Muzz – Muzz (2020)

Entre nouveau supergroupe et escapade musicale, le projet Muzz réunissant Paul Banks (Interpol), Matt Barick (The Walkmen) et Josh Kaufman (The National, The War on Drugs) sort ce mois-ci son premier album. Un disque (trop ?) sage, élégant et assez curieux. 

 

Etonnante entrée en matière que celui opéré avec ce morceau Bad Feeling, en dépit de son une intro délicate mais qui trouble complètement les apparences. Tout est calme, feutré, méconnaissable pour qui admire Interpol, avec des cuivres et des chœurs inattendus. Evergreen procède d’un effet déroutant assez proche, avec toutefois la voix de Banks qui semble trouver ses marques, et c’est sans doute sur Red Western Sky que l’ensemble fonctionne le mieux. Titre convaincant, modèle de simplicité ambitieuse, où la voix de baryton associée à l’élégante batterie remporte tous les suffrages. 

 

Force est de reconnaitre que le reste de l’album est intéressant avec parfois des moments quelque peu ennuyeux (sur Patchouli ou Broken Tambourine). Everything Like It Used To Be, et ses faux airs de Dandy Warhols, ou Chubby Checker, lorgnant du coté du free jazz, sont des échappatoires qui s’avèrent tout à fait divertissants. Le disque brasse une grande variété de styles musicaux, d’influences, alors que paradoxalement les musiciens ont une identité musicale bien nette et perceptible. How many Days poursuit cette exploration sonore et jazzy, avant un Summer Love d’une grande délicatesse et d’un grand classicisme (il n’est pas sans rappeler certains titres du Velvet). Les deux derniers titres remplis de cuivre sont un peu plus anecdotiques, en dépit de ce petit quelque chose (Trinidad) le rendant attachant et plus que respectable. 

 

 

Nous touchons sans doute avec ce type de disque à la principale limite de ce projet : de l’impatience voir de l’excitation à l’annonce de la sortie, puis une impression mitigée mais si l’ensemble reste de belle facture. Muzz permet à Paul Banks de pointer à nouveau son museau, et de donner des notes légères à cette jolie parenthèse musicale. 

 

Julien Lagalice

 

Note : 6,5/10. 

 

Album : Muzz 

 

Date de sortie : 5 juin 2020

 

Gnre : art rock, post punk

 

Label : Matador

 

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1 comment
  1. Moi je dis bravo pour cet ensemble bien maitrisé de ce trio .
    Ravi de voir paul banks dans un nouvel exercice qui lui va à merveille .
    Sachant que les derniers Interpol sont assez decevants.

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