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EUROCKEENNES 2019, dimanche 7 juillet, Belfort (90)

Ultime jour sur le festival où le spectacle fut terrestre, aérien et même lunaire pour la clôture, avant une prochaine édition en 2020 peut-être sur trois, quatre ou cinq jours selon la conférence de presse des organisateurs. Au vue de ces quatre journées, ce qui est sûr est que nous en serons.

Nous sommes donc déjà dans l’enceinte du festival lorsque les portes ouvrent à 17h30 et en profitons pour nous rendre à la scène Radar installée sur la gauche de la plage pour apprécier le DJ set de Questlove, batteur échappé pour l’occasion de ses Roots que nous retrouverons plus tard sur scène au complet. Le DJ s’emploie ici à enchaîner les morceaux sans jamais aller au bout d’un seul avec un malin plaisir à faire se bouger les premiers festivaliers du jour qui dansent gentiment dans le sable. De Another one bites the dust (Queen) à Dance Little Sister (Terence Trent d’Arby), ça groove et les titres se suivent naturellement, une belle manière de rentrer « à la cool » dans cet ultime épisode de nos aventures Eurockéennes.

Ce dimanche a des accents australiens, en la personne de Julia Jacklin. Une bonne heure avant l’ouverture des portes au public, la jeune femme nous a accordé une interview bientôt mise en ligne. Julia Jacklin débarque sur la scène de la loggia forte d’un second album remarquable. Le set proposé lui fait largement honneur, avec ce folk élégant et mélancolique sur body et surtout sur le sublime Don’t know how to keep loving you. Julia Jacklin poursuit notre entrée toute en douceur dans ce dimanche avec ses chansons folk et mélancoliques devant un public attentif. En toute simplicité, son songwriting à fleur de peau est ici mis en valeur en toute intimité et intensité émotionnelle. La jeune femme semble se livrer peu à peu, bien entourée par ses musiciens, achevant son premier passage à Belfort par le tonique Pressure to party.

La voix d’Eddie Cochran sur Come On everybody ne vient pas d’un hologramme mais des enceintes de la grande scène, annonçant l’arrivée prochaine des mythiques Stray Cats. Contrebasse pour Lee Rocker, petit set batterie jouée debout par un Slim Jim Phantom au sommet de sa forme et ce très cher Brian Setzer pour un trio survitaminé. Toute la panoplie rock est dévoilée ici : les contrebasses sont toutes plus belles les unes que les autres et permettent des figures imposées par le style et réalisées avec merveille alors que Slim Jim porte bien nom et rythme l’ensemble comme il se doit. Quant à Setzer, il est sur tous les coups, montant même sur la grosse caisse en affichant un sourire communicatif.

Célébrant leurs quarante ans de carrière, les musiciens portent haut et avec fierté tous les codes musicaux – et vestimentaires – du rockabilly dont ils perpétuent la tradition et l’histoire. Pour leur première venue au Malsaucy, le public a droit à 21 chansons sans temps mort, avec un formidable enthousiasme et jamais sans nostalgie. Les titres cultes sont interprétés, de Stray Cat Strut à Rock this town, avant de laisser à nouveau la place à Eddie Cochran et à son Summertime Blues. Le trio, heureux et souriant, salue le public comblé de la grande scène.  Ils avaient de quoi avoir la banane.

Autre tradition respectée, celle du passage de la patrouille de France dans les airs franc-comtois quelques minutes après ce concert. Si le débat demeure sur la pertinence de cette manifestation, sans parler de son coût ou de la contradiction entre son maintien et le discours écologiste – chacun aura son opinion sur le sujet -, elle demeure attendue des festivaliers et vraiment appréciée. Tout le monde observe, cherche les avions, attend un nouveau passage. Un moment fugace et à part dans ce festival aux multiples facettes.

Christine and the Queens a enchainé sur la grande scène, avec de nouveaux morceaux laissant la part belle aux danseurs accompagnant Chris, devenue depuis 2015 une star et une icône internationale. Nous n’avons pas regardé son spectacle de manière assidue, afin de nous rendre sous le chapiteau pour voir The Roots à l’œuvre.

Connus aussi pour être le groupe qui accompagne Jimmy Fallon dans ses shows télévisés, Jay-Z ou encore John Legend sur certains disques, les Américains sont surtout les rois incontestés du hip hop groovy et entendent bien le prouver ce soir sur la scène du chapiteau Greenroom. Ils envoient, balancent, bougent, swinguent, les mots fusent, ça groove sévère et enchaîne comme si Questlove était toujours aux platines alors qu’il est solidement ancré derrière ses fûts, cadençant la grande famille. Les onze américains du groupe offrent un set où différents styles se mélangent, entre hip-hop et soul, jazz et accents de rock.  Pourtant nombreux sur scène, chaque musicien est concerné, n’ayant cesse d’haranguer le public, chacun est à sa place et joue sa partition pour le collectif que ce soit la basse qui déborde généreusement ou les cuivres qui habillent habilement chaque morceau. Un show intense, peut-être pour public averti toutefois.

L’épilogue de nos aventures approche… minuit : dernier concert, celui des Smashing Pumpkins sur la grande scène où sont installées trois immenses poupées qui se feront plus menaçantes au fur et à mesure de l’avancée du show. C’est au son de la sarabande de Haendel que Corgan, vêtu d’une robe noire et tous les musiciens pénètrent sur la grande scène où trônent majestueusement trois mannequins. Zero et Solara donnent le ton, et permettent de mesurer à quel point l’ambiance semble – pour de bon ? – bonne dans le groupe, dans lequel Chamberlain rappelle qu’il est un batteur absolument extraordinaire avec un jeu tout en puissance et finesse. Le groupe puise dans de nombreux albums pour en donner la quintessence aux spectateurs, notamment les titres légendaires comme Disarm, le surpuissant et toujours incroyable The Everlasting Gaze et surtout ceux issus de Mellon Collie qui ont fait la légende du groupe. Pas de rappel, sauf pour Haendel, mais le concert fut réussi, rattrapant la déception de 2013 et permettant de finir en beauté une édition musicalement réussie.

C’est toujours un peu triste une fin de fête, surtout lorsqu’elle dure quatre jours et qu’elle nous permet de croiser une multitude de personnes et de faire notre chemin entre plusieurs scènes allant de découvertes en surprises, de confirmations en admirations… les corps sont certes fatigués, empoussiérés par une édition ensoleillée comme rarement mais les têtes sont remplies de souvenirs ancrés pour les 125 000 à 130 000 festivaliers qui auront foulé le site du Malsaucy. Le rendez-vous est d’ores et déjà pris pour 2020 pour une édition qui durera entre 3 et 5 jours, tout est envisagé mais rien n’est encore décidé.

Un immense merci aux organisateurs, techniciens, agents et bénévoles contribuant à faire de ce festival une réussite et un modèle. Mille mercis à l’agence Éphélide pour nous permettre de suivre au plus près ces journées musicales, notamment pour leur collaboration toujours précieuse avec les artistes. Et merci bien sûr aux festivaliers pour leur bonne humeur, spontanéité et divers délires contribuant également à la renommée des Eurockéennes. Un trentenaire en pleine forme.

Mars’Ial et Julien Lagalice.

photos: Benoît GILBERT

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