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INTERVIEW : PANSTARRS

Multi instrumentiste, Youssef Abouzeid est également producteur et co-fondateur du label cairote Hizz. Le post-punk de son groupe Panstarrs s’avère on ne peut plus excitant tandis que ses œuvres solo comme « Ayam Soda » explore des univers électro expérimentaux particulièrement novateurs. Rencontre chez lui au Caire dans le quartier de Zamalek.

  • « Panstarrs existe depuis plusieurs années maintenant. Que voulais-tu exprimer musicalement avec ce groupe ? »

« Simplement d’écrire de bons morceaux. C’est ce que j’avais en tête. Faire quelque chose de simple. Après cela, j’ai commencé à donner des concerts avec le groupe et puis nous sommes entrés en studio. »

  • « Panstarrs a débuté avec un son assez shoe-gaze. Aujourd’hui, vous sonnez très post-punk. Comment s’est passée cette évolution ? »

« Live nous avons toujours eu un son grungy, assez puissant avec pas mal de distorsion. Le dernier disque que nous avons produit a été fait dans les conditions du live. C’était la première fois que l’on bossait comme ça et c’est sûrement pour cela que le son est différent des autres disques. »

  • « Tu es influencé par le post-punk ? »

« J’aime beaucoup le post-punk. J’aime cette approche directe dans la musique. »

  • « Tu chantes en arabe. Pourquoi ? »

« C’est plus excitant de faire un groupe qui chante en arabe parce qu’il y a des tonnes de groupes qui chantent en anglais. Les gens y sont habitués. Je ne le fais pas pour que ça sonne exotique. Cela n’aurait aucun sens si je le faisais pour cette raison. L’arabe peut sonner rock. »

  • « Cela ne surprend pas le public d’entendre un groupe chanter dans cette langue ? »

« Le public européen et américain aime la langue arabe. »

  • « Tes paroles sont étranges, sombres. »

« Pas toujours. Elles peuvent être agressives ou naïves. Ce n’est pas si sombre que cela. »

  • « Tu as signé avec Anywave, un label français. Comment les as-tu rencontré ? »

« Ils m’ont trouvé sur le Net. Ils ont aimé ce que je faisais. Je ne voulais pas travailler avec des européens qui te mettent dans une position de victime. Je ne suis pas une victime. Eux ne me traitent pas comme ça. Ils ont pris le projet parce que cela leur plaisait pas parce que je suis arabe, ce que j’aurais détesté. »

  • « C’est Pierre la Police qui a réalisé la pochette de ton dernier disque. »

« Oui. Nous nous sommes rencontrés en France. Il est très sympa. J’aime beaucoup la pochette qu’il a réalisé de l’album. »

  • « En dehors de Panstarrs, tu as ton projet solo. »

« Le premier disque que j’ai sorti sous mon nom était fait avec des machines. Le second est planant et expérimental. Très éloigné de ce qu’était le premier. »

  • « Comment est la scène indie en Egypte ? »

« Il y a de bons groupes dans cette scène. Les gens qui la compose se rencontrent, échangent. Je suis ami avec la plupart de ces groupes. »

  • « Tu as joué avec Panstarrs à Paris en juillet dernier. C’était votre premier concert en France ? »

« Oui. Cela a été une super expérience. Les gens ont beaucoup aimé. Cela s’est hyper bien passé. J’ai aussi donné des concerts en France avec mon projet solo. »

  • « Le fait d’être sur un label français te donne sans doute une belle possibilité de te développer chez nous ? »

« Je l’espère. J’aime beaucoup la France. J’espère y rejouer bientôt. »

  • « Il y a un nouvel album de Panstarrs à venir ? »

« Je ne sais pas encore. Peut-être. J’ai de nouvelles idées. Je vais voir ce que je vais en faire. »

  • « Qu’écoutes-tu principalement comme musique ? »

« J’écoute de tout. Du punk comme de l’électro. »

 

Pierre-Arnaud Jonard

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