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Rufus Wainwright, Unfollow the rules.

Cette fois-ci c’est la bonne, Rufus Wainwright a fini de bûcheronner et daigne enfin sortir du bois! Le songwriter canadien nous livre son neuvième album baptisé Unfollow the rules. Sur cette nouvelle galette, Rufus renoue avec la song pop, ayant tâté du genre lyrique lors de ses dernières productions (Unfollow the rules est, pour Rufus Wainwright, le premier album à conotation pop depuis huit ans). Pourtant, dans Unfollow the rules, le classicisme ne disparaît jamais totalement et cohabite sans anicroches avec la pop.

Pour l’enregistrement de ce nouvel opus, Wainwright a retrouvé le studio de ses débuts en 98, à savoir le studio Sound City de Los Angeles qui a notamment vu passer Neil Young, Tom Petty et même Fleetwood mac. De quoi nous pondre un album parfaitement  ancré dans les traditions californiennes !

Unfollow the rules comprend douze morceaux répartis en trois groupes de quatre compos chacun.  Du premier morceau Trouble in paradise au dernier Alone in time, on traverse les états d’âme de Rufus et ses différentes inspirations musicales. Du côté radieux et exalté on se dirige, par étapes successives, vers des ambiances plus monotones et sombres. Trouble in paradise, Damsell in distress ou encore You ain’t big sont composées dans la joie et l’allégresse, tandisque Early morning madness et Devils & angels hatred dépeignent des environnements et circonstances sépulcrales. Paradoxalement Devils & angels hatred s’avère, du point de vue musical, bien orchestré par un ensemble de percussions et de cuivres. Musique accrocheuse et voix enjouée/haut perchée sur des paroles sinistres, au goût d’enfer (le mot « devils » dans le titre suffit à lui seul pour nous faire comprendre de quoi il retourne). Dans les chœurs de ce même Devils & angels hatred, il est à noter la présence de la sœur de Rufus prénommée Martha.

Ce qui frappe chez ce chanteur originaire de Montréal, c’est avant tout ce timbre de voix inimitable et incomparable, atteignant aussi bien les graves que les aigus comme par exemple sur la compo fleuve et éponyme Unfollow the rules : le début est lent et grave quand la fin est excitée et dans les aigus. Un morceau qui mérite de donner son titre à l’album, quoi de plus normal ! Quelques compositions sont dédiées à des personnes particulières ou s’apesantissent sur des thèmes précis. Romantical man est consacrée à la passion de Rufus pour Londres, Peaceful afternoon s’adresse à son épouse.

Unfollow the rules n’est pas passé inaperçu car quatres singles ont déjà été dévoilés : Trouble in paradise, Damsell in distress, You ain’t big et le dernier en date Devils & angels hatred. Un véritable retour du songwriter canadien par la plus grande porte ! De merveilleuses ballades font le sel de ce LP à l’image de Romantical man, My little you, Unfollow the rules (toutes trois interprétées au piano) et même Only the people that love dans un style plus californien, tout en guitare à l’instar de Damsell in distress. Signalons qu’un documentaire intitulé Unmaking Unfollow the rules a accompagné la sortie de l’album. Rufus y évoque, entre autres choses, sa déception quant aux réactions du publique face à ses divers albums et d’une certaine revendication par le canadien lui-même d’une place privilégiée dans l’univers folk américain. Les canadiens ne veulent pas compter pour des prunes, être considérés comme quantité négligeable par ceux qui constituent l’essence de l’industrie musicale américaine.

N’ayons pas peur des mots, pas de langues de bois, Unfollow the rules est jusqu’à présent l’album de référence pour Rufus Wainwright. Un retour à la pop qui n’a de cesse, si l’on en croit les propos élogieux de la presse et du publique, de marquer les esprits comme par le passé avec Across the univers, reprise d’un célèbre morceau des Beatles. Unfollow the rules est indéniablement l’un des albums phares de cette fin d’année, un opus avec lequel il faudra compter et pour longtemps encore !

Note de 10 sur 10.

Jean-Christophe Tannieres

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