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Michael Kiwanuka, Kiwanuka

Michael Kiwanuka, étoile montante de la soul, nous revient avec un troisième album intitulé tout simplement Kiwanuka. Ses prédécesseurs se nommaient, pour mémoire, Home again (2012) et Love & hate (2016).
Ce nouvel opus se révèle être dans la continuité du précédent, Michael déclarant d’ailleurs lors d’une récente interview : « nous avons commencé Kiwanuka comme nous avons fini Love & hate ». Continuité avec le même tandem de producteurs, à savoir Danger Mouse et Inflo mais aussi par les thèmes abordés dans ce nouveau LP : violence, injustice, intolérance et surtout le racisme, lequel fut très présent sur Love & hate notamment avec Black man in a white World. Il est bon de rappeler que Michael Kiwanuka est d’origine ougandaise.

Musicalement parlant, Kiwanuka est un savant mélange de morceaux estampillés rock Jimi Hendrix et de magnifiques ballades soul comme le chanteur londonien de 32 ans a le secret.
Influences hendrixiennes tout d’abord sur You ain’t the problem, Rolling mais aussi et surtout sur Hero qui se rapproche de All along the watch tower de Jimi Hendrix justement. Dynamique, entraînant, entêtant, Hero est à coup sûr l’un des meilleurs morceaux de ce nouvel effort. Dans cette chanson, Michael dit : « I won’t change my name ».
Quoi que l’on fasse ou dise pour le faire changer, il gardera son identité et demeurera le même envers et contre tout. Ce crooner pathenté nous prouve pourtant, lors des premiers morceaux de Kiwanuka, qu’il peut se muer en rockeur, tout en restant dans la limite soft et sans se compromettre, sans basculer dans le hard rock. Le londonien nous rassure, il reste fidèle et égal à lui-même.
Un album de Michael sans magnifiques ballades et pépites souls ne serait pas un bon album de Kiwanuka. Prenons pour exemples I’ve been dazed et une petite guitare gentillette qui nous accompagne tout au long du morceau, Hard to say goodbye où la guitare (électrique cette
fois-ci) résonne inlassablement, ce qui n’enlève rien à la douceur et à la quiétude véhiculées par la musique. Citons encore Piano joint this kind of love où le piano, bien évidemment, prend toute sa place, quoi de plus naturel quand le mot « piano » figure dans le titre !
Parmi ces somptueuses ballades, mention spéciale à Solid ground qui mérite véritablement que l’on s’y attarde. Ce chef-d’œuvre résume, à lui seul, toute la panoplie musicale de Michael Kiwanuka, tout ce qu’il nous a apportés depuis le début de sa carrière, même si elle n’a débuté qu’en 2012. Dans Solid ground, rien ne manque : émotion, joies de vivre et de chanter, peines et souffrances causées par les fléaux de la vie quotidienne, entendons par là la violence et le racisme entre autres. On peut aisément comparer Solid ground à Georgia de Ray Charles, ce véritable bijou musical s’avérant en tous points similaire à la célèbre chanson du crooner non-voyant.
Sur certains morceaux, on note aussi la présence de chœurs gospels composés d’enfants et d’adultes, sur Solid ground mais également sur Living in denial qui est un morceau soul par excellence à l’instar de Light, ces morceaux installant définitivement Michael Kiwanuka au Panthéon des rois de la soul. Par la splendide voix  de Michael, planent toujours sur nous les ombres de Ray Charles et d’Otis Redding.
Par le biais du jeune britannique, une parcelle de vie des deux soulmen disparus subsiste encore.
Interlude (loving the people) est un instrumental de très courte durée, ne dévoilant que quelques mots clamés par une voix grave dans un haut-parleur, un peu comme si on annonçait le départ imminent d’une navette spatiale.

Kiwanuka, plus que Love & hate et Home again, est un album éclectique qui de plus ne tourne pas en rond. De Hero à Solid ground, de I’ve been dazed à You ain’t the problem, on change d’ambiance et d’univers sans coup férir. Une variété d’influences gospel, soul et rock qui fait la richesse de ce disque et devrait le placer parmi les albums incontournables du moment. On peut d’ores et déjà dire, sans jeu de mots, que Michael et Kiwanuka ont tout fait pour se rendre indispensables à nos oreilles. On en redemande !

Jean-Christophe Tannieres

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