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Grey daze, Amends

Pour tout un chacun, Chester Bennington fut le leader de Linkin Park mais peu de gens savent qu’avant Linkin Park il baignait déjà dans la musique, au sein d’un groupe. Cette formation s’appelait Grey daze et fut créée en 1993 à l’initiative de Bennington et de son grand pote batteur Sean Dowdell. (Le clap de fin sonnera en 97).

Lors de cette décennie 90, Grey daze était demeuré confidentiel malgré la sortie de deux albums : Wake/me (94) et No sun today (97). Qui connaissait alors ce combo, à part l’entourage des membres qui le composaient ? Personne puisque les morceaux enregistrés ne sont jamais passés en radios, contrairement à Nirvana ou encore Blur. De plus, les deux albums n’ont bénéficié d’aucune retombée dans les maisons de disques.

En 2016, l’idée d’une reformation de Grey daze germe dans les esprits fertiles de Chester Bennington et de Sean Dowdell qui discutent, à bâtons rompus, des tenants et aboutissants de ce projet au combien ambitieux mais tout à fait dans leurs cordes.
C’est ainsi que début 2017, à peine quelques mois avant le décès de Chester Bennington, des compos de Grey daze sont réenregistrées, remises au goût du jour avec, en prime, quelques inédits. Cet ensemble a donné l’album Amends qui vient d’éclore, composé de onze morceaux.
Outre les membres officiels du groupe, de nombreux musiciens sont venus en guests apporter leur pierre à l’édifice. Citons par exemple Chris Traynor (guitariste de Bush), Brian Welsh et James Shaffer (korn) ou encore le pianiste Jean-Yves d’Angelo, sans oublier Jaime qui est le fils de Chester Bennington.

D’un morceau à l’autre, on note une évolution très significative dans l’habillage musical de Grey daze. Sometimes et What’s in the eye mettent en lumière la période 93/94 toute en beats de batterie et riffs de guitare tandis qu’In time, The syndrome pour certains passages et surtout Soul song expriment davantage le son dont nous gratifiera Linkin Park, musique impulsée par des claviers. Ne manquent plus que les mots rapés façon hardcore mais on ne se plaindra pas de leur absence sur cet émouvant Soul song qui voit apparaître Jaime Bennington au chant (en duo avec Chester), Chris Traynor à la guitare et Jean-Yves d’Angelo au piano, lequel a toute latitude pour s’exprimer vers la fin du morceau et apporte à Soul song la majeure partie de son lot d’émotion en accompagnant les voix de Bennington père et fils.

On reste dans les hommages sur What’s in the eye, compo dédiée à un ami de Chester et de Sean Dowdell mort dans un accident de voiture. Le « my friend » est poignant, presque crié au désespoir.
Les singles déjà dévoilés (Sometimes, Soul song, B12 déterminent tous trois ce à quoi ressemblera Amends, un savant mélange de compos rock (Sickness, B12, Just like heroin) et de ballades claviers/piano telles que Soul song, In time et Morei sky, ces trois morceaux de bravoure et d’anthologie faisant ressortir toute l’émotion dont Chester Bennington est capable de ressentir et de nous faire partager.

Mieux vaut tard que jamais c’est certain mais il n’en demeure pas moins un regret, celui bien évidemment de n’avoir pu découvrir Grey daze dans les années 90. On est passé à côté de morceaux grandioses et dignes de reconnaissance, tant de la part des radios que des producteurs. Il a fallu la mort de Chester Bennington pour que le tir soit rectifié, que ce génial opus qu’est Amends tourne enfin sur les ondes.
Un futur album verra-t-il le jour ou Amends sera-t-il le dernier ?

Pas encore de réponse à cette question qui nous taraude tant mais, avec Amends, on a de quoi se faire l’oreille et se sustenter, précisons-le s’il en est besoin sans aucune modération !

Note de 10 sur 10.

Jean-Christophe Tannieres

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