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H-BURNS, Kid we own the Summer

Deux ans après Night Moves, retour de Renaud Brustlein et de ses musiciens pour le déjà sixième album du plus américain des groupes français, toujours sous la houlette du légendaire producteur Rob Schnapf (Beck, Elliott Smith ou The Wines), pour parler d’amour autour de de belles ambiances mélancoliques.

 

« L’homme ne peut pas vivre sans feu, et l’on ne fait pas de feu sans brûler quelque chose » écrivait René Daumal (1908-1944) dans son roman Le mont analogue. Force est de constater qu’il en est de même des amateurs de folk vis à vis du groupe H-Burns depuis une dizaine d’année, tant ce dernier a réussi à s’imposer dans le paysage musical hexagonal avec son style tout en sensibilité, à l’instar du magnifique We could be strangers par lequel débute l’écoute, superbe composition très atmosphérique qu’on imagine bien dans une BO d’un film de Lynch. I wasn’t trying to be your man, avec batterie précise et rapide (une des marques de fabrique du groupe) est une invitation à parler d’amour plus ou moins fantasmé dans un cadre intimiste (celui d’un home studio) et de rendez vous ratés. This kind of fire confirme le savoir faire du groupe dans cette la composition, avec le fantôme de leur passé californien (avec une voix énergique qui par moment rappelle celle de Springsteen), et kid we own the summer, la chanson titre de l’album, ressemble lui à un bel hommage au regretté Elliot Smith, avec piano et violon apportant émotion et douceur, et des chœurs renforcés par la présence d’Alma Forrer (qui interprète aussi avec beaucoup de justesse ses sentiments, injustices et choses du quotidien).

Naked est le titre condensant (peut être) le mieux le style propre d’H-Burns et une des plus belles réussites de l’album, avec guitare rugissante et cette batterie toujours aussi indispensable (le clip lui aussi est incroyable, avec un parfait sosie d’Elvis Presley déambulant et dansant sans une fête foraine : à ne pas rater !). Cette batterie arrivant à pas feutré et tardivement rappelle The National (sur l’album Boxer), et notamment le titre Bainy. Passé ce morceau de bravoure, nous arrivons peut être avec la seconde partie de l’album à une possible contradiction : les morceaux apparaissent comme parfois ardus à dissocier les uns des autres (Turn of the party lights, ou I said in troubled waters faisant écho aux titres de la première partie). Mais plutôt que d’y voir une forme de facilité (l’album dure à peine 38 minutes, certes, mais les morceaux sont tous de qualité), il faut souligner davantage la cohérence de cet opus en lien avec l’univers musical du groupe, et peut être la volonté de développer ce concept sur l’ensemble des compositions ; il suffit d’écouter Minor Days (autre grand titre du disque) invitant à une fuite en avant pour à nouveau nous laisser transporter dans cette sensation de vertige. Au final, un bon album très bien réalisé, aux sonorités riches et ambitieuses : avec H-Burns, la flamme de la mélancolie douce continue de brûler.

 

  • Julien Lagalice

Artiste : H-Burns

Album : Kid We Own The Summer

Label / Distribution : Because Music

Date de sortie : 03/02/2017

Genre : indie rock

Catégorie : Album rock

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