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Badly Drawn Boy, Banana skin shoes.

C’est le grand retour de l’anglais Damon Gough, autrement dit de Badly Drawn Boy. Le songwriter nous revient avec Banana skin shoes, son neuvième album.
Badly Drawn Boy a surtout sévi dans les années 2000 sur notamment The hour of bewilderbeast (2000) ou encore Have you fed the fish (2002).
Banana skin shoes, nouvel effort du britannique, se révèle être très éclectique car on passe, sans coup férir, de la bossa nova à une pop teintée de claviers.
Badly Drawn Boy semble avoir laissé de côté les compos indie folk qui ont pourtant fait son succès dans les années 2000 mais, très franchement, ce n’est pas pour nous déplaire.
Les quatorze morceaux composant Banana skin shoes nous gratifient d’une incroyable palette d’influences, de Declan McKenna à Beck en passant par Kevin Morby.

Bien que le LP commence poussivement avec le titre éponyme Banana skin shoes, le tir est vite rectifié. Is this a dream s’avère des plus trépidants tandisqu’I just wanna wish you happiness tend, par son rythme lent, à nous relaxer. Qu’ils sont fabuleux ces claviers, sans redondance aucune, faisant de cette ballade l’un des grands morceaux de l’album.
Parfum de bossa nova, surprenant chez Badly Drawn Boy, avec You and me against the world et Note to self où apparaissent qelques riffs de guitare sèche. A l’instar de Beck, le britannique s’invente sur ce nouvel album une réputation de bidouilleur patenté, effets vocaux et claviers sont là pour en attester. Beck n’aurait d’ailleurs sans doute pas renié les interprétations de Note to self ou encore de Colours.
Néanmoins, Badly drawn Boy garde son identité musicale sur le vivant I need someone to trust qui débute par un concert de cuivre, dynamisme contrastant avec le génial Funny time of the year, superbe ballade pour piano dans le pur style Badly Drawn Boy. La voix du britannique se montre toujours aussi grave et caressante, sans forcer sur les accents ni se donner un genre.
Les cuivres sont bien présents sur cet album, notamment dans Fly on the wall influencé disco et la ballade Never change.

Avec Banana skin shoes, tout le monde y trouvera son compte, Badly Drawn Boy ne pouvant difficilement faire plus varié d’une compo à l’autre. Ces quatorze morceaux nous réchauffent le cœur et nous rassurent, Dieu sait qu’en ce moment on en a grandement besoin !
Badly Drawn Boy n’avait rien produit depuis 2012 et on se demandait, à juste raison, s’il reviendrait un jour. Il a effectivement refait surface, contre toute attente il faut le dire, de la meilleur manière qui soit : en nous livrant un album somptueux, en donnant de sa personne sans compter son temps.
Banana skin shoes, on peut l’affirmer sans avoir peur des mots, est l’album avec un grand A de Badly Drawn Boy ! Cela vallait vraiment le coup de patienter huit ans !

Note de 9 sur 10.

Jean-Christophe Tannieres

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