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INTERVIEW : PUP

Copyright Photo : © 2019 SideOneDummy Records

Les Canadiens de PUP sont sans doute l’un des meilleurs groupes live au monde. Leurs concerts dégagent une énergie et une folie à nulle autre pareil. Depuis la sortie de « Morbid Stuff » ce printemps, le groupe a écumé les salles du monde entier. Rencontre à Paris avec leur guitariste Steve Sladkowski.

« Depuis les débuts du groupe vous avez toujours été amis. Comment avez-vous réussi à maintenir cette amitié en étant sans arrêt sur la route ? »
« Nous avons commencé à être plus vieux quand nous avons commencé à avoir un peu de succès. Ce peut être difficile d’être sur la route en permanence loin de ses familles, girl-friends, épouses. Lorsque nous sommes en tournée, nous respectons l’espace des uns et des autres. De retour à la maison, nous continuons de nous voir. Nous faisons des barbecues ensemble. »

«  Vous n’arrêtez jamais. On a l’impression que vous êtes toujours en tournée »
« C’est la seule façon pour nous de vivre. Nous ne passons pas à la radio. Mais j’aime bien le fait de travailler ainsi, de devoir bosser tous les jours. C’est comme si c’était un boulot de quelqu’un de la working-class et c’est sain. »

« Vous avez dit que vous ne pouvez pas vous plaindre de la vie que vous menez. »
« Complètement. Nous voyageons, jouons à Prague, à Paris et le public chante nos chansons. Comment pourrait-on se plaindre de cela ? »

« Mordib Stuff » votre dernier album est peut-être plus agressif au niveau du son que les deux premiers. »
« Notre chanteur s’exprime avec encore plus de liberté qu’avant. Mais même s’il y a un côté sombre chez nous, il y a aussi un côté joyeux dans notre musique. Nous ne sommes pas Nick Cave. Il n’y a qu’un Nick Cave. »

« Vous avez souffert de dépression, en avez parlé. C’est un sujet dont parlent de plus en plus de groupes. »
« C’est important d’en parler et surtout que ce ne soit pas tabou. Les gens créatifs évoquent souvent la dépression et peuvent atteindre le plus grand nombre de cette manière. Plus on en parlera, plus on obligera les gouvernements à aider les gens qui souffrent de dépression ou de maladies mentales. »

« La pochette montre la dépression d’une certaine façon. »
« Oui, d’une manière humoristique. Ce pourrait être sombre mais nous sommes également des gens joyeux. Il y a beaucoup d’ironie dans cette pochette. »

« Il y a des éléments pop dans votre musique. »
« Oui, nous aimons la pop. Les Buzzcocks, Clash étaient punks mais avec des éléments pop. »

« City » le morceau qui conclut le disque est différent du reste de l’album. »
« C’est un morceau qui est presque resté à l’état de squelette, on ne l’a pas développé. C’est comme une demo et ça va bien à cette chanson. »

« Vous avez crée votre label récemment. Vous allez signer des groupes ? »
« Oui, nous voulons sortir des albums mais aussi des livres, de la poésie. Nous serons distribués par Universal mais en étant totalement indépendants. Nous avons toujours cet esprit DIY qui était là à nos débuts. Aujourd’hui, nous sommes plus entourés qu’autrefois mais il n’y aura jamais un label qui nous dira quel ou quel morceau doit figurer sur nos disques. Nous continuons de tout décider nous mêmes.»

« Vous avez reçu de nombreuses récompenses au cours de votre carrière. C’est une fierté ? »
« C’est impossible de planifier cela. Avoir cela à l’esprit peut même être dangereux. C’est cool de recevoir des prix mais ce n’est pas le plus important. Cela dit, cela fait plaisir à mes parents ( rires). »

« L’album est sorti ce printemps. Comment tu le vois aujourd’hui avec du recul ? »
« Lorsque je joue des morceaux du dernier album sur scène, je me dis ah tiens j’ai joué le truc de cette façon, j’aurais pu le jouer ainsi. »

« Vous avez toujours la même envie lorsque vous montez sur scène ? »
« Totalement. Dès que nous montons sur scène même si nous sommes crevés, un truc se passe. L’énergie est là. C’est un sentiment totalement dingue. »

« Vous êtes toujours connectés avec ce qui se passe à Toronto ? »
« Moins que par le passé. D’une part parce que nous sommes sans arrêt en tournée mais aussi parce qu’il s’y passe moins de choses qu’autrefois. De nombreux clubs ont fermé. Mais on reste connecté avec les nouveaux groupes qui se forment. »

Interview et traduction par Pierre-Arnaud Jonard

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