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BOY HARSHER + KONTRAVOID + OKTOBER LIEBER, L’Autre Canal, Nancy (54)

Plus qu’une soirée synthpop telle qu’auraient pu suggérer les premières productions de chacune de ces formations, c’est un plateau trempé dans l’acier que cette Gonzaï Night (soirées qui se déroulent plus habituellement à La Maroquinerie) propose à Nancy, proche de l’EBM et des sons agressifs d’une musique électronique tombée dans son versant industriel.

 

Ex-batteur du culte Crystal Castle, Kontravoid, de son identité Cameron Findlay, a sorti fin 2018 un Ep qu’il présente ce soir-là en ouverture. Plus dur, plus crispé que l’album Kontravoid (2012, sorti chez Pretty Pretty Records), cet Ep, annoncé par le titre précurseur So it Seems sorti quelques temps auparavant, est constitué de quatre compositions et d’un remix par les excellents Schwefelgelb, eux-mêmes passés maîtres dans l’art d’une destruction incoercible de la pulsation cardiaque. Après avoir envoyé des boucles, il lance ses paroles aux inflexions rageuses. Pas d’analogique, pas de jeu en live, tout est numérisé, lancé, samplé ; fond industriel, incisions, à l’exceptions des titres plus mélodiques issus de ses productions antérieures, à l’image de l’onirique Silent Visions.

Après une sortie de scène hargneuse du canadien aparemment rancunier de n’avoir pas pu jouer plus longtemps, suivie d’une courte pause, le duo synthétique de Los Angeles, Boy Harsher, s’installe rapidement et entame un set électrisant et transporteur. Ils se sont fait connaître avec le « tube » Pain et son refrain étouffant, auquel nous aurons droit en rappel. Ceux dont nous entendons des échos de leur lives depuis quelques années comme des moments de transe, magnétiques, sont revenus en ce début 2019 avec un album très typé 80’s (les sonorités des synthés, les boîtes à rythme épileptiques, la pochette de cet album, Carefull) et très cinématographique (des passages ambient, parlés en sourdine, dignes de moments suspendus au cinéma, des ellipses au sein d’un mouvement général sous tension).

Jae Matthews demande rapidement à ce que la salle soit plongée dans l’obscurité la plus complète, à l’exception de rayons transperçant la scène. Gus Muller, derrière les machines, lance les assauts que sont LA, Come Closer ou encore Fate (qui s’élabore sur le même mouvement que Pain). Voix neutre, presque plate, à l’image d’une écriture blanche ; celle que l’on a pu qualifier de « performeuse » (aux côté d’Heather Gabel de HIDE, oeuvrant au sein de cette scène dans des sonorités industrielles encore plus violentes) occupe l’espace et transmet une énergie urgente. Deux micros sont ainsi utilisés, l’un pour les spoken-words, l’autre pour les effets. Les moment d’accalmies, au lieu de faire baisser la tension, la renforcent dans une anxiété sourde. On regrettera juste de ne pas avoir avoir pu entendre une version live de The Look You gave (Jerry), morceau certainement le plus nuancé de ce Carefull.

En after-party, Ockober Lieber, nouveau projet de Charlotte Boisselier (également aux commandes de l’italo-disco Ambeyance) et Marion Camy-Palou, qui œuvre dans une techno industrielle et brusque (Deeat Palace) produite par le label Mind Records. Toutes deux s’imposent derrière leurs machines avec des compositions qui font art de décalage entre construction pop et destruction en live par des nappes oppressives et âpres.

 

 

Pour aller plus loin dans l’écoute :

KONTRAVOID : Bandcamp

BOY HARSHER : Bandcamp

OKTOBER LIEBER : Soundcloud

 

 

En remerciant l’équipe de L’Autre Canal pour leur accueil.

 

Source photo :

© Instagram L’Autre canal 
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