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THE SHINS, Heartworms

Pour le vingtième anniversaire de leur formation, les Américains nous délivrent un cinquième album avec leur génial leader James Mercer, tout jeune quadragénaire qui depuis son home studio retranché à Portland nous livre un bel album de pop moderne, élégante et sophistiquée.

Single sorti au mois de janvier, Name for you permet de voir que la magie du groupe fonctionne toujours, avec un refrain flamboyant et entêtant où James Mercer est toujours aussi à l’aise dans les aigus (titre qui évoque Broken Bells, le groupe qu’il a constitué avec Brian Burton il y a quelques années). Painting a Hole est un titre assez étrange pour ne pas dire burlesque écrit il y a plusieurs années (le chanteur se trouvait à Hawaï, là où il est né), donnant une atmosphère proche de film d’horreur, avec une batterie qui termine le morceau en lieu et place de la guitare. Cherry Hearts laisse la place à de joyeux effets spéciaux (encore cette influence Broken Bells, avec parfois l’ombre de Beck), le tout dans un ensemble bien sophistiqué et d’une grande finesse.

Fantasy island est un morceau de toute beauté et de haute volée, aux sonorités ambitieuses, avec un final à nouveau tout en batterie, sans aucun doute un des points de (déjà) non retour atteint sur et album, qui évoque la magie paroxysmique atteinte il y a 10 ans sur leur chef d’œuvre Wincing the night away.

Mildenhall se présente comme une merveille de ballade dépouillée à la guitare folk, l’occasion pour le chanteur (jeune père de famille) de se souvenir de sa jeunesse anglaise, l’ennui, le sport, les premières notes de la guitare, et le fait de l’entendre prononcer le nom du groupe culte The Jesus & Mary Chain permet de comprendre à quel point la musique a compté pour lui dès son adolescence.  

Dead Alive (single sorti à l’automne dernier) avait déjà permis de mesurer la qualité dans la production de ce groupe, avec à nouveau l’emploi de synthés vintage, aboutissant à un résultat des plus probants, à l’instar de Heartworms, chanson-titre de l’album, qui rappelle ce que faisait le groupe à ses débuts, en rappelant aussi l’artiste Jude (époque King of Yesterday) entre influences rétro et avec des chœurs magnifiques en fin de titres. So now what est quant à lui synonyme d’élégance, par une orchestration plus poussée encore la voix de James qui n’a peut être jamais été aussi belle (avec des paroles à nouveau remplies de mélancolie et de vulnérabilité). Quant à la chanson finale The Fear, peut être composée en écoutant Radiohead, elle fonctionne par petites vagues apaisantes, entrecoupées de paroles traitant tantôt de la nostalgie (lorsqu’il chante « Passed another pointless year »), l’angoisse (« while his freedom rings », voir autocritique (« what took me this long »), le chanteur se livre à nouveau ici pleinement (c’est le titre le plus long de l’album), avec des cordes et une ambiance musicale entre l’esprit celte et far west pour l’harmonica.

Au final, le groupe réussit son pari d’un retour avec des nouveautés sonores et l’art de rendre la mélancolie joyeuse ou traiter de l’ennui avec de véritables joyaux musicaux. Avec The Shins, c’est toujours la musique qui brille.

 

  • Julien Lagalice

Artiste : The Shins

Album : Heartworms

Label / Distribution : Columbia Records

Date de sortie : 10 mars 2017

Genre : indie rock

Catégorie : Album rock

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