Les infatigables tontons flingueurs de Black Stone Cherry reviennent, pour notre plus grand plaisir, donner du riff autant que de la voix. Celebrate, nouvel album du quatuor originaire du Kentucky, vient de sortir chez Mascot Records, trois ans après Screamin’ At The Sky.
Quoi de mieux que de travailler chez soi
Pour créer ce nouvel album, le quatuor américain est resté bien au chaud à la maison. Non pas que les Black Stone Cherry soient de nature casanière (ils ont notamment occupé l’affiche du festival britannique Maid Of Stone en 2025), mais on n’est jamais aussi à l’aise pour jammer qu’à domicile.
En l’occurrence, les quatre presque quadragénaires ont enregistré cet album Celebrate aux High Street Studios de Bowling Green, dans le Kentucky.
Chris Robertson (chant, guitare), Steve Jewell (basse), John Fred Young (batterie) et Ben Wells (guitare) ont tout fait par eux-mêmes, sans aide extérieure, si ce n’est la participation de Tyler Connolly (leader de Theory Of A Dead Man) sur le célèbre Don’t You Forget About Me, reprise de Simple Minds servant d’épilogue musclé à cet album.
On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, comme le dit l’adage bien connu.
Un album court mais intense
Celebrate ne comprend que sept morceaux, mais sur lesquels Black Stone Cherry ne sont pas là pour faire de la figuration. Les refrains se veulent entêtants et fédérateurs, tandis que les guitares de Chris et de Ben crachent leur venin à tout-va, à grands renforts de riffs acérés et percutants. Neon Eyes et l’éponyme Celebrate, dès l’entame, se chargent personnellement de nous le faire savoir.
Chez Chris Robertson et ses trois comparses, le temps n’a manifestement pas de prise. Le quatuor du Kentucky renverse la table et retourne la baraque comme aux premiers jours. Avec Caught Up In The Up Down et I’m Fine, les Black Stone Cherry confirment toutes leurs bonnes dispositions en faisant, à coups de southern rock et de grattes aussi catchy que groovy, bouger les lignes.
Ne manque plus que le public pour recréer, entre autres lors de l’interprétation de Caught Up In The Up Down, l’ambiance des concerts et des festivals.
L’expression « bousculer tout sur son passage » prend alors tout son sens.
Aussi à l’aise dans la ballade que dans le rock explosif
À l’instar de nombreuses formations estampillées metal et rock, Black Stone Cherry sait aussi faire passer l’émotion. Sur ce nouvel opus Celebrate, c’est l’excellent Deep qui s’y colle et assure donc le rôle de morceau mouchoir où, dans un souci de la mélodie, Chris Robertson et les siens jettent les bases d’un rock accessible à tous, presque à fleur de peau.
On en oublierait presque que même les groupes de rock savent aussi pondre de la musique romantique, ce que s’évertue à démontrer Deep. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette magnifique ballade a été choisie comme troisième single, succédant ainsi aux sulfureux Neon Eyes et Celebrate. Pour Deep, une distinction amplement méritée.
Une fin en apothéose
Deep ne signifiait visiblement que le calme avant la tempête, puisque le quatuor américain repart au combat en remettant bien vite le bleu de chauffe.
Le surpuissant What You’re Made Of et la reprise version metal de Don’t You Forget About Me signent pour Black Stone Cherry un retour efficace et fracassant aux affaires urgentes, histoire d’achever Celebrate en trombe, dans un véritable bouquet final.
Une manière de rappeler également qu’il y a un temps pour tout : pour l’émotion, certes, mais aussi pour le bon rock qui cogne et qui déchire, évidemment les fondamentaux pour une formation telle que Black Stone Cherry.
Celebrate : un album entre puissance et émotion, dans une intensité totale.
Notre sélection : Deep, Caught Up In The Up Down, Neon Eyes, I’m Fine.
