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The Mysterines / Reeling

Ils s’étaient révélés à nous en 2020, alors que nous déprimions plein pot à cause de ce que l’on sait. Leur rock surpuissant nous faisait tellement de bien 
à l’âme, la purifiant de toute souillure émanant des conséquences de cette situation sanitaire. The Mysterines, formation originaire de Liverpool, a fait 
petit à petit son trou sur les ondes et dans notre quotidien pour enfin s’imposer comme la révélation de cette année 2020. L’époustouflant Who’s Ur Girl 
et le plus pop Love’s Not Enough, deux morceaux différents mais tout aussi forts l’un que l’autre, ont largement contribué à l’épanouissement de ce 
groupe emmené par la chaude bouillante Lia Metcalfe, chanteuse et guitariste, à qui l’on prête volontiers une ressemblance avec Becky Black de 
The Pack A.D, surtout par la voix. Certains observateurs vont même jusqu’à établir une comparaison avec PJ Harvey et en effet ils ne croient pas si 
bien dire!

Après l’EP Take Control en 2019 et le trois titres de 2020 sur lequel figurent Who’s Ur Girl et Love’s Not Enough, un premier LP était espéré, eh bien 
celui-ci vient enfin de voir le jour, ce 11 mars dernier. Reeling, c’est son titre, ne compte pas moins de 13 morceaux, lesquels se partagent entre rock 
énervé, rock à consonance américaine (presque proche de la country) ou encore ballades truffées de guitares aériennes. Pour un premier LP, force est 
de constater que The Mysterines n’ont pas fait les choses à moitié et ne se sont pas foutus de la gueule du client!

On évoquait PJ Harvey, Reeling a été produit par Catherine Marks, la papesse du bon rock british, productrice de… PJ Harvey mais aussi, surtout, de 
The Amazons et d’Allusin Love, deux combos bouillants d’énergie dont on doit la découverte à la belle Catherine, dénicheuse hors paire de talents en 
devenir de cette scène rock britannique.

L’album démarre en véritable boulet de canon, guitares grondant à souhait sur des beats de batterie endiablés autant qu’effrénés. On voulait du bon 
gros rock, The Mysterines nous l’apporte sur un plateau sans que nous n’ayons à le réclamer. D’entrée de jeu, le groupe de Liverpool annonce la 
couleur et fait déjà trembler le sol sous nos pieds avec Life’s A Bitch (But I Like It So Much) et Hung Up, deux bombes bien rock qui crachent le feu 
par de clinquants riffs de guitare et la voix grave autant que rocailleuse de Lia Metcalfe. Pour être entrés dans le vif du sujet, on y est bel et bien rentrés!

Pourtant, le rythme et l’adrénaline tendent à fléchir quelque peu sur le très aérien Reeling, morceau en apparence planant mais où les guitares font 
toutefois toujours autant rage. Le son rock US a pris le relais du rock british avec, en prime, une touche de canadien influencée The Pack A.D. Une 
impression qui se confirmera à l’écoute de Dangerous, l’un des singles phares extraits de Reeling, mais aussi de The Bad Thing qui nous plonge 
littéralement dans le rock des 70’s. The Bad Thing, ponctué également d’un son aérien, est marqué par de nombreuses variations de rythmes ainsi 
que d’envolées vocales de Lia répétant « The Bad Thing » pratiquement sans discontinuer, la voix de la jeune chanteuse se réverbérant en échos 
lointains. The Bad Thing, indéniablement, se révèle comme le grand moment de Reeling où The Mysterines nous bluffe, nous laisse sur le cul! 
Pour une formation créée de fraîche date, les liverpuldiens font preuve d’une maturité musicale déconcertante, loin d’avoir à rougir de Led Zeppelin 
ou PJ Harvey. De quoi aussi éclipser les Beatles, pour la référence aux groupes de Liverpool.

Chez The Mysterines, on ne donne pas que dans le bourrin. Le très pop On The Run, la ballade Under Your Skin ou encore le country 
Old Friends/Die Hard en sont d’éloquents exemples, à l’instar de Confession Song et encore plus Still Call You Home sur lequel The Mysterines 
nous montre un aspect jusqu’à présent insoupçonné d’eux, à savoir la faculté de créer des ballades intimistes en duo guitare sèche/voix. Avec Reeling, 
on va réellement dans tous les sens et dans toutes les directions, jonglant du son acoustique au rock enflammé.

Nouvelle montée en puissance sur In My Head, la voix de Lia Metcalfe faisant entendre un vrai désespoir sur les nombreux « ah » parsemant 
le morceau. Désappointement et désenchantement causés par les maux dont souffre, à l’image de tant d’autres dans le monde, la population 
britannique (système de santé défaillant, situation politique chaotique, et cetera).
Means To Bleed poursuit dans cette atmosphère rock, son début rappelant celui d’Enter Sandman de Metallica mais, que l’on ne s’y trompe pas, ce 
sont bien les liverpuldiens de The Mysterines drivés par la lionne Lia Metcalfe qui, dit-on également, possède quelques intonations de Courtney Love, 
lors de sa période Hole précisément.
All These Things est lui aussi très rock, The Mysterines se mettant en devoir de lâcher les chevaux et toutes leurs forces restantes dans la bataille, 
juste avant de conclure l’album en finesse avec ce fabuleux diptyque Still Call You Home/Confession Song. Avec Under Your Skin en supplément, 
cela aurait même pu constituer un triptyque des plus apaisants.

The Mysterines a donc passé, avec ce premier LP Reeling, l’examen avec grand succès. La formation de Liverpool était attendue de pied ferme, 
suite aux morceaux de grande facture que furent Who’s Ur Girl et Love’s Not Enough. Les singles The Bad Thing et surtout le tube Dangerous 
n’ont fait que conforter The Mysterines parmi les groupes avec lesquels il faudra compter dans les années à venir.

Avec Reeling, le groupe liverpuldien de Lia Metcalfe marque de son empreinte cette année 2022 et ce LP de 13 morceaux de haut rang peut 
sans mal prétendre à la distinction d’album rock de l’année, une place dans le tiercé de tête serait peut-être plus conforme lorsqu’on fait la liste 
des poids lourds du rock ayant déjà sorti leurs albums ou étant en passe de les sortir.

Reeling : la confirmation de l’un des combos les plus talentueux de la scène rock so british!

 
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