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Headkeyz, The Cage And The Crown : Chapter I

Les deux confinements furent pour certains un supplice, une torture, mais pour d’autres ils eurent du positif. Adrien Girard (ADG) appartient à la seconde catégorie, celle qui ne s’est pas laissée abattre et en a profité pour se remettre en question. Adrien fut l’auteur, en 2017, de l’album Schizophrenic Conversations. Une carrière solo qui restera sans lendemain puisque, lors du confinement de 2021, l’auteur/compositeur/interprète montpelliérain décide de changer son fusil d’épaule et de faire appel, en dépit des restrictions diverses, à des potes musiciens pour partager des moments sympas et échanger sur tout et n’importe quoi. Intervient enfin l’étape de la composition de morceaux et, par la même occasion, la naissance d’un groupe, lequel sera baptisé Headkeyz.
Totalement montpelliérain, Headkeyz se compose d’Adrien Girard (ADG) au chant et à la composition, Timothée Bertram et Baptiste Willaume aux guitares, Benjamin Michel à la basse et de Clément Pernet et Sylvain Molina à la batterie (précision : Clément joue en studio, tandis que Sylvain se colle derrière les fûts en concerts).

Headkeyz vient donc, un an après sa création, de faire paraître un album de 8 morceaux intitulé The Cage And The Crown : Chapter I, ce qui laisse à penser qu’il y aura au moins un second chapitre.
Un album articulé autour de l’avant-fin, de l’effondrement des civilisations, ce dont traite Joseph Tainter dans son ouvrage L’effondrement des sociétés complexes. Thème grave et inquiétant s’il en est mais qui, dans la musique prônée par le groupe montpelliérain, ne se reflète pas.

Headkeyz fait partie de ces formations polyvalentes, touche-à-tout, qui ne s’enferme pas dans un style permanent. La bande à ADG emmènera son auditoire aussi bien dans le post-grunge que dans le rock alternatif et même dans des ambiances bluesy comme dans l’énorme “Killing God” influencé The Black Keys, Gary Clarke Jr ou encore un certain Marcus King. Dès les premiers riffs de guitare de “Killing God”, on sait d’emblée que ce morceau va plaire aux mordus de blues, qu’ils soient de l’actuelle ou de l’ancienne génération. Les « Killing God » psalmodiés à l’envie par ADG pleuvent, s’emparent de nos esprits, alliés à des guitares grondantes et cinglantes.

Killing God” est certes le temps fort de The Cage And The Crown : Chapter I mais n’est pas le seul à cristalliser l’attention. “The Cage”, qui entame les hostilités pieds au plancher, fait d’entrée de jeu bouger les lignes, sans round d’observation aucun. À Montpellier, on n’attend pas pour en découdre, c’est ce que Headkeyz veulent nous signifier par cette musique accrocheuse.
Killing God”, on y revient, succède au très rock “The Cage”, les riffs de guitare bluesy contrastant avec le son alternatif.
7Even” se profile, divisé entre Manchester Orchestra pour le début de morceau et Incubus lorsque le ton s’élève et que les grosses guitares entrent en scène, sans oublier la voix caméléon d’Adrien qui se montre capable de toutes les facéties, changeant de peau d’un bout à l’autre du morceau. “7Even” est l’autre moment jouissif de cet album de Headkeyz, toute monotonie exclue. D’une ambiance caressante et feutrée, on passe très vite à du rock sulfureux et endiablé. Ce rock, on le retrouve justement sur le speed “Run Run Run” qui, comme son titre l’indique, fait courir les batterie et guitares. Nirvana pour les 90’s et Black Sabbath pour le côté 70’s ne sont guère loins, les ombres d’Ozzy et de feu Kurt planent sur ce “Run Run Run” pourtant Stratosphérique.

On prendra bien un peu de psychédélique avec “Passenger”, ballade sur fond de guitares aériennes. Nos chers bisontins de Negative Haircut s’imposent alors à nos petites cages à miel, rejoints dans la mêlée par Tom Morello. Du beau linge d’influences pour un morceau aux accents sombres et mystérieux, mais tellement dépaysant dans le bon sens du terme.
Speak”, autre ballade mais plus pop celle-là, complète ce dytique de morceaux tant planants que différents.

Big Bad World”, en conclusion, est l’occasion d’un nouveau changement de braquet, d’un haussement inopiné de tempo. La batterie et guitares donnent de leurs personnes, sans parler du chant d’ADG toujours aussi fluide.

Avec The Cage And The Crown : Chapter I, les montpelliérains de Headkeyz ont accompli un véritable coup de maître, ce qui paraît incroyable quand on sait que cette formation multi-styles aurait pu ne jamais voir le jour, si le destin ne s’en était pas mêlé. Il a suffi d’un confinement en 2021 pour que les cartes soient redistribuées, qu’ADG renonce à sa carrière solo.
Headkeyz ont donc mis la barre très haut, frappant un grand coup sur la table du bon gros rock, tant et si bien que l’impatience de voir débarquer le second chapitre se fait déjà sentir ! Souhaitons en faire la lecture musicale le plus rapidement possible !

The Cage And The Crown: Chapter I ou la révélation d’une bande de gais lurons chauds bouillants comme la braise, comme un soleil montpelliérain !
Headkeyz : toutes les facettes du rock rassemblées en un seul album !

Notre sélection : Killing God, Passenger, 7Even, Run Run Run.

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