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LUCE, Première Phalange

Columbia/Sony/2011

Luce a intitulé son premier disque Première Phalange en hommage à Phoebe de la série Friends. Faire référence à l’un des personnages les plus décalés de la série, c’est bien la preuve que Luce est comme ça, décalée, unique. Luce ose donc parler de cul, de tongs et de la maladie d’Alzheimer sur un disque haut en couleurs mais jamais vraiment sérieux.

On ne va pas passer des heures à parler de la Nouvelle Star, le télé-crochet qui l’a fait connaître. Force était simplement de constater : Luce était bien au-dessus de tous les autres candidats de sa promo. C’est tout d’abord sa voix qui fait la différence, une voix qui s’amuse. Et de l’amusement, il y en a sur Première Phalange.
Entourée de quelques artistes aussi divers que décalés (eux aussi), Luce est comme un poisson dans l’eau. Mathieu Boogaerts (il a aussi écrit pour Camelia Jordana), Gérard Baste (le monsieur pas drôle du Morning de Direct Star et accessoirement frontman de Svinkels) et Philippe Katerine font partie des gens qui ont écrit pour la pétillante chanteuse. C’est défintivement avec des textes drôles qu’elle se démarque de ses contemporains (en même temps entre Mickael Miro et le Colonel Reyel, il y a de la place pour faire de la bonne musique). Entre l’ingestion de sable (Manger Du Sable) et de moules (La Reine Des Moules), Luce baigne dans une pop sucrée aux influences variées (Gainsbourg, Rita Mistouko, Katerine…).
Mathieu Boogaerts signe l’un des meilleurs titres du disque, une petite ritournelle rhythm & blues (J’me Fume). On pense souvent à Camelia Jordana à l’écoute de Première Phalange, avec une grosse dose d’humour en plus. Et puis, on rigole bien en écoutant La Machine, duo avec OrelSan, qui décrit avec ironie l’univers de Facebook (« célibataire depuis trois mois, poké 223 fois »). Luce fait montre d’un décalage en plaçant la recette de la compote de son grand-père au milieu du disque (La Comp
ote). Katerine lui signe une chansonnette tout à fait ridicule, dans le pur esprit de son dernier album, paru en 2010. Luce force le trait et chante un peu comme une attardée. Bon.

Ailleurs, sur un instrumental digne d’une B.O. de James Bond, la rousse aux grands yeux joue les coquines et réclame le rougeoiement intensif de son séant (La Fessée). Gérard Baste n’est pas Gainsbourg, mais le titre est aussi l’un des plus marquants (peut-être aussi à cause de ses paroles olé olé…et du chant lascif de Luce).

Humour et auto-dérision dominent donc c’est peut-être du coup la limite du disque. Les titres aux styles très variés sont sérieux en de rares occasions (L’Amour Blême, J’me Fume, La Symphonie D’Alzheimer

), et le disque ne risque pas de faire l’unanimité, mais en attendant la suite, on appréciera toujours cette voix incroyable.

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