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THE CORAL, Distance Inbetween

Pour le moins discrets ces dernières années, exception faite du brillant The Curse of Love, autrefois refuser par Sony, puis exhumer en 2014, The Coral est enfin sorti de sa station balnéaire de la banlieue de Liverpool, avec dans leur sac de plage ce surprenant, et excellent Distance Inbetween. Un retour aux sources du psycho-rock animal et raffiné… Bienvenu !

Créateurs émérites d’envolées pop-rock audacieuses et polymorphes qui furent longtemps leur marque de fabrique, les (autres) ptits gars de (presque) Liverpool nous décochent une mitraillade de titres relevés qui sort quelque peu des clous de leurs habitudes.
Entre leur premier EP et ce 8e album studio, 15 années ont coulé le long du Mersey, durant lesquelles James Skelly et ses camarades ont écumé la plupart des villes de la planète, inondant au passage les charts british d’une ribambelle de mélodies plus ou moins sauvages ou heureuses, selon l’époque, et souvent fort bien senties. Une carrière ponctuée de quelques sommets comme l’inoubliable Roots & Echoes pour n’en citer qu’un.
15 ans ont donc passé, les post-ados rebelles sont (normalement) devenus matures, et si la fougue candide des débuts s’est nettement dissipée, l’expérience acquise se révèle encore brillamment dans ce dernier album.
Une ouverture foncièrement rock-psyché donne le « la »de ce nouvel opus (Connector). Riff urgent, ambiance un peu dark, l’entrée est remarquable, autant par son classicisme que par cette rythmique répétitive et entêtante. Et vous avez là le schema dominant de cet album, notamment réitéré dans les deux morceaux suivants, White Bird et Chasing the Tail of the Dream. Un parti pris rythmique évident, soutenu par des guitares multi-effets, des claviers caverneux seventies, traversé de vocaux parfois diaphanes, voilà la base de quasi l’ensemble de ces nouvelles compositions. Mais il serai bien réducteur de se contenter de cette approche, certes charmante mais pas foncièrement novatrice, sans noter les quelques réminiscences pop, lumineuses, voire sophistiquées, comme les exquis It’s You, genre de rythm’n’blues clair-obscur, et dans un registre un peu différend, Miss Fortune qui n’est pas sans rappeler vaguement les Ultravox de Rage in Eden version cordes électriques et vitaminées.
Incontestablement, les Coral ont leur patte bien à eux, et beaucoup de talent. On n’en doutait pas.
Quelques autres inspirations de cet album promettent des versions live sans doute intéressantes comme le glam Holy Révélation ou le plus Hendrixien psychotique Fear Machine.
Sans être révolutionnaire, Distance Inbetween à du corps et sonne juste, oscillant avec aisance aux frontières du rock garage et de la pop, dans un répertoire ou on ne les attendait pas forcément. Un plaisir de très bon augure en définitive…

-Peterpop

Artiste : The Coral

Album : Distance Inbetween

Label/Distribution : Ignition Records Ltd/PIAS

Date de sortie : 04/03/2016

Genre : Rock Indie/Pop/Psyché

Catégorie : Album Rock

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