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INTERVIEW : KLONE

Dernier souvenir du Hellfest 2017. Après avoir interviewé Los Disidentes Del Sucio Motel, je suis conduit dans le box voisin afin d’échanger avec Guillaume Bernard, guitariste de Klone et fondateur du collectif Klonosphère. Alors que ses prédécesseurs étaient en plein déjeuner, lui attaque le dessert, avant d’évoquer son actualité et en particulier celle de sa formation poitevine.

Sensation Rock –Guillaume tu es venu ce weekend en marge du Hellfest. Quelle est ta démarche cette année ?

Guillaume – Cette année, je suis sur le Hellfest pour faire la promotion des groupes qui sont chez Klonosphère. C’est soit pour des sorties d’albums sur lesquelles je bosse, soit des gens qui m’ont demandé de travailler pour eux, comme pour la presse. Actuellement, je taffe avec Nostromo, Los Disidentes Del Sucio Motel qui ont joué hier. Nostromo joue aujourd’hui (dimanche). Je bosse aussi pour mon groupe Klone, pour Kadinja dont le batteur Morgan (Berthet, NDLR) est là pour un autre projet. Pour Klone, je fais la promo du disque Unplugged qui est sorti fin février, avec lequel on a fait une quarantaine de dates en France et une tournée qui se boucle début juillet.

SR – Qu’as-tu pensé du Hellfest cuvée 2017?

Guillaume – Je n’ai pas vu de concert parce que je taffe. Juste des trucs hier au soir, des groupes cools. Idem pour ce soir. Je n’étais pas venu l’année dernière, ils ont changé le coin VIP, c’est très joli, le mini bar, une belle fontaine, … Bel effort aussi sur la nourriture du VIP : avant c’était un truc à burgers, là c’est très très bon. Côté ambiance, c’est fidèle. Très bon enfant, convivial. A part le soleil qui tape à donf toute la journée, c’est toujours une chouette expérience de venir ici.

SR – Parlons de Klone. D’abord, pourquoi ce nom?

Guillaume – Initialement on s’appelait Sowat. Ca date de 1999, à la base c’est un titre du groupe Vision of Disorder. Rien de plus.

SR – Vous avez joué aux Hellfest par deux fois. Quels souvenirs en as-tu?

Guillaume – Ça date un peu, mais c’était chouette ! C’était pour l’album Black Days que l’on a sorti en 2011. Et plus anciennement, en 2007, en pleine gadoue sur la Discover Stage. De très bons souvenirs, à part le fait que l’on ait eu deux coupures de courant en 2007 à cause de problèmes électriques. En 2011, c’était sur la Main Stage ; un très bon concert !

SR – En 2015, vous avez sorti un disque intitulé Here comes the sun. Un lien avec les Beatles?

Guillaume – Oui c’est un clin d’œil parce que j’aime beaucoup les Beatles. Here comes the sun ça devait être le nom d’un autre groupe avec les mecs de Klone et finalement c’est devenu un album, très calme, posé. Dans l’Unplugged sorti cette année, il y a beaucoup de morceaux tirés de ce disque, en version épurée, guitare folk, accordéon et quelques percussions.

SR – Pourquoi faire un unplugged quand on est issu de la scène metal et que l’on aime apporter beaucoup de sons, travailler la couleur de la grosse caisse, etc.?

Guillaume – On a fait tout l’opposé de ce que l’on avait l’habitude de faire en studio, voire en live. Cette fois-ci, on a enregistre tous ensemble, en prise live pendant trois jours et on a gardé les prises telles quelles. On s’est filmé, on en a profité pour faire des clips. Sur les concerts que l’on fait depuis le début de l’année, on joue assis, en petite configuration à 4 personnes. C’est pas du tout le même délire qu’en électrique. Le fait de ne pas avoir de gros volume sonore sur le plateau avec la batterie, ça fait que l’on s’entend mieux, que l’on nuance davantage notre jeu. Idem pour Yann (Ligner, NDLR) au chant qui est beaucoup plus subtil que lorsqu’il y a une grosse masse sonore derrière. C’est une autre approche, un boulot différent que l’on apprécie de faire depuis le début parce que l’on avait déjà quelques expériences comme celles-ci par le passé. C’est la suite logique de nos compositions qui sont créées à la base avec une folk.

SR – Sur scène combien êtes-vous ?

Guillaume – Quatre. Deux gratteux, un chanteur, plus, soit Armelle (Dousset, NDLR) à l’accordéon, soit un percussionniste, soit les deux quand c’est la fête. On a aussi fait une date à Paris avec une violoncelliste. On a également d’autres projets, on a contacté d’autres zicos car le but c’est que la formule permette de travailler avec d’autres gens. On va peut-être collaborer avec une harpiste à la rentrée.

SR – Comment insérer un accordéon là où il n’existait pas dans un titre metal?

Guillaume – Cela s’est fait un peu dans l’urgence parce l’enregistrement fut programmé au dernier moment. C’est Armelle Dousset qui le tient. On la connaît depuis très longtemps et elle a aussi fait un duo nommé Rhizottome avec le saxophoniste de Klone, duo basé sur la musique traditionnelle. À un moment, on cherchait quelque chose pour remplacer la basse. J’étais certain que son timbre d’instrument allait bien se marier avec ce que l’on fait. Les tests ont très bien fonctionné et c’est très rigolo de mettre un accordéon dans un groupe qui est sensé être « rock progressif metal » ; on va à contrecourant. Humainement, on s’entend très bien aussi. On a donc été au bout du projet. C’est quelqu’un avec un très haut niveau et une bonne présence scénique.

SR – D’ailleurs, vous avez fait quelques vidéos dans une magnifique salle pour illustrer l’album.

Guillaume – On a enregistré dans le Théâtre de Rochefort, un vieux théâtre à l’italienne. En 2016, on a joué deux fois à Paris, à la Maroquinerie, en ouverture d’Anneke la chanteuse de The Gathering, puis deux dates à Lille. C’était la première fois que l’on jouait en acoustique. Ça s’est tellement bien passé que l’on s’est dit qu’il fallait recommencer. Dans la foulée, un gars à Rochefort nous a contacté pour jouer dans le théâtre dans lequel il travaillait. On a trouvé ça mortel. Personnellement, ce lieu m’en rappelle un autre à Châtellerault, ma ville natale. Bref, on n’a pas hésité ; il nous a proposé des dates au mois d’août 2016 et on a foncé. On a contacté une équipe avec laquelle on avait déjà taffé pour clipper les prises live.

SR – Et pour la suite de la tournée?

Guillaume – On arrive sur la fin. Il nous reste en juin Toulouse puis Draguignan. Il y a aussi à Antibes Les Nuits Carrées, avec Trust, Carpenter Brut et Sepultura. C’est la première fois que l’on teste cette config’ en gros festof. On est assis face aux gens… C’est un peu la surprise. Il y aura aussi d’autres dates à la rentrée et des trucs sont en cours pour l’étranger. On a déjà tourné en Australie en 2015 pour Here comes the sun avec sept-huit dates là-bas. Le tourneur de l’époque veut nous refaire jouer. Il y a aussi le Canada en discussion. Et on fera certainement la première partie d’un gros groupe de la scène rock progressive début de l’année prochaine lors d’une tournée européenne.

SR – Quelles sont les nouveautés à venir pour les prochains concerts?

Guillaume – On a déjà fait une quarantaine de dates avec ce set et quelques petites modifications. On pense à une reprise en plus, voire interpréter des morceaux de notre répertoire plus ancien. Et pourquoi pas jouer avec quelqu’un qui n’était pas là en début de tournée, comme une harpiste. Ça bouleverse le set. Les gens qui sont venus nous voir plusieurs fois sur la tournée ont eu le sentiment d’assister à des concerts différents.

SR – Au-delà des dates, quelle est la suite pour Klone? Allez-vous revenir à des sonorités plus metal?

Guillaume – Beaucoup de choses sont en cours. Certaines plus metal que celles que nous faisions par le passé et à côté d’autres à base d’acoustique. C’est un gros puzzle en bordel. J’aime bien structurer les choses afin de proposer un album homogène, avec des surprises toutefois. J’aime autant les formats longs, expérimentaux et à l’inverse j’adore aussi le côté pop et son format court, comme les Beatles. Pour moi, ça a toujours été plus compliqué de faire un morceau concis qu’un titre dans lequel on peut s’évader, faire des cassures. Les morceaux sur lesquels on a eu le plus de mal sont ceux qui paraissent les plus simples. Donc, il y aura soit deux disques très différents, soit des choses mêlées.

SR – Donc, il y a déjà des démos?

Guillaume – Ouais, j’ai pas mal de maquettes, j’ai un petit dictaphone comme toi, dès que j’ai une idée je l’enregistre. J’ai plein de choses en stock …

SR – Une date pour l’entrée en studio?

Guillaume – Cela va dépendre des tournées. On n’aura pas plus de 10-15 dates sur la fin d’année. Ça va nous laisser le temps de bien taffer les pré-prods. L’objectif sera de trouver un mois ou deux en début d’année prochaine pour mettre le disque en boîte et éventuellement le sortir sur septembre 2018. Et bien sûr, enquiller les tournées électriques derrière.

SR – Le mot de la fin?

Guillaume – Coucou aux lecteurs et merci à toi !

-Benoît GILBERT

Crédit photo : Benoît GILBERT

Merci à Guillaume Bernard pour le temps accordé et à Klonosphère !

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