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RED FANG, Only Ghosts

Trois ans après Whales and Leeches, Red Fang revient cette année avec Only Ghosts, signé à nouveau auprès du label américain Relapse Records. Presque constamment en tournée, le groupe stoner de Portland est heureux de présenter cet album auquel ils ont pu accorder plus de temps. Un opus fidèle à leurs principes : énergique et décomplexé.

 

Grand fan du premier album éponyme que j’avais écouté en boucle jusqu’à n’en plus pouvoir, Murder the Mountains m’avait laissé un bon souvenir tandis que Whales and Leeches ne m’avait pas spécialement marqué malgré l’accueil qu’il avait reçu. C’est donc avec une certaine excitation mais aussi un peu de recul que j’avais envisagé la sortie d’Only Ghosts.

Mêlant stoner, sludge et punk hardcore, Red Fang s’imprègne de la culture extrêmement diversifiée de leur ville d’origine et touche un public qui lui-même évolue dans l’éclectisme. Un amateur de musique rock, quelque soit le sous-genre, pourra toujours trouver un point d’accroche dans leurs morceaux.

Only Ghosts suit la même trame que les précédentes productions en faisant cohabiter des riffs agressifs au sein d’une ambiance grasse, un poil alcoolisée. Le groupe lui-même l’affirme, leur « Heavy Rock » comme ils le décrivent, échappe à toute tentative de formule pré-construite à l’avance. Il n’y a pas un genre véritablement défini, si ça plaît tant mieux, si ça ne plaît pas tant pis. L’important c’est qu’on s’éclate !

 

L’album débute violemment avec Flies où se glissent des riffs rapides et entraînants sur lesquels la voix grasse de Bryan Giles et celle beaucoup plus claire d’Aarom Beams alternent successivement.

Cut It Short s’enchaîne en nous rappelant d’une certaine manière le morceau Good To Die provenant du premier opus. Si Aaron Beams assure ici aussi le chant dans son intégralité, on retrouve également une composition similaire, illustrée par une répétition de couplets aux allures heavy metal qui finissent toujours par aboutir au même refrain explosif.  

Flames fait retomber la tension en proposant un break instrumental rempli de distorsions pour ensuite rebondir sur No Air où Bryan Giles reprend le micro. Il faudra attendre le morceau Shadows pour retrouver la brutalité de Red Fang. Si le groupe cherche à se dégager d’un genre en particulier, c’est peut-être justement la pluralité de ces mêmes influences constamment reprises qui façonne leur style.

On arrive très vite au morceau The Smell of the Sound où le groupe affiche clairement sa facette stoner qui nous fait basculer du headbang déchaîné à des mouvements plus ralentis. S’y ajoutent des sons électroniques à tendance doom qui assombrissent l’atmosphère. Le morceau se coupe brutalement pour renchérir sur The Deep ou Red Fang reprend ses armes habituelles, aiguisées au moyen de rythmes plus agités et provocateurs.

Living Lye clôture cet album en nous faisant suer sauvagement pour se terminer progressivement par un solo longuement planant qui cherche presque à immortaliser la fin de cet opus.  

 

Si Red Fang fait toujours preuve d’efficacité et d’authenticité, on est peut-être un peu déçu par l’effet redondant dû à une construction musicale jamais vraiment revisitée. Même si on apprécie toujours l’ambiance détonante qui se dégage du groupe, on a du mal à détacher un titre d’un autre, l’un faisant toujours référence à un précédent morceau.

  • Mickaël

 

Artiste : Red Fang

Album : Only Ghosts

Label / Distribution : Relapse Records

Date de sortie : 13 juillet 2016

Genre : Sludge / Stoner rock

Catégorie : Album Rock

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