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NADA SURF + ARMAN MELIES, jeudi 14 avril, La Laiterie, Strasbourg (67)

En ce 14 avril, direction le concert de Nada Surf et Arman Melies à La Laiterie. La soirée n’affichait pas complet, mais on ne doit pas en être loin, car la salle est bien remplie. Le public présent est assez jeune, surprenant au regard des 20 ans de carrière de la formation.

On commence avec le français Arman Melies dont les talents de compositeur lui ont permis de collaborer avec des artistes comme Hubert Felix Thiefaine, Julien Doré ou encore Bashung. Arman, qui entre sur scène avec un timide bonsoir, est accompagné d’un batteur qui fait également les choeurs. Ce duo nous propose un rock rugueux, accompagné de clavier très new wave. Les paroles sont en français ce qui devient assez rare. Notre chanteur compositeur se donne tant qu’il peut malgré le peu d’espace disponible sur la scène. Le public est plutôt réceptif à cette belle énergie. Le duo utilise des samplers et sait ne pas en abuser. L’inconvénient de ce système est l’impossibilité d’y réaliser des improvisations. Ce qui devait arriver arriva, le batteur ne démarrant pas sur la bonne boucle, et annonçant tout sourire « c’est ma faute », obligeant nos musiciens à reprendre le morceau, sans toutefois être déstabilisés.

Le temps de mettre en place le matériel et de faire les balances et voilà Nada Surf sous les applaudissements du public. Chacun des membres amenant avec lui sa petite boisson. Le groupe débute tout de suite avec Cold To See Clear. Chanson au début doux, puis entraînant, la voix haute perchée de Matthew sur les couplets, un choix judicieux pour se mettre dans le bain. Esthétique simple, ambiance bleu pour le décors. Matthew Caws nous annonçant ensuite que seront joués des nouveaux morceaux, des anciens et des encore plus anciens. Et quelle justesse dans la voix sur tous les titres du concert. Claire, maîtrisée, réconfortante sur des morceaux balayant plusieurs albums, de Lucky au nouveau en passant par Let Go ou The Proximity effects. Sélection plutôt bien dosée et générosité dans la durée, le groupe nous satisfera de 1h45 de show. Tout au long de la soirée, Matthew et Daniel s’adresseront en français au public, nous expliquant que cela est du au fait qu’ils ont étudié au lycée français de New York. Une anecdote du bassiste nous apprendra d’ailleurs que suite à un précédent passage à la Laiterie, une personne les découvrant leur reprochera après le concert de chanter en anglais, n’imaginant pas qu’ils soient américains.

Viennent ensuite des morceaux issus de Lucky. Le groupe a une belle présence. Le bassiste faisant régulièrement flotter son instrument tandis que Matthew s’agite à la guitare. Le second guitariste est plus effacé, ce qui nous sera expliqué par le fait qu’il n’a rejoint le groupe que plus récemment. L’intégration de ce guitariste est incontestablement un vrai plus, tant par ses solos de guitare sur les nouveaux titres, qu’une richesse musicale et une consistance sur les anciens. Malgré des paroles peu connues du public, celui-ci est conquis. Est ensuite joué Believe Your Mind, le premier single du nouvel album qui rappel le côté indie de Nada Surf, sur lequel se pose la voix si reconnaissable de Matthew, qui est leur style le plus connu. En réalité la plupart des morceaux sont bien plus rock que cette pop envoûtante.

Les titres issus du dernier album, You Know Who You Are, s’intègrent parfaitement en live, que ce soit Animal, aux sonorité country, New Bird, porté par une basse puissante de daniel, ou la belle ballade Friend Hospital, merveille de ce dernier album, sublimée par le solo de guitare de Doug et définitivement indispensable dans le groupe.

Nouvelle anecdote sur leurs nombreux passages à La Laiterie qui sait les accueillir y compris lors de passage imprévus alors qu’ils ne viennent pas pour y jouer. Le groupe déroule, toujours avec la même fougue. D’anciens morceaux comme Happy Kid sont joués dans un style bien plus rapide et plus rock que sur l’album. Il en est de même pour Do It Again, morceau sur lequel la basse sera très présente et dont les paroles sont plus connues du public.

La fin de cet première partie de set de 19 chansons se conclu par See These Bones, un morceau plus calme. Le quatuor quitte alors la scène, Daniel, le bassiste aux dreadlocks balançant son instrument.

Quelques minutes d’absence durant lesquelles le public réclame le groupe de façon très bruyant et revoici nos new-yorkais pour un rappel très rock qui enflammera le public. Avec tout d’abord Hyperspace puis les incontournables Popular et Always Love repris par un public surexcité. Blankest Year et ses “fuck it” eux aussi repris par le public termineront la soirée avant que le groupe ne s’éclipse en saluant.

La foule quitte alors la salle, laissant les techniciens démonter le matériel. Le hall se vide petit à petit quand, après quelques minutes, des cris se font entendre. Une vague se dirige alors à nouveau vers la grande salle. Le groupe y est de retour pour un dernier morceau acoustique en toute intimité et non amplifié, avant de quitter une nouvelle fois la scène pour rejoindre le public dans le hall.

Un très bon concert des new-yorkais de Nada Surf qui savent électriser le public avec des morceaux bien plus rock que l’indie-pop qu’on leur connaît. C’est vraiment très agréable de voir un groupe qui communie autant avec son public en partageant de nombreuses anecdotes, qui plus est en français.

 

-Julien

 

Crédits photos : Eric

NB : Etant donné que notre chroniqueur devant couvrir le concert à Besançon était malade, nous vous proposons ce live-report de Strasbourg, illustré par des photos prises à La Rodia.

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