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J. TILLMAN, Tillman Sings “Tonight’s The Night”

Autoproduction/2010

Quelques jours à peine après la sortie de Singing Ax, l’énigmatique mais génialissime Joshua Tillman surprend son monde en reprenant dans son intégralité un des monuments de Neil Young.

Mis en téléchargement libre sur la toile, cette production a été pour certains le fruit d’un artiste à l’égo surdimensionné. Il n’en est rien, surtout quand on connait le personnage. Ceci étant, Tillman, à force de se prendre des chiquenaudes virtuelles, a du se justifier sur son travail. Fortement influencé par Neil Young et particulièrement par cet album, la batteur des Fleet Foxes a voulu rendre hommage à cette réalisation, ne voulant en aucun cas surpasser l’originale. Mais quel résultat ! Tonight’s The Night est le disque le plus noir du Loner, hanté par la mort d’un homme, à savoir Danny Whitten, guitariste de Crazy Horse. Nous sommes en 1975 et le Canadien délivrera deux albums parmis les plus sombres de sa discographie, Tonight’s The Night donc et Zuma.

35 ans plus tard, J. Tillman enregistre chez lui avec pour seuls intruments sa voix et une guitare. Une version acoustique, très lo-fi, qui dévoile toute sa sensibilité et sa sincérité. Tous les morceaux ont été enregistrés en une prise, aucun arrangement n’a été ajouté pour un rendu le plus honnête possible. Tonight’s The Night, Speakin’ Out, Borrowed Tune retrouvent une nouvelle vie, bien qu’elles n’aient jamais vraiment perdu de leur essence. Et comme sur l’enregistrement d’origine, le morceau le plus rythmé de l’album l’est aussi ici : Come On Baby Let’s Go Downtown, introduit acoustiquement pour finir avec une guitare électrique mais à laquelle on a oublié de brancher un ampli. Tout en étant différent de ce qu’avait réalisé le Canadien, Tillman reste très fidèle à l’état d’esprit dans lequel devait être son maître au moment de la confection de cet album. Pour preuve, quelque soit la version de Alburqueque que vous écouterez, l’effet produit sera le même et y rester insensible signifierait être mort.

On ne sait pas ce que Neil Young pense du projet de Tillman, mais on aime à croire que son silence est synonyme de délectation à l’écoute de ce qu’un de ses futurs successeurs a délivré.

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