin de Disarm… D’un autre côté, on apprécie la tournure pop prise avec My Love Is Winter et surtout la formidable Pale Horse, un titre aérien et onirique, qui ouvre une fin d’album jouissive. Car en trois pistes, Billy Corgan remet les fans de la première heure dans sa poche. The Chimera, Glissandra et Inkless renvoient complètement à Siamese Dream et à Quiet, Rocket ou autre Today. Le Monsieur Propre de Chicago retrouve une deuxième jeunesse, semble abandonner son côté mégalo pour redonner ce qu’il avait de meilleur.

Oceania n’est donc pas parfait, mais il offre tout de même quelques moments de grâce, une véritable cure de jouvence à la discographie des Smashing Pumpkins.

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