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Europe, Come This Madness

Europe, Come this madness

Qui d’entre nous n’a pas, un jour ou l’autre, fredonné ou chanté à tue-tête le célèbre refrain « It’s The Final Countdown! » ? Ce refrain, ce sont les Suédois d’Europe qui l’ont popularisé, couplé aux notes de clavier parmi les plus retentissantes et célèbres du rock. Et qui eût cru que, presque 40 ans jour pour jour après The Final Countdown, le quintet emmené par le sémillant Joey Tempest reviendrait nous faire signe et se rappeler à notre bon souvenir ! Europe est bel et bien de retour, on ne rêve pas, avec son douzième album, Come This Madness, paru via Silver Lining Music / Hell & Back Recordings.

Un album à la pointe du rock

À l’inverse de nombreux groupes des 70’s ou 80’s sur le retour, Europe ne se calque pas sur les recettes ancestrales qui firent son succès en 86. Le quintet suédois cherche au contraire à innover, à s’appuyer sur des formules plus modernes, notamment expérimentées par Rammstein et Ghost. Transition toute trouvée pour dire que Come This Madness a été produit par un certain Tom Dalgety et mixé par Mike Fraser, l’enregistrement ayant été réalisé au studio RMV de Stockholm. Inutile de rappeler que Ghost et Rammstein, pour ne citer que ces deux formations, ont déjà travaillé avec Tom Dalgety.

Scandinavian Eyes : fer de lance de l’album. En évoquant Come This Madness, Joey Tempest n’a pas eu de mots assez forts et élogieux pour Scandinavian Eyes, morceau phare de ce nouvel album d’Europe. « Le meilleur morceau qu’Europe ait composé depuis longtemps », a-t-il martelé à qui voulait l’entendre. Et on veut bien le croire, tant ce morceau recèle d’intensité et de dynamisme. Scandinavian Eyes, à lui seul, résume toute l’influence de Tom Dalgety sur la musique d’Europe : une introduction aux accents symphoniques qui ne laisse en rien présager la suite du morceau, lequel monte soudainement en puissance. Ian Haugland (batterie) et, bien évidemment, John Norum (guitare) donnent alors de leur personne par le biais de leurs instruments respectifs, sans oublier John Levén (basse) et Mic Michaeli (claviers), qui ne sont pas le moins du monde en reste.

Un début sur la pointe des pieds

One On One, morceau d’introduction, n’est pas mauvais en soi, mais revêt un côté aussi sombre qu’inquiétant. Les claviers imposent leur domination face à des guitares quasiment inexistantes, tandis que Joey Tempest entame son récital piano piano, sans se montrer sous son meilleur jour. Quant à The Cult Of Ignorance, bien que remuant et musclé, il se rapproche davantage de Jean-Jacques Goldman que d’Europe. On y retrouve à la fois les habillages musicaux d’Il Changeait La Vie et de Quand La Musique Est Bonne. Mic Michaeli se pose une fois de plus en maître de cérémonie. Un début d’album donc timide, joué sur la pointe des pieds.

Brusque accélération de braquet

Fort heureusement, le quintet suédois a bien vite l’occasion de nous montrer de quel bois il se chauffe. On a déjà évoqué le supersonique Scandinavian Eyes, citons aussi The Angels Must Have Flown, In A Different World ou encore Takin’ It Back, qui aurait plu à Wytch Hazel, Sonata Arctica et, bien sûr, à Ghost. À l’image de Scandinavian Eyes, The Devil’s Back se veut puissant, explosif et bien brut de décoffrage.

Quelques moments de légèreté

Au milieu de ces morceaux bien rock, les ballades In The Absence Of Grace et This Time Of Year offrent quelques moments de légèreté, tout à fait à la manière de Carrie dans les années 80. This Time Of Year partage d’ailleurs avec ce somptueux slow de multiples similitudes et points communs. À l’instar de Ghost, par exemple, Europe maîtrise à merveille l’art de la ballade, et ce depuis toujours. C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, ce que Joey Tempest et les siens se font un devoir de nous rappeler. Si certaines formations des 70’s et 80’s ont tort de revenir et feraient mieux de s’en abstenir, c’est loin d’être le cas d’Europe qui, en dépit d’une base solidement ancrée dans les 80’s, garde à l’esprit ce souci permanent de modernité.

Come This Madness : pas de grande révolution, mais une redoutable efficacité !

Titres conseillés : The Angels Must Have Flown, Scandinavian Eyes, In A Different World, This Time Of Year.

Jean-Christophe Tannieres

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