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BRYAN’S MAGIC TEARS, 4 AM

Dernière sortie en date de chez Born Bad, 4 AM vient sévèrement bousculer la sphère de l’indie rock français à l’aube des fêtes. De fêtes, il en est plus ou moins question sur ce second disque de Bryan’s Magic Tears. Des fêtes passées et révolues qu’il fait bon se souvenir mais qui peinent à nous séparer d’une inéluctable nostalgie.

 

Il y a deux ans, à pareille époque, Bryan’s Magic Tears sortait un premier disque sur XVIII Records. Clairement inspiré des sonorités lo-fi qui ont pu fleurir dans les 90’s du côté de Sebadoh ou encore Pavement, le quintet de la capitale commençait tout doucement à se faire un nom dans le paysage du rock indépendant hexagonal. Composé de membres ou ex-membres de Dame Blanche, La Secte Du Futur et Marietta, la bande distille toujours une pop noisy qui emprunte des motifs aussi bien au rock amer de Dinosaur Jr. qu’à la shoegaze légère de Galaxie 500. Et ce n’est pas 4 AM, belle surprise de cette fin d’année, qui viendra contredire cette tendance.

L’album démarre avec Ghetto Blaster, un titre accrocheur dévoilé quelques jours avant la sortie du disque. Dés les premiers sons, on prend pleinement conscience du voyage auquel nous allons prendre part. Sur une batterie « éclatante » viennent se greffer des guitares enveloppantes accompagnées d’une voix embrumée qui n’est pas sans rappeler celle de l’inévitable leader des Smashing Pumpkins, Billy Corgan. On est en présence d’un produit pleinement inspiré du shoegazing de The Pains of Being Pure at Heart, Wild Nothing ou des vétérans de My Bloody Valentine, Slowdive et Drop Nineteens. La suite sera du même acabit et nous plongera une vingtaine d’années en arrière, du temps où des formations comme Grandaddy ou Sparklehorse vivaient leurs heures de gloire. Les morceaux jonchant la galette sont relativement longs (plus de cinq minutes pour la plupart), permettant ainsi d’installer une atmosphère cotonneuse et paradoxalement rageuse dont il est difficile de s’extirper. Des ambiances musicales que l’on aurait très bien pu rencontrer dans une oeuvre de Gregg Araki, Mysterious Skin en tête. On retrouve aussi sur Lilac Tree quelques relents de la signature vocale plaintive de Jay Mascis alors que Marry Merappelle sans mal la perle new-yorkaise et injustement méconnu peaerdu groupe du même nom. Au milieu de 4 AMse dresse Change, morceau de bravoure de plus de huit minutes que n’aurait pas renié Deerhunter ou même Sonic Youth. Et quelques minutes plus tard, dans un tourbillon mélancolique, Slamino Dayfinit de nous achever avec ses guitares déchirantes. Le sommet d’un album conclut parfaitement par la balade aérienne Oscillo Trail.

 

Même si ces quelques lignes s’échinent à citer énormément d’influences, la musique de Bryan’s Magic Tears demeure bel et bien singulière carremplie d’une honnêteté sans borne. Rendant fièrement hommage à ses ainés, le groupe conserve une identité forte en ajoutant un supplément d’âme non négligeable dans chacune de ses compositions. La nostalgie épouse la mélancolie et on succombe sans difficultés à ce mariage légitime. Avec ce deuxième album juste et sincère, le quintet parisien exploite pleinement son potentiel et livre un opus frisant la perfection.

-Hugo COUILLARD

(Bryan’s Magic Tears, Slamino days)

 

Artiste : Bryan’s Magic Tears

Album : 4 AM

Label : Born Bad Records

Date de sortie : 07/12/2018

Genre : Rock indé

Catégorie : Album rock

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