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Paolo Nutini / Last Night In The Bittersweet

Le songwriter écossais Paolo Nutini est de retour, huit ans après son album Caustic Love. On l’avait déjà découvert dans les années 2000 avec le célèbre Last Request, ballade diffusée sur bon nombre de radios.

Paolo se rappelle donc à notre bon souvenir en nous gratifiant de son quatrième album intitulé Last Night In The Bittersweet.
La pandémie (encore elle direz-vous) est passée par là, redonnant à l’Écossais l’inspiration qui lui avait tant manqué depuis Caustic Love en 2014. « Je pensais avoir fait le tour de la question, j’étais persuadé d’avoir tout dit, mais la pandémie m’a rappelé qu’il fallait vivre de nouveau pleinement et donner libre cours à ses idées. » C’est en ces termes que Paolo justifie son grand retour avec ce quatrième album, un retour auquel on avait cessé de croire.

Last Night In The Bittersweet a été produit conjointement par Dani Castelar et Gavin Fitzjohn, paru via Atlantic Records.

Une inspiration revenue puisque ce nouvel effort ne comporte pas moins de 16 morceaux, dépassant pour la plupart les 5 minutes.

Sur Last Night In The Bittersweet, Paolo Nutini s’improvise tantôt crooner de génie comme dans le très soul Through The Echoes, tantôt bâtisseur de bombes new wave telle que Shine A Light par exemple. L’Écossais, caméléon patenté, sait se muer en rockeur comme en paisible père tranquille. D’aucuns qualifieraient presque l’ami Paolo de gendre idéal, peut-être lorsqu’il interprète Abigail et surtout Julianne, magnifique ballade pour piano où l’ Écossais se montre charmeur et sensuel. Paolo dans ses œuvres, celui qui se révéla à nous dans Last Request.

Sur Last Night In The Bittersweet, le côté crooner soul de Paolo Nutini prend très souvent le pas sur son appétence pour le rock. Through The Echoes le démontre formidablement. Morceau soul aux relents de 70’s estampillées Year Of The Cat d’Al Stewart, Through The Echoes s’est très tôt imposé comme la compo phare de cet album, d’une part pour avoir été dévoilée avant la parution et d’autre part parce que les paroles sont entêtantes et simples à retenir, tellement Paolo prononce de

« Through The Echoes. » Lose It, morceau monotone et il faut le dire quelque peu barbant à l’écoute, a largement été éclipsé par ce somptueux Through The Echoes et l’on ne saurait s’en plaindre.
Un versant soul qui se fait également jour dans les ballades Everywhere, Abigail ou encore Heart Filled Up sur lesquelles Paolo Nutini empreinte, volontairement ou non, des intonations à Nathaniel Rateliff de l’album And It’s Still Alright. Aux antipodes de Through The Echoes où le piano se taille la part du lion, Everywhere et Abigail (tout comme Writer et Heart Filled Up) font apparaître la guitare sèche, d’où une ambiance intimiste soul proche d’And It’s Still Alright.
On peut aussi déceler dans des compos telles qu’Abigail ou Heart Filled Up quelques influences Dylan, impulsées par la voix grave et chaleureuse de Paolo.

Last Night In The Bittersweet, ce sont aussi des morceaux plus cadencés, atteignant le rock à grosses guitares. On ne s’étendra pas sur Afterneath et Lose It qui, à cause de piètres performances vocales, présentent peu d’intérê t: Afterneath, introduction de cet album beaucoup trop longue, se résume à des cris d’orfraie qu’accompagne pourtant un bon solo de guitare et Lose It propose une voix grave de Paolo éructant dans un haut-parleur, à l’image d’un départ de navette spatiale. Lose It, au lieu de figurer sur ce LP de Paolo Nutini qui n’en avait nul besoin, devrait servir d’hymne officiel à la NASA!
En revanche Petrified In Love, Children Of The Stars mais aussi et surtout le grandiose Shine A Light offrent toutes les occasions de se faire plaisir, révélant toute l’impressionnante palette de talents du songwriter écossais. Paolo jongle avec aplomb entre rock et new wave, moments d’émotion et d’excitation jubilatoire mis en exergue par d’incroyables cris de rockeur/crooner.
Petrified In Love, Children Of The Stars et bien entendu Shine A Light donnent un véritable coup de boost à Last Night In The Bittersweet, pratiquement dédié aux ballades à sonorités soul (Through The Echoes, Everywhere, Abigail).
Shine A Light, à l’instar de Through The Echoes, est l’autre temps fort de l’album. Qui, en écoutant ce tube surpuissant, n’aurait pas envie de chanter « Shine A Light » avec Paolo en se dandinant comme un dératé, tant la musique est mouvementée. Et que dire de la voix de Paolo, si émouvante lorsqu’elle prononce les fameux trois mots « Shine A Light! » Comment ne pas avoir l’eau à la bouche en ayant déjà entendu Through The Echoes et Shine A Light! Qui ne s’est pas dit en son for intérieur : « qu’est-ce qui est arrivé à Paolo Nutini, il s’est surpassé, il va nous pondre un sacré album! »
Effectivement, Last Night In The Bittersweet répond à nos attentes et se montre à la hauteur des espérances, si l’on excepte les récalcitrants Afterneath et Lose It dont on se serait bien passé.
Retour gagnant de Paolo Nutini? On peut sans conteste l’affirmer, d’autant plus que l’on attendait pas l’Écossais à pareille fête! Huit ans de silence pour nous offrir un tel album, ça valait vraiment le coup de prendre patience! Chapeau Paolo!

Last Night In The Bittersweet : la révélation d’un crooner au talent vocal insoupçonné!

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