CAMILLA SPARKSSS + POTOCHKINE, le samedi 12 juin 2021, La Laiterie – Grande Salle, Strasbourg (67)

En ce samedi 12 juin 2021, la grande salle de La Laiterie s’apparente à un petit comité pour la venue de la bassiste de Peter Kernel. Alors que deux jours plus tôt, Laura Cox avait rempli les lieux, certes avec une jauge imposée, les spectateurs ne se sont pas bousculés pour assister à la prestation de Barbara Lehnoff dans son side-project nommé Camilla Sparksss. A tort!

 

La première partie est assurée ce soir par Potochkine, duo electro/EBM évoluant dans un univers sombre parcouru par la poésie  nimbant les paroles tantôt chantées tantôt déclamées de Pauline Alcaïdé. On pense un temps à Mansfield Tya, Kompromat mais avec une touche techno encore plus affirmée. Et ce ne sont pas les (as)sauts prononcés de Hugo Sempé, aka Ernst Smp derrière ses machines qui viendraient dire le contraire. Emportés par leur musique, les deux artistes se donnent physiquement pendant le temps qui leur est consacré, la partie féminine concluant la performance scénique par une déambulation dans la salle et une figure gymnastique au sol…

 

Le changement de plateau est rapide et on-ne-peut-plus sommaire. Les machines de Potochkine sont remplacées celles de Camilla Sparksss jonchant aux côtés de deux platines vinyle un praticable faisant office de table au beau milieu de la scène. Côté dépouillant on est servi avec la Canado-tessinoise. Afin d’habiller davantage les lieux,  c’est derrière d’épais rideaux de fumée et de lumières aux filtres bleutés qu’elle campe et lance les hostilités aux alentours de 21h.

Un sample est engagé suivi quelques instants plus tard par un beat et un motif tout aussi hypnotique. Ce sont essentiellement des titres de Brutal qui sont interprétés ce soir, à l’instar de l’orientale Are you OK?. La voix très délayée de la grande blonde se love dans cet univers aux accents industriels, anxiogènes parfois mais aussi viscéraux. Un savant mélange de sonorités organiques et résolument électroniques d’une dark wave élégante et sophistiquée, proche à certains égards des aventures sonores d’un certain Thom Yorke ou des bruitistes Crystal Castles. Les rares spectateurs qui assistent alors à la grand-messe synthétique de Barbara Lehnoff sont aux anges.

 

Si Camilla Sparksss n’a pas trouvé son public lors de cette halte strasbourgeoise (!), souhaitons lui de rencontrer davantage de foule sur sa tournée en solo qui se poursuit cet été.

 

-Mots et crédit photos : Benoît GILBERT

Merci à toute l’équipe de La Laiterie pour son accueil et sa résilience!

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