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Conrad Vingoe, A quiet convention.

À l’heure où certaines sorties d’albums sont en cascade repoussées, la scène émergente en profite (et elle a bien raison) pour tirer son épingle du jeu. Encore une bonne trouvaille à se mettre sous la dent, un talent de plus, en la personne du jeune londonien Conrad Vingoe.
Pratiquement inconnu au bataillon, Conrad vient pourtant déjà de sortir son quatrième album intitulé A quiet convention.
Ce surdoué porte toutes les casquettes, assume tous les rôles. Il est à la fois songwriter, chanteur et musicien. En découvrant ses compos, on se demande comment cet artiste peut encore demeurer confidentiel, même en Angleterre où il est encore loin d’occuper le haut de l’affiche. Nul n’est totalement prophète en son pays, c’est un fait, mais certains mériteraient tout à fait de l’être et ainsi de démentir cet adage.

La musique de Conrad Vingoe, folk jusqu’au bout des ongles, est à classer entre Yules, Syd matters, José Gonzales et dans une moindre mesure Dan Croll. De multiples influences pour une seule véritable identité car Conrad ne plagie pas, ne triche pas.

Sur ce A quiet convention, la guitare est bien évidemment l’instrument de prédilection. Notre Mozart londonien de la folk nous gratifie de 13 purs joyaux de qualité. On passe sans coup férir des ballades aux morceaux plus entraînants.
L’entrée en matière s’effectue doucettement avec Is it enough et Paper moon aux relents de Syd matters.
Woman like you, Hidden traces et également Life plans font partie des morceaux enjoués de cet opus, remettant notre sieste à plus tard.
Conrad ne fait pas que dans la ballade, il sait aussi hausser le rythme.
Les ballades d’anthologie, c’est malgré tout ce qui fait le sel d’A quiet convention. Paper moon bien sûr mais aussi Horses bâti quasiment sur le même moule. Citons encore Hungry, Heartbeat lover que n’aurait pas renié Edward Sharp, un folkeux de plus à cette large palette d’influences.
Magnifique interprétation sur Sympathy, l’une des innombrables pépites de ce LP qui n’en manque manifestement pas. Que dire d’A place of my
own et de Little bird, entre nonchalance et     dynamisme. Sur ces deux
morceaux, on se rapproche à grands pas de la bossa nova et du jazz.
Attardons-nous à présent sur le fabuleux Depend, single extrait de cet album avec lequel on a découvert Conrad Vingoe. Guitare, piano et voix de Conrad forment un trio et une mécanique parfaitement huilés. Le londonien fait jeu égal avec les compos indie folk d’un certain Dan Croll, à peine plus chevronné mais auquel Vingoe n’a strictement rien à envier.
Le disque se termine en fanfare avec Black spot in the sun, morceau le plus nerveux et speed des 13. Pour un peu, on basculerait presque dans le rock.

A quiet convention ne souffre d’aucune fausse note, d’aucun défaut. La quantité comme la qualité sont au rendez-vous, tout a été soigneusement planifié. Néanmoins, la sempiternelle question pour un artiste émergent reste en suspens : ce somptueux album permettra-t-il à Conrad Vingoe d’acqérir une renommée dans le monde de l’indie folk et du rock ? Pour nous, aficionados de bons folkeux de talent, le britannique a d’ores et déjà accompli sa mission car, quoiqu’il arrive cette année, A quiet convention et Conrad Vingoe ne passeront pas inaperçus. A charge pour le grand publique hexagonal de poser l’oreille sur les compos de ce jeune londonien et il constatera qu’outre Manche on sait au moins faire de la bonne musique. A bon entendeur salut !

 

Note de 10 sur 10.

Jean-Christophe Tannieres

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