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Lana Del Rey, Chemtrails Over The Country Club

À peine deux ans se sont écoulés depuis la sortie de Norman Fucking Rockwell et revoici Lana Del Rey en haut de l’affiche. Un temps d’absence très court, sachant que le précédent opus de la chanteuse new-yorkaise s’est fait attendre (Lana vaquait à d’autres occupations). Le septième album de cette songwriteuse aux textes pleins de sensibilité et à la voix d’or a pour titre Chemtrails Over The Country Club, également titre éponyme de l’une des meilleures compos de ce nouveau Lana. Ce LP de 11 morceaux a été produit par Jack Antonoff, déjà présent aux manettes sur Norman Fucking Rockwell.

Chemtrails Over The Country Club a pour thème central la célébrité et plus précisément ses travers et ses inconvénients. Autrement dit, Lana veut nous signifier que, malgré le succès de ses chansons, le « c’était mieux avant » est de mise. Dans White Dress, une des nombreuses ballades qui composent ce disque, l’américaine va jusqu’à tenir le discours suivant: « je me sentais mieux avant d’être célèbre. » Tout le monde ne sait sans doute pas qu’avant de devenir la songwriteuse que l’on connaît, elle était simple serveuse dans un restaurant. Si certains recherchent désespérément la célébrité sans la trouver, Lana del Rey en dispose mais ne s’en frotte pas les mains pour autant.

Abordons à présent l’aspect musical de Chemtrails Over The Country Club, lequel ne surprendra nullement les fans inconditionnels de Lana. La new-yorkaise nous gratifie en effet, comme toujours depuis les débuts, de somptueuses ballades dont elle seule a le secret: White Dress où la diva adopte un ton de voix très aigu (étonnant de sa part enfin bon on s’y fait), Let Me Love You Like A Woman qui nous remplit d’émotion de la première à la dernière note ou encore le morceau éponyme Chemtrails Over The Country Club chanté à plusieurs voix. Les deux dernières compos citées ont servi à nous faire patienter avant la sortie de ce nouvel album, premiers singles dévoilés par la chanteuse américaine.

Un album où les ballades sont légion on l’a dit mais variées, se partageant entre ambiance west coast chère à Lana (Wild At Heart, Not All Who Wander Are Lost) et à conotation RNB (Tulsa Jesus Freak, Dance Till We Die) Wild At Heart est onirique et planante, interprétée en duo guitare/voix, quand Tulsa Jesus Freak dépeint une Lana dans un style plus remuant, à l’instar de Chemtrails Over The Country Club ou encore de Tulsa Jesus Freak. Dance Till Will Die débute lentement, on pense alors avoir affaire à une nouvelle ballade gentillette pourtant, au fil du morceau, tout s’emballe dans un rythme jazzy où les cuivres, à l’image de Lana Del Rey, se révoltent magnifiquement et dans le bon sens du terme.

Breaking Up Slowly nous offre une nouvelle performance guitare/voix de haute volée, Nicky Lane (une chanteuse spécialisée country) apportant une touche west coast supplémentaire à ce formidable morceau.

Chemtrails Over The Country Club est peut-être beaucoup moins percutant que Norman Fucking Rockwell par exemple mais n’en reste pas moins l’opus des émotions fortes, celles que l’on décèle notamment sur Let Me Love You Like A Woman. Une bose dose d’émotion à fleur de peau qui s’achève par de magnifiques choeurs, tout comme sur Dance Till We Die où RNB, jazz et gospel se rencontrent sans se marcher sur les pieds: un somptueux ménage à trois qui serait considéré comme de mauvais ton dans une vie de couple où le troisième laron, semble-t-il, serait de trop. Sur Dance Till We Die, tous les styles accordent leurs violons!

Chemtrails Over The Country Club nous prouve, une fois de plus, que Lana Del Rey répond présent à chaque album. Bien que capable de petites fantaisies comme sur White Dress et Dance Till We Die (facéties vocales), la new-yorkaise est là où on l’attend. On peut être rassuré sur le fait que Lana restera toujours elle-même, qu’elle ne prendra jamais la grosse tête. N’est-il pas de notoriété que la célébrité fait peur à notre songwriteuse au coeur tendre? N’exigeons pas de Lana d’être une star mais tout simplement une voix qui nous transporte, nous caresse et nous berce à la première écoute.

Très chère Lana, continuez dans cette voie et ce sera très bien comme ça!

-Jean-Christophe Tannieres

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