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L’ALBUM OUBLIE DE LA SEMAINE : JONATHAN WILSON, Frankie Ray

Pretty And Black Records/2007

Plus qu’un album oublié, c’est un album duquel nous sommes totalement passés à côté. Car avant de produire le chef d’oeuvre Gentle Spirit, Jonathan Wilson s’était déjà lancé en solo. D’ailleurs, il ne faut pas se voiler la face : sans Gentle Spirit, Frankie Ray serait complètement resté dans l’anonymat. Mais quelle injustice cela eût été. Voici donc l’occasion de le mettre en lumière. Paru en 2007, il possède déjà les ingrédients utilisés par Wilson, cette base folk teintée de psychédélisme emprunté à cette époque des 70’s pleine de liberté musicale et d’inspiration. L’ombre de David Crosby plâne sur Carousel quand on entend les choeurs sussurés. Born To Be My True Love sent aussi bon l’époque où Crosby se frisait les moustaches avec ses compères Graham Nash et Stephen Stills. Quant à Dreaming, c’est le sud de Lynryrd Skynyrd qui nous réchauffe. Mais Wilson est aussi proche des groupes et compositeurs faisant partie de ses contemporains. Ainsi, on ne peut s’empêcher de penser à Midlake lorsque commence Your Ears Are Burning. Et le fantôme d’Elliott Smith est bien là, quand à l’écoute de la troisième piste le rythme est le même que sur Waltz #2 (XO). D’ailleurs, le morceau se nomme Waltz With Me, ceci ne peut être une simple coincidence. Le natif de Portland aussi présent sur la légère You Can Have Me.

Mais là où l’Américain est le meilleur, c’est lorsqu’il entâme de longues compositions alambiquées. Sing To You est un génial morceau ambiant désabusé et joué au piano. For Every 10, le sommet de Frankie Ray, un morceau de dix minutes se terminant par une longue plage musicale soutenue par un clavier très psychédélique, avant de finir avec juste une guitare sèche tout droit sortie d’un album de Neil Young. Et que dire de Modern China, qui change sans cesse d’atmosphère, passant d’un folk pure et simple à une grandiloquence cinématographique de manière magistrale.

Frankie Ray n’atteint pas la perfection de Gentle Spirit, mais s’en approche grandement. Il est peut-être plus abordable que son grand frère par la relative concision des morceaux et leur simplicité. Il possède déjà ce qui demeure une qualité majeure chez Wilson, cette capacité à produire des compos riches qui même au bout de 20 écoutes dévoilent une nouvelle de leurs facettes et qui jamais ne font éprouver de lassitude.

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