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FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES + KING NUN, le mardi 19 mars 2019, La Poudrière, Belfort (90)

Poudrière – Frank Carter & The Rattlesnakes

Ils avaient promis de revenir et c’est désormais chose faite ! Neuf mois après le dernier passage de Frank Carter & the Rattlesnakes à Belfort, les voilà déjà de retour en ce début d’année 2019. Leur dernier passage avait été moins électrique, faute d’un batteur blessé, et c’est cette fois avec la formation au grand complet que les Britanniques investissent la Poudrière de Belfort pour notre plus grand bonheur. Accompagnés par les jeunes King Nun, la soirée s’annonçait mémorable.

 

Les jeunes Londoniens de King Nun entrent en scène à 21h pétantes, et nous délivrent un garage rock brut des plus efficaces pour débuter la soirée. L’ambiance se réchauffe progressivement, le public se fait quelque peu désirer et ce n’est pas avant la moitié du set que les premiers rangs commencent à se dandiner et à se manifester auprès des musiciens.

King Nun est certes une formation composée de 4 membres qui semblent assez jeunes, mais ce n’est pas pour autant qu’ils ne savent pas y faire ! Leurs influences sont riches et variées. Les morceaux proposés se rapprochent des premiers albums de Cage the Elephant, avec cette ambiance un peu barrée, très agréable. Le set est carré et les musiciens sont enthousiastes. Le chanteur, Theo, descend dans la foule à plusieurs reprises pour chanter au contact des gens.

Pour autant, ce n’est qu’après 25 petites minutes et huit chansons que le combo quitte la scène sous les applaudissements d’un public ayant passé un agréable moment. King Nun était la première partie idéale pour chauffer le public de Frank Carter, proposant un set efficace et ni trop long ni trop court.

 

Nous sommes à deux mois de la sortie du troisième album de Frank Carter & the Rattlesnakes, End of Suffering, et pour l’heure, uniquement le premier extrait Crowbar a été dévoilé. Cela n’arrête pas les Britanniques, qui proposent une mini-tournée dans des clubs pour dévoiler quelques extraits de ce nouvel opus.

C’est avec un plaisir non dissimulé que le public s’approche de la scène lorsque les lumières de la salle s’éteignent, laissant la place à l’introduction du fameux Crowbar. Les Rattlesnakes entrent en scène, suivi de près par Frank Carter, tout le monde semble en pleine forme, le concert peut enfin commencer. Wild Flowers enchaîne après Crowbar, et le bordel peut commencer pour ne jamais s’arrêter. Des premiers rangs aux trois quarts de la salle, tout le monde danse, saute, chante et crie, ça pogote à droite, ça pogote à gauche, Frank Carter vient marcher sur les têtes des gens : une soirée tout à fait normale, en soit. Le chanteur charismatique descend dans la foule, lance un pogo, monte sur les gens et tente même un poirier, tandis que les musiciens sur scène l’observent en rigolant.

Tout le monde semble passer un excellent moment, dans la joie et la bonne humeur, empli de bienveillance. Car s’il y a bien un terme qui peut qualifier les concerts de Frank Carter, c’est la bienveillance, comme il l’indiquera quelques morceaux plus tard. En effet, le frontman proposera lors d’un nouveau morceau (“Heartbreak“) de faire monter la gente féminine sur scène avant de leur indiquer d’en descendre en stage dive, se laissant porter au gré de la foule : tout cela bien entendu, en toute bienveillance, dans un espace sécurisé, et avec la certitude que si l’un des hommes dans la salle a un geste déplacé envers l’une des slameuses, c’est Frank Carter himself qui viendra s’occuper de son cas.

Mais pour l’heure, il est temps de découvrir de nouveaux morceaux : ils seront au total de quatre ce soir. Crowbar bien entendu, qui a ouvert le bal, puis Tyrant Lizard King, où la guitare de Dean Richardson vrombit. Heartbreaker voit la montée sur scène de l’audience féminine, avant le traditionnel moment particulièrement touchant où Frank Carter nous parle de l’importance de l’instant présent ainsi que des problèmes d’anxiété et de dépression qu’il a pu avoir par le passé, afin d’introduire un des nouveaux titres, Anxiety. Quelques instants plus tard, c’est au tour de son adorable fille d’être mentionnée, à qui il dédie Lullaby (évidemment), n’omettant pas la petite anecdote à son propos concernant le fait qu’il n’ose plus la laisser à la garderie car elle apprend aux autres enfants à stage dive. Frank Carter est incroyable d’anecdotes, et d’une sensibilité tellement touchante et humaine. C’est toujours un réel plaisir que d’assister à l’un de ces concerts.

Après plusieurs improvisations, notamment le souhait du batteur de jouer Paradise alors qu’il n’était pas indiqué sur la setlist ou encore quelques modifications de passage de l’ordre des titres prévus, le final du spectacle se fait sur l’enchaînement Juggernaut/ Fangs puis le très réputé I Hate You pour conclure, repris en choeur par l’audience au grand complet.

Frank Carter & the Rattlesnakes nous démontrent une fois de plus que l’on peut compter sur eux pour assurer le show, quoi qu’il advienne. Au bout d’une heure trente de concert, c’est avec beaucoup de fatigue et de sueur que nous quittons les lieux, sous l’oeil avisé du Lion de Belfort surplombant la superbe salle à l’excellente acoustique, la Poudrière.

Texte: Marion ARNAL

Crédit photos: Benoît GILBERT

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