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ROBERT FINLEY, Sharecropper’s Son

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Robert Finley, nous allons de ce pas vous le faire découvrir. Robert est âgé de 67 ans et est originaire de Bernice (Louisiane). Ce songwriter en est déjà à son troisième album, lequel s’intitule Sharecropper’s Song. Goin’ Platinum, son second opus paru en 2017, fut produit par les soins de Dan Auerbach. En revanche, pour Sharecropper’s Song, Robert s’est pratiquement débrouillé seul, mis à part les présences du guitariste Kenny Brown (fils adoptif de Robert Lee Burnside), du bassiste Eric Deaton ou encore de Bobby Wood. On constatera donc qu’il règne, sur ce troisième effort de Finley, un doux parfum de Delta Kream, nouvel album blues des Black Keys.

Sharecropper’s Song est à la croisée du blues et de la soul, Robert Finley tâtant des deux styles.

Cet album de 10 morceaux débute d’abord tout en soul avec le formidable Souled Out On You, single dévoilé il y a quelques mois déjà. Souled Out On You est une splendide ballade pour piano au cours de laquelle Robert fait d’emblée preuve, par sa sublime voix éraillée, de grand talent.

Preuve que ce LP varie d’un morceau à l’autre, la guitare supplante très vite le piano sur les excellents Make Me Feel Alright et Country Child qui, à l’instar de compos telles que My Story ou Country Boy, se révèle autobiographique. Dans cet album, Robert Finley éprouve le besoin de se mettre à nu en évoquant son enfance rurale en Louisiane.

Si Make Me Feel Alright et Country Child donnent en plein dans le blues, My Story ou la formidable ballade I Can Feel Your Pain penchent davantage du côté soul estampillé Black Pumas, The Heavy, voire même Aaron Frazer.

Essentiels dans les grands morceaux soul, les cuivres en bon nombre sans lesquels il y aurait un véritable manque, à l’image de la guitare pour le blues. Better Than I Treat Myself, pourtant, se partage entre soul et blues, cuivres à profusion et bonnes guitares. Ce morceau reflète à merveille les deux styles musicaux phares véhiculés par cet album : un petit tour dans la soul et une incursion vers le blues.

Un album autobiographique perçu comme un livre dans lequel, en 10 chapitres, Robert raconte Finley : son histoire, celle d’un enfant de la campagne devenu grand. Il y a d’ailleurs, dans cet album, Country Child et Country Boy qui sont, hasard ou non (libre à chacun de se faire son opinion), les deux plus longues : 5 minutes 28 pour Country Child et 5 minutes 44 pour Country Boy. C’est ce qui nous fait dire que ces deux compos dont le titre commence par « Country » peuvent sans mal se voir comparées aux chapitres d’un livre, que ce soit un roman ou une biographie. En l’occurrence, dans le cas de Robert Finley, ce sont des chapitres autobiographiques. My Story compte aussi, bien évidemment, parmi les compos qui parlent de Robert.

Sharecropper’s Son possède son contingent de belles ballades soul autant que blues : Souled Out On You, My Story, Country Boy ou encore I Can Feel Your Pain, chanson où Robert Finley assure qu’il a bien entendu le message à la manière d’un ancien célèbre politicien qui, en son temps, disait de sa voix puissante: « je vous ai compris »! Soyons-en certain Robert, lui, nous a compris et c’est tout ce qui importe.

Les morceaux trépidants, il faut les chercher surtout en début d’album avec Make Me Feel Alright et Country Child sur lesquels le blues atteint presque le niveau du rock, tellement les guitares sont à fond ainsi que la voix criarde de Robert qui, à 67 ans, montre qu’il est bien en accord avec lui-même, qu’il a enfin trouvé sa voie. Le gospel s’invite également à la fête sur All My Hope, morceau épilogue qui apporte une réelle note d’espoir : le plus dur est derrière nous, le meilleur reste à venir !

Avec Black Pumas ou Aaron Frazer, le style soul était déjà à la mode, une tendance que Robert Finley vient confirmer par le biais de Sharecropper’s Son. Le talent n’a pas d’âge et les années n’ont pas de prise sur ce génial songwriter de Louisiane qui maîtrise aussi bien la soul que le blues, qui peut accéder à la renommée sans bénéficier de l’aide d’un Dan Auerbach bien que, reconnaissons-le, celle-ci ne soit pas toujours de trop.

Sharecropper’s Son de Robert Finley : la révélation d’un artiste doué autant que polyvalent!

  • Jean-Christophe Tannieres

 

Artiste : Robert Finley
Album : Sharecropper’s Son
Label/distribution :
Easy Eyes Sound
Date de sortie :
22 mai 2021
Genre :
soul, blues rock
Catégorie : album rock

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