Certains artistes peuvent sortir album sur album sans jamais décevoir ni baisser pavillon. Blondshell (alias Sabrina Teitelbaum) fait partie de ceux-là. Depuis les débuts de la Californienne avec l’éponyme Blondshell, nous n’avons eu de cesse d’être subjugués par son talent et surtout par cette voix à nulle autre pareille. Blondshell nous revient donc avec Violins (Partisan Records), son troisième album. Celui-ci succède au très récent If You Asked For A Picture, paru en mai 2025.
Élargissement de la palette musicale
Non contente de nous offrir des ballades atmosphériques chargées en émotion (Fur Elise notamment), Blondshell ose s’aventurer vers des contrées plus électriques, lorgnant du côté du grunge ou encore du post-punk. L’éponyme Violins, Lucky et le tumultueux Stone Fruit, rien qu’à eux trois, en attestent. Blondshell tend ainsi à élargir une palette musicale déjà bien fournie sur ses deux précédents albums.
Intensité émotionnelle rare
Douée et pourvue d’un sens inné de la mélodie, l’artiste californienne et new-yorkaise d’adoption fait quasiment mouche à chaque sortie de single, et plus encore lorsqu’il s’agit d’un album. Voix envoûtante, mélodies entêtantes, Sabrina Teitelbaum ne se départit pas le moins du monde de cette recette que l’on ne saurait lui demander de modifier. Fur Elise, ballade aussi onirique qu’aérienne, ne fait pas exception à la règle, faisant partie de ces morceaux que l’on adopte de facto sans avoir besoin de les écouter trente-six fois. On peut en dire autant de New Shape, de Heart Has To Work So Hard ou encore de Sea Legs, qui ne manquent pas non plus d’arguments à faire valoir.
Varié et polyvalent
Violins se définit donc comme un album varié et polyvalent, Blondshell surfant sur des styles très différents (eh oui, cette chère Sabrina n’est peut-être pas californienne par hasard). On passe sans coup férir d’un rugueux Stone Fruit à un enjôleur Sea Legs, ou encore d’un Lucky chargé d’optimisme à un New Age Trojan Horse où inquiétude et doute se livrent un duel sans merci, sur une composition musicalement très forte.
Un avenir radieux imaginé mais pourtant sans utopie
Sur Violins, Blondshell imagine un avenir plein de promesses dans lequel tout serait facile (débarrassé du trumpisme, on peut le penser). Un avenir radieux, mais dont Sabrina semble ne se faire aucune illusion, refusant malgré tout de tomber dans l’utopie. La Californienne fait part de ces espoirs sans illusions notamment dans Fur Elise, le morceau le plus intense de Violins, tant vocalement qu’émotionnellement. Avec Violins, Blondshell confirme toutes les belles dispositions entrevues sur If You Asked For A Picture et Blondshell. L’artiste californienne met un point d’honneur à ne pas se reposer sur ses acquis car, on le sait, dans le monde de la musique, la roue tourne vite et, d’un album à l’autre, tout peut changer. Pourtant, Blondshell semble pour le moment immunisée contre cette versatilité qui guette tout artiste ou groupe.
Violins : musicalement plus riche !
Titres conseillés : Fur Elise, Lucky, New Age Trojan Horse, Stone Fruit.
Jean-Christophe Tannieres
