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DÉTONATION FESTIVAL, vendredi 28 septembre 2018, La Friche Artistique, Besançon (25)

Il est 19h lorsque nous arrivons sur le site de la friche à Besançon pour cette deuxième journée de festival. Au programme aujourd’hui : du hip-hop, de l’electro pop et une petite touche de garage rock pour bien digérer le tout.

Nous décidons dans un premier temps de faire un tour sur le site du festival afin de voir les différents aménagements proposés cette année : la petite scène située à côté de la grande scène (baptisée cette année la Kool Scène) est désormais parée d’une véritable infrastructure. La décoration, tout en simplicité, est très lumineuse, en témoigne le logo “DÉTONATION” désormais affiché en grand sur la friche, clignotant de couleurs à la nuit tombée. Mais pas le temps de tergiverser, les locaux Holy Two entrent en scène…

Leur premier album est paru depuis quatre petits mois, c’est donc avec un grand plaisir que l’on accueille Elodie, Hadrien et Rémi, tout de blanc vêtus, sur la scène Étincelle, faisant face à la Citadelle de Besançon.

Les morceaux de Invisible Matters sont en nombre ce soir, même si ne sont pas oubliés les morceaux des premiers EP du groupe. Le groupe distille une pop électronique percutante, la voix profonde d’Elodie nous enchante et nous entraîne dans leur univers. Très vite, une grande complicité s’installe entre les musiciens et leur public. Les beats sont entraînants, la voix est puissante, les instrumentales ainsi liées au chant sont envoûtantes. Face It, Misunderstood, Undercover Girls, Festin, When you fall… Le dernier album est représenté en nombre face à un public réceptif composé d’admirateurs du groupe et de curieux. Holy Two ouvre avec beaucoup d’élégance cette seconde journée de festival, mais il est maintenant temps de nous diriger vers la grande scène investie par les papas du rock de Svinkels pour tout casser.

 

Nous avons appris dans la journée que DJ Pone, qui aurait dû accompagner Svinkels sur scène accueillait un heureux événement dans sa vie, et était donc remplacé par DJ Weedim pour la soirée. Dans l’assistance, un public très diversifié attend patiemment que les MC débarquent sur scène et c’est à 20h30 pétantes que tout ce petit monde fait son arrivée sur la grande scène du festival, sur le morceau ça recommence.

Les instru sont lourdes et les rappeurs sont en grande forme, le public est très réactif et participe au concert tout autant que les artistes sur scène, ça pogote dans tous les sens, c’est la folie. On a tout de même une petite pensée pour DJ Pone ainsi que pour Weedim qui enchaînera de suite sur son set avec Biffty quelques mètres plus loin. En bref, un grand moment pour les personnes ayant connu Svinkels dans leurs jeunes années, et un grand moment de découverte pour les plus curieux d’entre nous.

 

La scène Étincelle accueille ensuite Kaviar Special, un groupe aux influences garage rock qui nous ramène tout droit dans les années 90. Les riffs se font entraînants, les guitares se répondent, on balancera même la tête à de nombreuses reprises, tandis que les refrains peuvent être repris en choeur par une foule massée en nombre dos à la Citadelle. Kaviar Special propose ce soir un set simple mais efficace, on apprécie la justesse des musiciens et la proximité avec le public.

Pendant ce temps, M.I.L.K délivre une electro pop envoûtante sur la Kool Scène. Le jeune danois propose une pop acidulée, ensoleillée et colorée sur fond de beats rythmés. Son dernier opus a été composé en collaboration avec Benjamin Biolay, rien que ça. Les mélodies déstructurées apportent une fraîcheur à un genre trop souvent sous-estimé. M.I.L.K est un ovni venu du futur pour nous divertir, et ça fonctionne plutôt pas trop mal. A suivre de très près !

On se décale désormais de quelques mètres afin d’assister sur la grande scène à une des prestations les plus attendues de la soirée. Nous les avons croisé au plateau radio quelques heures auparavant et ils nous avaient confié être en gueule de bois : cela promettait pour le concert.

Les musiciens de Therapie TAXI entrent en scène devant une foule compacte massée en nombre devant la Grande scène. Les parisiens délivrent une pop thrash, des “hits sales” comme ils aiment le dire. Les mélodies sont déstructurées, les paroles sont désabusées. Au chant, Adélaïde et Raphaël se répondent de manière assez naturelle, désinvolte et spontanée. Il est vrai que l’ambiance est survoltée, le public est à fond, les pogos se font de plus en plus récurrents et Raphaël se pavane devant des jeunes filles lui criant tout leur amour. Les morceaux de leur premier album Hit Sale sont représentés en nombre : Cadence, PVP, j’en ai marre, Coma idyllique…

L’ambiance change avec Superstar, Cri des loups rend le public hystérique puis le moment sympa de la soirée arrive avec la montée sur scène d’une personne du public pour interpréter le couplet de Romeo Elvis sur Hit Sale. On passe un agréable moment, avant le final sur Salop(e) qui nous décontenance un peu. Très vite, on se dirige vers la Kool Scène pour assister à la prestation de Grand Singe.

Tout de masques vêtus, les grands singes locaux font une entrée remarquée sur le festival et délivrent un hip hop singesque. Une prestation haute en couleurs proposée par des acteurs locaux de la scène musicale bisontine bien cachés et presque anonymes sous leurs costumes de singes.

En parallèle, Kazy Lambist propose sur la scène Étincelle une prestation électronique et colorée, pendant une heure de temps, face à un public assez conséquent venu admirer le nouveau phénomène français de la scène électronique.

Plus tard dans la soirée, c’est le duo de rappeurs belges Caballero et Jeanjass qui investissent la grande scène, pour le plus grand bonheur des jeunes présents ce vendredi soir. Un peu dépassés par la tournure de la soirée axée “jeunes phénomènes pour les jeunes”, nous nous dirigeons vers la friche qui accueille le pilier de l’électro, Arnaud Rebotini. Il a récemment composé la bande originale du film 120 battements par minute, sans compter qu’il est un leader en matière de musique électronique en France. C’est donc avec une petite émotion que l’on assiste à une partie de son set ce soir à Besançon. Pourtant, l’heure tourne et nous avons rendez-vous avec Tshegue sur la scène Étincelle.

Le duo afropunk qui fait sensation en ce moment nous présente une prestation extrêmement rythmée, colorée, lumineuse et intéressante à tout point de vue. On apprécie tout particulièrement la créativité et l’originalité de la proposition musicale présentée par le duo formé à Paris. On passe un excellent moment et la soirée se termine pour nous sur ces rythmes endiablés.

Cette deuxième soirée était axée sur des artistes “familiaux” attirant un public plus diversifié que la veille, mais encore assez jeune. Demain sera un autre jour, avec une programmation proposant des artistes attirant un tout autre public.

 

  • Marion ARNAL
  • Photos : Eric TALFER
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