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Biffy Clyro, A celebration of endings

Ne parlons pas ici de retour car Biffy clyro, célèbre combo écossais de Kilmarnock, n’a jamais vraiment déserté l’univers de la musique. Il y a d’abord eu le MTV unplugged en 2018 qui regroupait quinze de leurs plus grands standards et la bande originale du film Balance, not symmetry en 2019.
Cette année 2020, le trio formé du chanteur/compositeur Simon Neil et des frères jumeaux Johnston (Ben et James) signe un album de compos bien à lui, le premier opus studio officiel depuis Ellipsis en 2016.
Un LP constitué de onze morceaux et qui a pour titre A celebration of endings.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Ecossais n’ont pas changé une recette qui gagne et qui réussit. A celebration of endings est le trait d’union entre le bon gros rock bien énervé d’Opposites (Black
chandelier) et les ballades gentillettes d’Ellipsis (Rearrange).
Pourtant, Opposites n’était pas avares en compos planantes, par exemple le titre éponyme.
Sur A celebration of endings, on a affaire à du Biffy comme on l’aime, à savoir en pleine verve et nous offrant du gros son. Les guitares rugissent, tandis que la voix de Simon Neil nous enchante toujours autant. Energique, claquant dans les aigus, elle écume de rage puis s’apaise par le seul truchement des chœurs, ces derniers disant tout le plaisir qu’éprouvent les gens à chanter ensemble : l’Ecosse n’est-il pas l’unes des grandes contrées du partage ?
De pur rock, il en est question avec le génial End of que l’on peut considérer comme l’antidépresseur par excellence : riffs de guitare endiablés, cadence effrénée et voix de Simon tonitruante, sans oublier les « oh ! End of » tout en chœurs.
The punk limit se révèle être du même acabit, nous rassurant totalement sur la détermination du trio écossais à mettre un point d’honneur, autant que faire se peut, à régaler nos petites cages à miel. Il est vrai qu’Instant history, premier single dévoilé, a occasionné quelques frayeurs et un réel mécontentement par la faute à des claviers redondants, lesquels furent couplés à l’absence de guitare. Vous l’aurez compris, Instant history est la grande déception de ce nouveau disque et ne restera pas dans les annales, à oublier bien vite ! Mais revenons sans tarder aux choses qui réjouissent et Dieu sait, dans ce A celebration of endings, s’il en regorge. End of bien évidemment, l’explosif Weird leasure dans le pur style Biffy ou encore Tiny indoor fireworks où les guitares résonnent et tournent à plein régime. A l’écoute de ces compos rentre-dedans, le doute n’est plus permis : c’est bien Biffy clyro, trio de Kilmarnock, qui secoue nos platines !
North of no south et Worst of best possible, quoique bons morceaux, sont moins forts musicalement. Le début de North of no south laisse pourtant présager de rythmes ravageurs mais on ralentit aussi sec.
Inversement, The champ débute telle une ballade cristalline et limpide pour d’un seul coup basculer dans le rock agressif.
Les vrais ballades d’A celebration of endings, ce sont Space et son sublime ensemble de cuivres, Opaque qui fait apparaître une guitare sèche, de ces morceaux facilement interprétables en sessions acoustiques. Sur Space comme sur Opaque, la guitare électrique fait relâche mais refait surface, sans crier gare, avec l’envoûtant Cop syrup. Cette dernière conclut cet album en apothéose, digne du bouquet final d’un feu d’artifice ! Tout commence par les vociférations de Simon sur fond de rap qu’accompagnent, de la façon la plus naturelle qui soit, les formidables riffs de guitare. Puis arrive la longue mélopée des cuivres qui prennent aux tripes et enfin Simon Neil qui psalmodie pour achever le morceau, comme ses deux complices le songwriter se montre au zénith de sa forme.
Il convient de rappeler que quatre singles ont été dévoilés sur ce nouvel effort : Instant history, End of, Tiny indoor fireworks et le dernier en date Weird leasure.

Avec Opposites, A celebration of endings est l’album de Biffy clyro le plus accompli. Instant history, on vous le concède, fait légèrement tâche mais néanmoins n’enlève rien à ce superbe album sur lequel, pour notre plus grande satisfaction, Simon Neil et les frères Johnston se sont véritablement surpassés.
Biffy clyro devrait défendre A celebration of endings à l’Olympia en octobre 2021 et l’on imagine sans mal que la mythique salle parisienne sera garnie. En attendant, les fans peuvent déjà se faire l’oreille sur ce magnifique album qui, le plus logiquement du monde, se place en tête (provisoirement d’accord mais tout de même) des opus rock de cette année. Une hiérarchie bien établie et qui ne devrait pas être bouleversée de sitôt. A celebration of endings, l’album qui lui passera devant aura déployé des trésors de création et de prestige !
Note de 9 sur 10.

Jean-Christophe Tannieres

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