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INTERVIEW – GRANDMA’S ASHES

En cette période de confinement, nous avons échangé avec les Grandma’s Ashes. Nous avons parlé d’elles, de leur musique et de leur premier EP.

 

  • Bonjour à vous les Grandma’s Ashes ! Pour commencer, dites-nous-en un peu plus sur vous, qui êtes-vous ?

Bonjour Sensation Rock ! Grandma’s Ashes c’est trois filles, Eva, Myriam et Edith. On habite à Paris, on aime l’humour noir et la musique distortionnée.

  • Comment vous êtes-vous rencontrées ?

Sur Grindr. Non, on rigole, sur un site de musique puis on s’est retrouvées pour jammer.

  • Est-ce que vous avez d’autres activités à côté de la musique ?

Myriam : Je suis ingénieur du son dans des salles de concerts, Eva est tatoueuse dans son propre shop, When you’re Strange, et Edith étudie la musique.

  • Pourquoi s’appeler Grandma’s Ashes (“cendres de grand-mère” en français)? C’est plutôt amusant comme nom de groupe !

On a trouvé le nom du groupe un jour de canicule.

  • Quel est la chose dont vous êtes le plus fier pour le groupe aujourd’hui ?

Ce dont on est le plus fière aujourd’hui c’est d’avoir un label, Nice Prod, et plusieurs personnes avec qui nous travaillons qui nous permettent de nous professionnaliser petit à petit.

  • Maintenant parlons musique, comment définiriez-vous votre style ?

Notre style est un mélange de stoner, de rock progressif et de post-punk. Cela se ressent rythmiquement surtout, par une alternance entre riffs lourds et mesures asymétriques. On a aussi un côté assez mélodique qui nous vient de notre intérêt pour la musique baroque et romantique.

  • Par qui / quel groupe êtes-vous influencées ?

On s’inspire assez du rock progressif des années 70 avec notamment Yes, King Crimson et Led Zeppelin. Pour le côté stoner on aime beaucoup QOTSA et Mars Red Sky, sinon en groupes actuels Gojira, Polyphia et Black Midi.

  • Votre univers est assez sombre mais vous arrivez à y incorporer une dose d’humour, est ce que c’est ça la recette de Grandma’s Ashes ?

Tout à fait, on aime prendre du recul sur nos émotions, réussir à donner un résultat final à la fois sincère et plein d’autodérision.

  • On retrouve tout celadans vos textes. Justement de quoi parlent vos chansons, quels sont les sujets que vous aimez y aborder ?

Nos chansons abordent principalement des expériences personnelles sur lesquelles on essaye de construire une histoire. L’apathie est un sujet récurrent. On considère que c’est un peu le mal de notre génération, de se retrouver avec tant de choix que l’on ne trouve plus rien excitant, aussi bien dans nos relations que dans nos expériences de vie.

  • Vous avez votre premier EP en préparation, à quoi pouvons-nous nous attendre ? C’était la première fois que vous enregistriez ?

Ce premier EP est le fruit de notre évolution musicale sur trois ans. Nous avions déjà enregistré quelques maquettes au début du groupe mais cela nous paraissait trop prématuré pour être publié.
Attendez-vous à une bonne dose d’énergie, c’était le but principal : recréer en studio les sensations que l’on ressent durant nos concerts. On a aussi travaillé les voix, qui prennent une place de plus en plus importante dans le groupe, pour créer des ambiances oniriques et incantatoires.
On avait déjà eu d’autres expériences avant, mais enregistrer ces cinq titres aux studios Ferber était irréel. On est passé de notre salle de répète DIY au Studio A avec son immense console Neve, on s’est sentie toutes petites de fouler le même sol que Black Sabbath.

  • Comment l’avez-vous composé ? et plus généralement comment créez-vous vos titres ?

Il s’agit des cinq morceaux les plus cohérents que nous avons composé, nous en avons réarrangés quelques-uns, Daddy Issues notamment, pour obtenir à un résultat homogène et proche du son que l’on souhaite montrer, plus progressif.
Chacune arrive avec des idées, des éléments qui lui sont propres. On jam un petit peu puis lorsque cela prend forme on discute du thème du morceau pour savoir quelle direction lui donner. La plupart des choses se passent en salle de répète.

  • Si vous deviez mettre un avant une de vos compos, ce serait laquelle et pourquoi ?

Celle qui nous amuse le plus à jouer est Daddy Issues. C’est l’un de nos plus vieux morceaux, on l’a réarrangé à chacune de nos nouvelles phases musicales pour finalement obtenir le mélange parfait entre grosses parties stoner, mises en place prog et un côté baroque sur le break où la ligne de basse est tirée d’un morceau de Purcell. On l’a retravaillée quelques jours avant d’entrer en studio, finalement c’est la plus efficace.

 

  • J’imagine qu’en ce moment vos projets musicaux sont un peu au ralenti, comment vivez-vous ce confinement ? Est-ce que vous avez mis en place une sorte de télétravail pour le groupe ?

Alors au début ça a été très compliqué puisqu’on est avant tout un groupe de live et de jam et qu’on est confinée dans des endroits différents. Finalement on a démêlé petit à petit les méandres de l’enregistrement à distance. On nous a demandé de faire une vidéo pour un festival en ligne et depuis on arrive mieux à s’échanger des idées, mais on a hâte de se revoir pour structurer tout ça.

  • Est-ce que vous avez un album que vous écoutez en boucle en ce moment ? Un artiste à nous faire découvrir ?

Eva : Je viens de découvrir Ningen Isu, un power trio stoner japonais qui n’utilise que les touches noires du piano, ils sont très influencés par Black Sabbath.

Myriam : Je profite du confinement pour me replonger dans mes classiques, en ce moment c’est Led Zeppelin III qui tourne en boucle, je trouve que c’est l’album le plus apaisant du groupe.

Edith : J’écoute Macxa de Shortparis. Ce qui me fascine le plus dans cet album c’est le mélange de l’électronique avec l’acoustique, notamment dans les percussions. J’adore les lignes de synthé/basse vénères, la voix du chanteur que je trouve magnifique, et les passages instrumentaux qui me donnent envie de danser et de pleurer en même temps.

  • Vous avez donné pas mal de concerts et vous êtes réputées pour avoir beaucoup d’énergie en live. Est-ce qu’il y a des groupes qui vous inspirent de ce point de vue ?

Mac Demarco qui pogotte alors qu’il fait du jazz, c’est grandiose. On parlait d’autodérision plus haut, c’est exactement ce ton. On aime aussi Prince pour son côté chemise ouverte et grosse mise en scène et enfin les Psychotic Monks, qu’on a vu plusieurs fois en live, pour leur énergie organique.

https://www.instagram.com/p/B_5JI2DCAH4/?utm_source=ig_web_copy_link

  • Quels sont vos prochains projets, vos désirs non avoués et même votre rêve ultime pour Grandma’s Ashes ?

Ressusciter David Bowie et jammer avec lui dans l’espace. Jouer au Hellfest aussi ça serait cool. De manière générale, plus de live et faire une énorme tournée internationale.

  • Vous avez récemment enregistré une très bonne session live avec Les Capsules, est-ce qu’on peut vous retrouver autre part ?

Pour l’instant non, nous n’avons pas de musique sur les plateformes de streaming, ça arrive.. mais nous sommes très actives sur facebook et instagram !

  • Enfin, est-ce que vous avez une dernière chose à nous dire, un sujet que vous voulez aborder ?

Le confinement nous fait prendre conscience de manière tangible de l’impact de chacune de nos actions sur l’environnement. Nous aimerions inclure cette préoccupation à nos futurs projets, être plus responsables dans nos différentes activités.

Merci beaucoup !

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