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Robert Finley / Black Bayou

Robert Finley, bluesman de Louisiane à la voix de stentor, est de retour avec Black Bayou, son quatrième album. Celui-ci débarque après Sharecropper’s Son paru en 2021.
Black Bayou est le troisième album de Robert Finley provenant d’Easy Eye Sound, label d’un certain Dan Auerbach, lequel s’est énormément impliqué dans la réalisation de cet album. Mr. Dan n’a pas été le seul à apporter son obole, puisque Patrick Carney (faisant également partie des Black Keys), le guitariste de Selma (Alabama) Kenny Brown et Eric Deaton ont bien voulu prêter main forte à l’interprète de Souled Out On You.

Black Bayou est un fabuleux voyage à travers les influences: les Black Keys bien évidemment, mais aussi Charlie Winston ou encore James Brown. Une voix charismatique de Robert sous le charme de laquelle nous étions déjà tombés lors de la parution de Sharecropper’s Son.

Une omniprésence et une influence des Black Keys très prononcées, tel le fil rouge de Black Bayou. Il n’y a qu’à entendre les riffs de guitare et les petits beats de batterie de débuts de morceaux pour le comprendre. Citons par exemples Gospel Blues, le plus black keysien d’entre eux que Dan Auerbach et Patrick Carney n’auraient pas refusé de jouer, tout comme Can’t Blame Me For Trying ou Miss Kitty, voire même Livin’ Out A Suitcase. Une orchestration certes bien huilée mais sur laquelle ce bon vieux crooner de Robert garde pourtant la main-mise. Comme on dirait d’un singe qui fait la grimace, ce n’est pas à un vieux bluesman de Louisiane que l’on apprend à pondre de belles compos blues!

Black Bayou, très certainement une ode à la Louisiane natale de Robert Finley, a été médiatisé très tôt par le biais des singles What Goes Around Comes Around bien entraînant, You Got It (And I Need It) et Nobody Wants To Be Lonely plus planants et tout récemment le bien jazzy piano Waste Of Time. Autant de morceaux qui ont contribué à faire monter la température avant l’avènement final de ce quatrième effort. Black Bayou que Robert Finley, soit dit en passant, viendra défendre à la Rodia de Besançon le 24 janvier prochain dans le cadre des Nuits de L’alligator, accompagné de Natan Myers.

Outre les Black Keys, Black Bayou explore d’autres contrées, des styles musicaux plus vastes. Ainsi, Waste Of Time se veut estampillé Charlie Winston, tandis que What Goes Around Comes Around se rapproche davantage de The Heavy interprétant Messin’ With My Mind. Pour aller encore plus loin, You Got It (And I Need It) et Nobody Wants To Be Lonely imprimés du sceau de James Brown.
Sur Black Bayou donc, du blues mais pas que, soul et gospel se frayant un passage et s’attribuant une part de l’affiche.

Black Bayou se divise entre morceaux relâchés (Livin’ Out A Suitcase, Nobody Wants To Be Lonely, Lucky Day) et d’autres un brin plus rythmés (Miss Kitty, Sneakin’ Around, What Goes Around Comes Around). Une diversité qui prouve à quel point Robert Finley se plaît, avec sa voix, à jouer les caméléons patentés! Un bluesman des temps modernes aux allures de crooner déjà chevronné à qui, disons-le tout de go, on ne la fait plus.

Avec Black Bayou, Robert Finley confirme tout le bien que l’on pensait de lui et, plus encore, nous entraîne à sa suite dans sa Louisiane natale sans que nous ayons à bouger le petit doigt. Lançons Black Bayou et la musique fera le reste!

Black Bayou: quand Robert Finley se montre au sommet de son art!

Notre sélection: Gospel Blues, Nobody Wants To Be Lonely, Miss Kitty, Lucky Day.

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