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The jaded hearts club, You’ve always been here.

The jaded hearts club ou l’histoire d’une bande de copains et de joyeux drilles musiciens, mettant leurs compétences au service de la bonne zik.
Leurs noms sont loin d’être inconnus : Nic Cester (Jet) et Miles Kane (The last shadow puppets) au chant, Graham Coxon (Blur) et Jamie Davis à la guitare, Matthew Bellamy (Muse) à la basse et Sean Payne (The zutons) à la batterie.

La genèse de The jaded hearts club est simple, elle s’explique par une connection entre Jamie Davis et Graham Coxon. Le premier, guitariste britannique installé à Los Angeles, fut l’ancien dirigeant du label Transcopic Records auquel appartient justement le guitariste de Blur.
Un beau soir de 2017, Jamie Davis lance une invitation aux cinq autres boys en l’honneur de son anniversaire. Le but : improviser un concert de reprises des Beatles. C’est une véritable réussite ! La greffe prend, répétitions et concerts s’enchaînent et un vinyle live intitulé tout bonnement Live at the 100 clubs voit le jour, à tirage d’exemplaires limité cependant dont les bénéfices sont allés à la recherche en vue de la guérison d’une maladie infantile en apparence incurable.

On arrive à cet album de onze morceaux qui vient de sortir, baptisé You’ve always been here. Un LP studio qui voit s’élargir le répertoire de ces six gaillards aux cœurs blasés qui, pour notre plus grand plaisir, se sont associés pour former un club.
The jaded hearts club a effectivement décidé de redonner leurs lettres de noblesse à des standards de la soul et du blues des années 50/60. Certaines versions originales étaient jusqu’à présent demeurées confidentielles, à l’image de This love starved heart of mine (it’s killing me) de Marvin Gaye, Long & lonesome road de Shocking blue ou encore Love’s gone bad de Chris Clark. Jamie Davis et Matthew Bellamy se sont montrés intarissables au sujet de cet album, pas peu fiers et conscients qu’ils viennent de toucher là un publique de fins connaisseurs de la soul et du blues. Jamie Davis a déclaré : « nous adorons la manière dont le Nord de l’Angleterre est tombé amoureux de la soul et cela même quand elle a arrêté de produire des tubes, nous avons donc décidé d’utiliser cette musique pour en faire la bande son d’une bonne soirée. » Matthew Bellamy, de son côté, rappelle que des groupes tels que les Beatles et les Rolling stones avaient déjà expérimenté, à leurs débuts, ce concept de remise au goût du jour de morceaux soul à la sauce moderne rock. On reconnaît bien là le respect et l’admiration voués par The jaded hearts club aux anciennes gloires de la soul.
C’est précisément à Matthew Bellamy, producteur de ce You’ve always been here, d’entamer les hostilités mais en douceur avec We’ll meet again de Vera Lynn, morceau très court au piano. Matthew fera également la fermeture sur la ballade Fever de Peggy Lee. Les neuf autres compos donnent dans les grosses guitares et le rock endiablé, exemple Long & lonesome road, Why when the love is gone ou
encore Have love will travel. Le sextet fait les choses sérieusement sans se prendre au sérieux, la camaraderie est franche et l’ambiance au beau fixe. Personne ne cherche à tout prix à être le leader ni à s’attribuer tout le mérite, tout le monde tire dans le même sens. De plus, aucune pression n’est mise sur les épaules de qui que ce soit, on s’amuse et on s’éclate comme le feraient des gosses en cour de récré. Pour Miles Kane, Nic Cester et consort, The jaded hearts club s’apparente à un bon bol d’air avant le retour aux affaires courantes, c’est-à-dire leurs formations respectives.
Pratiquement en alternance (hormis sur We’ll meet again et Fever où Matthew Bellamy prend le micro), Nic Cester et Miles Kane se partagent le chant. Nick Cester chante Reach out I’ll be there, Miles Kane interprète Nobody but me qui suit. Chacun à leur manière, les deux grandes gueules donnent de la vie et du dynamisme à chaque morceau même si Graham Coxon ou même Sean Payne ne sont pas en reste et apportent dans leurs domaines respectifs. Voix rauque et criarde de Nic Cester contre hurlements articulés et à pleins poumons de Miles Kane agrémentés de puissants riffs de guitares, c’est tout cela The jaded hearts club. On ne peut déterminer qui est le meilleur entre Cester et Kane tant les deux se valent : éblouissant Nic Cester dans I put a spell on you, époustouflant Miles Kane sur Love’s gone bad. Cinq singles ont été dévoilés avant la parution de l’album : Nobody but me des Isley Brothers et Love’s gone bad avec Miles Kane au chant ; This love starved heart of mine (it’s killing me) créée par Marvin Gaye et somptueusement vocalisée par Nic Cester à l’instar d’I put a spell on you (version originale de Screamin’ Jay Hawkins) paru tout récemment et Reach out I’ll be there des Four tops dont le clip met en scène les membres du groupes dans différentes postures et en divers endroits : Nic Cester sur un balcon à l’italienne, Miles Kane au tambourin dans un parc londonien, Graham Coxon dans son jardin zen et Jamie Davis sur le balcon d’une cabane dans les bois.

You’ve always been here à peine sorti, on se demande déjà (et c’estbien légitime) si le sextet des cœurs blasés donnera suite. Les concerts semblent utopiques quoi qu’on ne sait jamais ! Un nouvel album serait davantage dans le domaine du réalisable mais il ne fait aucun doute que, dans un avenir proche, les membres de cette bande de copains vont réintégrer leurs formations d’origine. Quoiqu’il advienne, The jaded hearts club aura laissé sur cette année 2020 une empreinte indélébile avec des morceaux, soit dit en passant, que l’on n’est pas près d’oublier à l’image de ce trépidant et entêtant This love starved heart of mine (it’s killing me qui, pour de
longs mois encore, demeurera ancré dans nos esprits. Les membres du sextet rejoueront-ils ensemble et si oui seront-ils capables de renouveler cette incroyable performance ? Les questions restent en suspens mais libre à nous, par pures spéculations, d’y répondre positivement.
En tous cas, You’ve always been here est un véritable bijou de rock, un superbe album ! Merci les mecs vous nous avez épaté et comblé !

Jean-Christophe Tannieres

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