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Kelly JONES – Don’t Let The Devil Take Another Day

A 46 ans, le chanteur-guitariste des Stereophonics, sort son deuxième album solo (son premier live) comprenant 18 titres du groupe réarrangés et deux titres de son premier album solo. Entre confidence, émotion et énergie, le gallois s’offre une parenthèse vivifiante, qui fait suite à un documentaire réalisé par Ben Lowe à l’affiche des salles anglaises pour cette fin d’année.

La pochette plante le décor de cette rencontre : l’artiste et son allure d’éternel étudiant, avec sa guitare adorée et dans une ambiance en noir et blanc délicieusement mélancolique. Dès l’introduction, Kelly Jones aborde son enfance, se confie sur ses souvenirs musicaux et relate l’incroyable parcours qui fut le sien. Hurry Up And Wait, dans une version tout en douceur, exprime à merveille le contraste entre l’impatience juvénile et la sérénité adulte. Nous redécouvrons You’re my star, titre tiré d’un best of sorti en 2008 et mal accueilli par la critique britannique en son temps, qui retrouve ici une seconde vie. Suzy et Katie sont deux titres du premier album solo, efficaces mais il est vrai que le plaisir est décuplé lorsque Kelly et ses musiciens interprètent des titres devenus des standards. I Wanna Get Lost With You rentre (déjà) dans cette catégorie avec ce mélange merveilleux d’une voix de baryton, de batterie légère et de cordes. Chaque titre est accompagné d’anecdotes, de souvenirs, de prénoms et rend l’ensemble malicieux et bouleversant. Après un long monologue, l’artiste dédie par exemple le titre récent Before Anyone Knew Our Name à Stuart Cable, ancien batteur du groupe, décédé en 2010.

Mais ce sont les classiques du groupe qui se révèlent dans ces nouvelles versions assez incroyables. Local Boy In The Photograph, premier tube des Stereophonics, est accompagné d’anecdotes autour du foot, de la musique et de la famille. Le titre s’écoute ici dans une version ralentie, marquée par la sagesse d’un homme mûri d’un quart de siècle, bouleversé par un suicide dans sa ville natale. Feel ou Into The World sont aussi de belles surprises, mais tout redevient quasiment évident avec Maybe Tomorrow, valeur sûre mais un peu moins convaincant, et surtout Traffic, toujours aussi plaisant à l’écoute. Just looking est réellement apprécié du public, dans une version épurée et nourrie d’applaudissements bien légitimes. Ce rapport passionnel au public justifie dans doute le choix de finir avec Dakota, chanson préférée des fans, dans une version très punchy et directe, limite rock garage, à la fois pleine de vie et renvoyant au terrible contexte actuel qui nous prive de ces moments passionnels que sont les concerts de rock.

Un album intimiste et introspectif mais sans réelle surprise ou composition inédite, offrant au fan et à l’oreille curieuse un solide aperçu de ce que sont les Stereophonics depuis 25 ans : un groupe de rock majeur. Beaudelaire écrit que la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas. Dans le doute, écoutons ce disque sans lui laisser un jour de plus.

Julien Lagalice.

Note : 7/10.

Catégorie : album live

Genre : rock, acoustique

Date de sortie : 4 décembre 2020.

Label : Stylus Records.

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