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INTERVIEW : CARPENTER BRUT

De la violence et de la dérision, de la tension et de la pesanteur. Sans lever le mystère de l’anonymat, on peut vous dire que Carpenter Brut est au départ le projet d’une personne, Franck, qui s’entoure pour le live d’un batteur, Florent et d’un guitariste, Adrien. Et que ce mélange ne passe pour rien en fin de soirée, vu les ravages qu’ils causent. Entretien à prendre au 666ème degré.

Carpenter Brut fait immédiatement penser à des images de films d’horreurs. C’est halloween aujourd’hui. Ça représente quoi, pour vous, halloween ?

Franck : Pas grand chose. Un prétexte. Une fête commerciale importée des Etats-Unis pour nous vendre de la merde. On s’en fout. Les enfants se déguisent. Mais les décos d’halloween sont plus funs que les décos de noël.

Comme vous êtes les trois, pouvez-vous vous présenter tour à tour ?

Adrien : Je suis guitariste en live pour Carpenter Brut. J’ai une autre formation à côté, Hacride, et j’enregistre aussi pour d’autres groupes.

Florent : Je suis batteur dans Carpenter et aussi pour Hacride et Klone, du métal progressif, ainsi que Step In Fluide et j’enregistre aussi en session pour d’autres groupes.

Franck : Et moi je ne dirai rien.

C’est la première fois que Carpenter Brut, Perturbator et Dan Terminus sont réunis. Qu’est ce que ça représente pour vous ?

Franck : C’est une première dans un mouvement qui est assez récent sans l’être vraiment, on s’inspire de musiques qui ont trente ans, on n’a rien inventé. Je ne sais pas si cette date rentrera dans l’histoire mais elle a le mérite d’exister. Et pour une fois qu’un évenement ne part pas de Paris !

Et une collaboration Perturbator, Dan Terminus et Carpenter Brut c’est envisageable ?

Franck : Alors Dan Terminus, non. Je ne l’apprécie pas et il le sait. Non, sans rire, ce n’est pas évident. J’avais fait un featuring sur un morceau de Perturbator. Quand tu composes, tu es tout seul et c’est dur de s’imaginer laisser de la place à un autre artiste. Si tu es guitariste tu peux laisser de la place, sur le chant aussi mais là on fait tous un peu la même chose avec les mêmes outils donc ce n’est pas évident. Mais ce n’est pas impossible non plus.

Pour parler de chant, Carpenter Brut ne met pas l’accent sur la voix (un seul titre, Anarchy Road, utilise une voix) mais sur la musique, le son, les instruments…

Franck : A la base je ne voulais pas attendre les gens. Je voulais faire mes trucs quand j’en avais envie. Quand tu veux faire un featuring tu dois attendre que la personne soit disponible, t’envoie sa partie, tu réponds, ça prend énormément de temps. Donc sur tous les morceaux que j’ai composés, il n’y en a qu’un avec du chant. Sur le prochain album, il y aura plus de morceaux avec, mais il y a toujours cette attente. Et c’est une musique qui reste instinctive donc plus tu la réfléchis et moins elle sonne “frais”. Les featurings ralentissent trop le processus.

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Tu es seul à composer ?

Adrien : On intervient quand Franck nous le demande. Tout Carpenter est solo mais en live on rend les compositions plus vivantes.

Florent : c’est de l’arrangement pour le live, pour que ça bastonne plus.

Franck : il faut que ça leur plaise aussi à jouer.

Adrien : et au départ ce n’est pas une musique faite pour être jouée par des musiciens. Il y a donc un travail à fournir.

Franck : c’est un transfert de machines vers les personnes. Florent a cette qualité à la batterie d’être sur la grille, de ramener un groove que je n’ai pas avec la batterie que je programme sur les albums. Donc en live ça donne autre chose, un vrai jeu, des cymbales. Et Adrien a carte blanche. Je ne me voyais pas être seul derrière des machines, une clef USB et appuyer sur des boutons. Je l’ai déja fait et je déteste cela.

Tu as donc commencé les lives seul ?

Franck : Les constructions de morceaux sont assez rock car je n’écoute pas d’électro. D’ailleurs, j’ai fait Carpenter Brut car quand j’en écoutais il y avait des choses qui me manquaient. Et je n’aime pas aller sur scène. Alors comme on se connait depuis quinze ans avec Adrien et Florent, qui sont de très bons musiciens, je me suis dis que ça irait.

Au niveau de la programmation, la “synthwave” a souvent été programmée avec des choses très décalées. Il y a eu Perturbator avec Igorrr, à la Laiterie de Strasbourg vous étiez avec I Am Un Chien. Que pensez-vous de cet amalgame entre ce que vous faisez et des groupes à prendre au deuxième, troisième degré ?

Franck : Carpenter doit rester drôle aussi, on s’amuse, viens danser comme disait Gilbert Montagné. On est peut être aiguillés par la mouvance Gilbert Montagné. Il y a deux semaines, au Havre, on était avec The Do, Izia, que des gens qui vendent des disques. Ça ne collait pas. On est trop rock pour faire de l’électro et trop électro pour faire du métal. On a eu des remarques de gens qui nous disaient “nous on ne va pas à des concerts d’électro pour avoir des gens qui headbanguent sur ma gueule”. On est un peu dans une place qui n’existe pas donc ça doit être très dur pour les programmateurs de nous mettre quelque part. Ce qui fait qu’au final on va peut être être amenés à jouer toujours entre nous.

Adrien : ou ce qui se passe c’est qu’on joue toujours en dernier. C’est une formation sur scène qui sonne rock mais reste électro, 80’s. Les mecs ne savent pas où nous placer.

Franck : Autant les sonorités qu’on utilise ont 30/40 ans, autant le mélange qu’on en fait est nouveau. Il faut peut être laisser du temps pour que ça s’installe. On ne passe pas à la radio et on sent tout de suite la différence lorsqu’on arrive dans des festival “standards” où les gens nous regardent de travers. Au Havre les gens sont partis.

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Tu as fait la BO du jeu Fury, très orienté sur les mythologies asiatiques. Qu’est ce qui t’influence dans la mythologie ?

Franck : Rien ! Peut être Ulysse 31. Non, rien. Ça ne m’accroche pas. Je n’ai même pas utilisé de sons issus du champ lexical de la mythologie. C’est de la baston. Ah si, la grotte ! Mais c’est de la philosophie (le mythe de la caverne de Platon).

Sur scène, comment travaillez-vous vos lumières, quelles ambiance cherchez-vous à créer ?

Franck : A la bougie, parce que la planète c’est important. On met des gélatines sur la flamme. Non, on n’utilise que du rouge et du blanc. Comme avec des frites flunch qui chauffent sous une lampe rouge. Et les gens sont les frites. Afin de voir si on peut les rendre fous et faire en sorte qu’ils s’entre-tuent à la fin.

Si vous deviez vous résumer en trois adjectifs, lesquels choisiriez vous ?

Florent : gauchiste

Franck : ignorant ! Vénéneux puissant et sexy. Encu°°, qui prend du retard et très cher. Non : Rigolo rock’n’roll et sympa.

Sur la couverture de Trilogy on peut voir un masque à gaz, une pizza, un couteau, un cocktail dans un vieux calice, un crâne, un patin à roulette et un téléphone en forme de bouche. Est-ce que ce sont des objets qui représentent Carpenter Brut ou bien est-ce un autel d’église dégénéré ?

Franck : Ce sont des objets que tu peux retrouver dans chacun des trois Eps. Roller, pizza parce que tout le monde aime ça, le téléphone bouche pour les 80’s. C’est un résumé visuel des trois Eps et des clichés des années 80. Même si la pizza a bien réussi à faire son trou depuis.

 

-Clémence Mesnier

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Merci pour cette interview décalée !

 

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