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Beck, Hyperspace

Les derniers albums de Beck nous ont bien surpris, Hyperspace ne déroge pas à la règle. Avec ce nouvel et quatorzième opus, l’américain de quarante-neuf ans nous emmène sur un terrain où on ne l’attendait pas.
Un album placé sous le signe du son électro et des ambiances spatiales où la guitare, à l’inverse par exemple de Sea change (2002), se révèle pratiquement inexistante.
Hyperspace, à l’instar de Colors en 2017, a été produit par Greg Kurstin mais aussi, et c’est là la nouvelle grande surprise, par Pharrell Williams. A ce sujet, Beck s’est exprimé : « Pharrell et moi sommes amis depuis dix ans. Nous parlions de faire quelque chose ensemble depuis 2012 mais aux moments propices ça ne pouvait pas se faire. Soit c’est moi qui avait un empêchement, soit c’était Pharrell ». Eh bien voilà, c’est désormais fait, les deux amis se sont réunis pour un Lp de 11 morceaux, résultat bien au-delà de leurs espérances.
Pour l’enregistrement de certaines chansons, quelques personnalités sont venues prêter leurs voix en featuring avec Beck, c’est le cas de Chris Martin sur Stratosphere ou encore de la sud-africaine Sky Ferreira.
A l’écoute de ce Hyperspace, on effectue un voyage mais pas dans un pays lointain, plutôt sur une autre planète, voire même dans l’espace.
Unevantful days fait partie de ces morceaux qui, par le son électro des claviers, nous transportent sur une autre planète, voire dans l’espace.
Hyperspace, très court, nous offre la même impression de dépaysement.
En écoutant ce morceau, on ne sait plus qui l’on est et où l’on va, sur quelle planète on voyage.
Saw lightning sort de l’ordinaire, accordant une grande importance à la guitare et une ambiance country amérique profonde. Saw lightning se démarque ainsi des autres morceaux de cet album et aurait pu nous faire croire à un retour de Beck à ses premières amours qui furent la guitare et le rock, exemple Lost cause extrait de l’album Sea change.
Force est de constater que l’avenir ne nous a pas donné raison, notre bidouilleur de génie américain nous ayant pris à parfait contre-pied.
Hyperspace surprend autant qu’il ravit, désarçonne autant qu’il conquiert le cœur des fans du chanteur. Au cours des 11 morceaux qui composent ce disque, Beck tend à nous révéler sa part d’ombre, à dévoiler tous les mystères jusqu’à présent indicibles par les mots.
Certains journalistes de la presse spécialisée rock, en parlant de Beck, confirment ce propos : « Beck est taiseux, mystérieux. Il faut attendre ses albums pour qu’il ose enfin dévoiler sa personnalité pudique ».
Avec Hyperspace, Beck étanche encore davantage sa soif d’explorer de nouveaux horizons, prenant et assumant le risque de décevoir ses fans les plus inconditionnels. Certains s’en sont peut-être détourné, d’autres ont accepté de le suivre dans ses périgrinations à travers les différents sons, les diverses ambiances.

Hyperspace ne figurera sans doute pas parmi les albums de l’année mais une chose est d’ores et déjà sûre, il ne tombera pas dans l’anonymat.
Un album de Beck, qu’il soit rock ou électro, ne passe jamais inaperçu. Cependant, une question demeure encore en suspens : où sont les limites de Beck, jusqu’où va-t-il nous emmener ? On le saura peut-être dans son prochain album ! Toujours est-il qu’Hyperspace devrait, de façon certaine, nous faire passer d’agréables moments musicaux !

Chronique par Jean-Christophe Tannieres

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