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Lian Ray, Rose.

Partons à la découverte de Lian Ray. Découverte, que dis-je ! Pas vraiment puisque Lian Ray n’est autre qu’Aurélien, l’un des anciens membres de feu Rhesus, formation française (de Grenoble précisément) ayant sévi dans les années 2000.
Une fois la séparation de Rhesus actée, Aurélien est parti s’exiler à Berlin pour tenter de se reconstruire mais la tâche, hélas pour l’artiste grenoblois, s’est avérée bien difficile car la dépression s’en est mêlée et l’a pratiquement plongé dans les abysses. Pourtant, Aurélien a su relever la tête et de la plus belle des façons qui soit.
Plusieurs compos ont été enregistrées en 2013 par l’ancien membre de Rhesus mais étaient . demeurées bien au chaud dans un tiroir jusqu’à maintenant.
Sous le pseudonyme de Lian Ray, le grenoblois s’est enfin décidé à faire de ces compos un album et c’est ainsi que Rose a pris corps.

Rose, c’est dix morceaux constitués comme un roman : une préface, un épilogue et entre les deux huit chapitres. On ne croit pas si bien dire car la vie d’Aurélien est déjà en elle-même un véritable roman jalonné de péripéties diverses.
Il résulte néanmoins de ces années de déboires et de dépression un opus magnifique, empreint de légèreté. Avec une réelle sincérité, Lian Ray se dévoile sans détours et ose enfin tomber le masque, ce qu’il n’a jamais pu faire à l’époque de Rhesus occupé qu’il était, en compagnie de Laura, à contenter les amateurs de bon son rock.
Avec Rose, on est loin de la fièvre rock mais on ne perd pas au change. Les dix morceaux qui composent ce disque nous transportent dans l’univers fragile d’Aurélien.

Rose penche davantage du côté classique que du côté pop. Les somptueuses compos telles que la version longue de Rose, Don’t cry blue eyes ou même Anything but you sont là pour en témoigner. Une fabuleuse orchestration de violons et de piano, l’ensemble évoluant dans une ambiance planante et aérienne.
Des morceaux comme Maps et A game tentent bien de hausser un peu le rythme mais rien n’y fait, on revient très vite aux ballades. Sur Anything but you et Don’t cry blue eyes, décidément indissociables et se ressemblant comme deux gouttes d’eau, on se rappelle aux bons souvenirs d’Al Stewart interprétant son plus grand tube Year of the cat. Nostalgie quand tu nous tiens !
Impossible de parler de cet album sans évoquer le génial Mateo qui prend aux tripes dès la première écoute. Dans l’interprétation de Mateo, Lian Ray y met tout son cœur et déverse tout le flot de souffrances engendrées depuis tant d’années. La voix est claire mais avec des accents de sensibilité.
Quelques notes de guitare se font jour sur Demons comme pour marteler à l’envi qu’Aurélien, dans une autre vie, donnait en plein dans le rock.
Un seul regret, la première partie de Rose en introduction et Das drama en conclusion sont beaucoup trop courts et nous laissent, il faut bien l’avouer, sur notre faim.

Il aurait été dommage que ces compos de 2013 ne quittent pas leur tiroir car Lian Ray fait preuve d’un potentiel énorme de créativité.
Il a en outre tout loisir de pleinement s’épanouir. Laissez-vous envoûter par la voix et le charme de notre grenoblois qui n’a pas fini de nous surprendre !

Note de 8 sur 10.

Jean-Christophe Tannieres

 

Artiste : Lian Ray
Album : Rose
Label : Snowstar Records
Date de sortie : 13/03/2020
Genre : Folk, Indie

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